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Mais à quoi ont bien pu servir les 750Mds$ de liquidités qui circulent en excédent ? On vous le donne en mille !

A moins d’une semaine de la publication des résultats trimestriels des entreprises américaines pour la période avril/juin, les gérants et les stratèges qui se succèdent devant les micros et les caméras s’accordent à penser que les profits devraient être « en ligne » avec les attentes: les révisions à la baisse sont moins nombreuses qu’au 1er trimestre tandis que « l’effet de base » par rapport au second trimestre 2013 devrait être favorable.

Mais ces considérations sont assez subalternes dans la mesure où malgré la réduction des injections de la FED, « les flux » (la fausse monnaie/dette imprimée à volonté tant qu’il y a suffisamment d’encre et de papier) restent surabondants. . De nombreux gérants commencent à se dire mal à l’aise avec les excès de liquidités en circulation, la BCE ayant promis le 3 juillet d’en injecter encore d’avantage d’ici juin 2016 (1.000MdE en minimum, car personne n’envisage que cela puisse constituer un plafond).

Serions-nous parvenus au point où quelques belles âmes ne peuvent plus se contenter de se dire « tant que ça gagne, faut pas se poser de questions : on est payé pour engranger un maximum de plus values, pas pour déterminer si les gens à la tête de la FED ou de la BCE sont des apprentis sorciers ou des Madoff puissance 10 ».

Avec un bilan de la FED supérieur à 4.000Mds$ (dont une forte proportions d’actifs de qualité douteuse), il devient assez cocasse de se demander si Ben Bernanke -qui vient de transmettre le flambeau il y a 6 mois à Janet Yellen- peut être comparé à Bernard Madoff !

Ce dernier est en prison pour avoir redistribué quelques malheureux milliards (prélevés sur l’épargne des derniers arrivants) au profit des milliers de clients de la première heure tandis que « Bernie l’hélico » a imprimé 3.200Mds$ de fausse monnaie sortie de nulle part au profit de quelques privilégiés de l’oligarchie financière qui travaillent de concert avec la FED.

Ces 4.000Mds$ au bilan de la FED représentent une dette non consentie mais garantie implicitement par des centaines de millions d’américains de la génération présente comme des générations futures. La FED ne se contente pas d’accumuler un Himalaya de dettes à la charge du citoyen lambda, elle le spolie sans vergogne en faisant chuter artificiellement les rendements obligataires.

Elle escroque semaine après semaine, mois après mois tous ceux ont épargné durant tout leur carrière et qui se voient désormais verser une rémunération de misère (c’est de l’anti-Madoff !) alors que les titres de créances qu’ils détiennent n’ont plus aucune chance d’être remboursés à l’échéance.

C’est à peine si l’état américain dispose encore de quoi payer la masse des intérêts qui y sont associés, il n’y parvient que grâce à une courbe de taux frelatée qui ne reflète plus le niveau de risque supporté par les créanciers depuis 4 ans. Pendant ce temps-là, les complices de la FED s’en sont allés flamber les milliards qu’elle leur a distribués depuis 2009 dans le casino boursier et monétaire.

Et la spéculation sur les devises, c’est une activité qui pèse 5.000Mds$ par jour : à côté de cela, le négoce des actions, c’est « de la bricole ».   Et les dérivés d’actions, cela représente moins de 10% des 750.000 milliards $ de dérivés qui circulent à 93% entre établissements bancaires.

Ces 750.000Mds$ équivalent à 11 fois le PIB mondial et parmi les principaux acteurs, on retrouve UBS et Crédit Suisse puis Deutsche Bank, BNP-Paribas ou Société Générale dont les encours se situent entre 40.000 et 50.000MdsE.

Quelle que soit la banque considérée, une perte de 0,15 à 0,25% sur leurs encours suffirait à volatiliser leurs fonds propres… et si des amendes de 5 à 10 milliards continuent de pleuvoir sur les banques européennes opérant aux Etats Unis, compte tenu des leviers pratiqués par chacune d’entre elles, ces pénalités vont les contraindre à réduire de centaines de milliards les positions: qui va assurer la contrepartie ?

Alors que les marchés sont potentiellement au bord de l’explosion pour peu qu’un infime turbulence crée un instabilité aux retombées exponentielles dans la sphère des dérivés, nous voyons déferler des « notes de conjoncture » -non pas optimistes- mais « ultrabull » pour 2014, 2015 et 2016… avec toujours ce même leitmotiv des « liquidités surabondantes » et des taux ultra-bas, ce qui fait de l’état de la conjoncture une variable de plus en plus subalterne.

Selon les estimations de la BRI, ce sont pas moins de 750 milliards de liquidités en excédent qui cherchent désespérément du rendement: le loyer de l’argent tendant vers zéro, les prises de risques tendent symétriquement vers l’infini (et au-delà).

Ces 750Mds$ de liquidités excédentaires -qui semblent une masse si considérable- ne représentent en fait qu’un millième de l’encours des dérivés en circulation.

Est-ce qu’un rapport de 1 à 1.000 assure véritablement aux marchés l’invulnérabilité qu’on leur prête ?

Et le fond du problème ne serait il pas que les banques centrales leur ont trop prêté, justement ?

 

Ph.B

2 réponses
  1. Ced
    Ced says:

    Bonjour,

    « Alors que les marchés sont potentiellement au bord de l’explosion pour peu qu’une infime turbulence crée un instabilité aux retombées exponentielles dans la sphère des dérivés ». Quels genres de turbulences ?

    Merci

  2. charles barbe
    charles barbe says:

    Nous allons vivre une catastrophe économique mondiale que l’être humain na jamais encore connu.
    Je pense sincèrement qu’un krach boursier majeur se déroulera en 2016 « l’année du singe »
    l’année du singe en 1968 ça ne vous dit rien?

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