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Le VIX retombe sous les 10,60 de février 2007, la boucle serait-elle bouclée ?

Le VIX

Wall Street aligne pas moins de 22 records historiques cette année, dont 12 depuis le 21 mai dernier (et 8 depuis le 1er juin): à aucun moment au cours des 120 dernières années écoulées les investisseurs n’ont pu assister à un rallye haussier de 5 ans s’accélérant à mesure que la croissance américaine décélère tandis que les volumes quotidiens se contractent suite à une absence de participation militante des épargnants (le rapport hausse des cours/collecte nette auprès des particuliers traduit une divergence quasi surnaturelle).

Les conditions climatiques du début de l’année 2014 seraient responsables d’une chute de +3% à -1% du PiB américain en 3 mois… un véritable « polar vortex » s’est abattu sur la croissance américaine mais les multinationales peuvent fort heureusement surfer sur l’expansion globale de l’activité économique planétaire.
Mais de quelle expansion s’agit-il ?
Au sein des pays du « G20 », elle était de 4,1 % en 2010, de 2,8% en 2011, de 2,2 % en 2012, de 2,1 % en 2013 et pourrait s’affaisser sous les 2% en 2014.
Aux Etats Unis, le véritable taux de chômage flirte avec les 20% et non 6,3% tel que publié début juin.
Le PIB US, corrigé des chiffres réels d’inflation (3,5% à 3,8% par an depuis 2010), est en déclin constant depuis le début de la crise.
Les salaires, en valeur réelle, sont en déclin depuis quarante ans. L’augmentation globale du niveau de vie depuis le début du 21ème siècle n’est qu’une fiction statistique à usage démagogique et devient même une imposture depuis 5 ans, sachant que 1% de la population la plus riche capte désormais 99% de la richesse additionnelle estimée chaque année.
Le chiffre brut de la croissance US depuis 2009 (non corrigé de l’inflation réelle) résulte de l’augmentation massive de la dette du gouvernement américain.

Elle était de mille milliards de $ en 1980, de 8 mille milliards en 2006 (fin de l’ère Greenspan), elle atteignait 17 mille milliards de Dollar au moment du pot de départ de Ben Bernanke et de la transmission du flambeau à Janet Yellen.
Bernanke a donc créé $9 mille milliards de $ de dette durant ses 8 années à la tête de la Fed.
Il avait fallu pas mois de 230 ans, de 1776 à 2006, pour que la dette des États-Unis atteigne les $8.000Mdsd$, et Bernanke a plus que doublé ce montant en l’espace de 2 mandats.

En plus du gonflement -digne d’un « big-bang »- du bilan de la FED, il faut rajouter le passif global du gouvernement américain qui agrège les dettes existantes plus divers engagements futurs non capitalisés, soit un total de 70.000Mds$ (l’équivalent 3 ans de PIB, ce qui surpasse le ratio de 240% officiellement imputé au Japon).

Cet Himalaya de dette repose en théorie sur les épaules des générations futures… lesquelles entrent maintenant dans la vie active avec un encours de prêts étudiants de 2.000Mds$ (soit en moyenne 50.000$ par jeune diplômé, largement plus que la moyenne des salaires au cours des 5 premières années de la vie active aux Etats Unis).

Et c’est sur ce genre de toile de fond que la capitalisation de Wall Street égale le record historique de 140% du PIB américain avec un Dow Jones qui tutoie les 17.000 et un S&P-500 à moins de 2% des 2000Pts… et un Russel-2000 dont les composantes se payent en moyenne entre 40 et 50 fois les bénéfices.
Mais finalement, l’investisseur en action s’y retrouve: la démesure des multiples de capitalisation fin juin 2014 reflète bien celle de l’endettement que les Etats Unis financent via la planche à billet.

Cette parfaite harmonie dans la démesure de la « fuite en avant » des 5 dernières années explique donc comment le « VIX », le baromètre du stress des investisseurs a pu s’enfoncer sous les 10,5 le 19 juin et traduire la perception d’une conjoncture encore plus idéale qu’en février 2007… quelques jours avant la faillite de New Century Financial, la 1ère victime historique du Techernobyl financier des « subprime ».

Ph.Béchade

4 réponses
  1. Jean-Luc Jourdain
    Jean-Luc Jourdain says:

    « Invincible Ignorance » voilà l’expression qui convient le mieux à notre époque et à nos contemporains.

  2. lois-economiques
    lois-economiques says:

    Cela me fait penser à l’interview de Jacques Attali qui le 29 décembre 2013 qui a dit sur Europe 1 :

    La seule différence entre Madoff et les gouvernements occidentaux c’est que Madoff est en prison, à part cela ils font la même chose .

    Devant une telle déclaration qui dans les faits clôt le débat sur d’éventuelles réformes car la seule sortie d’un système Madoff, c’est l’effondrement, les journalistes se sont empressés de passer à « autre chose ».

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