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PIB américain du deuxième trimestre

Le VIX

A ces Messieurs du BEA et de L’administration américaine.

Le PIB américain du second trimestre a été publié à 4% de croissance et le PIB du premier a été révisé de -2,9% à – 2,1%.
Principales branches contributrices : la consommation, l’investissement privé, le secteur résidentiel, les exportations et les stocks.
On peut douter de ces chiffres pour les raisons suivantes.
En ce qui concerne les stocks, on savait déjà que nos joyeux consommateurs de cannabis du BEA (sa consommation a récemment été légalisée dans plusieurs Etats) allaient utiliser les stocks pour arranger le PIB, cela a été fait à hauteur de 1,66% dans le PIB.
En effet, ce sont les variations de stocks qui sont utilisées pour le calcul du PIB, or sur l’année les variations s’annulent lorsque le stockage est suivi de ventes.
Hors effet stock, le PIB T1 est de -1% si l’on donne du crédit à la révision de -2.9 à -2,1% du PIB américain. On dira que ce calcul a été fait avant………
Hors stock, le PIB du deuxième trimestre est donc de 2,34%.
Les exportations s’affichent à +9,5 % contre -9,2 % au T1. Les importations à +11,2% contre +2,2% au T1. La réalité est surement tout autre si l’on se réfère aux chiffres d’avril et mai déjà publiés. Sur ces deux mois, les exportations augmentent de 1,98 % et les importations de 3,27%.
Au total, le déficit commercial s’est encore creusé sur les mois d’avril et mai par rapport au deuxième trimestre.
Je doute que le chiffre du mois de juin soit si extraordinaire qu’il rattrape les deux premiers mois du trimestre.
L’investissement privé est annoncé à +5,5% au T2 contre 1,6% au T1 avec un +7% en équipements alors même que les CAPEX sont négatifs sur avril, mai, juin (-0,3 ;-0,1 ;-1%). Cette contribution positive au PIB est aussi une énigme que seule l’absorption de substances illicites peut résoudre.
La consommation, 2,5% contre 1,2% au T1 avec des ventes aux détails en moindre progression sur le T2 versus T1 est aussi inexplicable, à moins que chaque américain ait décidé sur ce trimestre d’acheter une ou deux voitures à crédit ce qui semble curieux.
Dernière petite chose sur l’immobilier : ventes de logements neufs au T1, moyenne 434 000, et au T2, 418 000. Pourtant l’investissement résidentiel est soit disant en hausse de 7,5%.
Le BEA a profité de cette publication pour réviser ses chiffres sur les dernières années. La croissance du PIB du quatrième trimestre 2010 au premier trimestre 2014 a été de 1,8% annuel soit 300 MDS par an. Chiffre à mettre en perspective avec les 5 000 MDS de dettes supplémentaires sur la même période, soit 5,55 $ de dette pour 1$ de PIB, quelle rentabilité !!!
Deux conseils pour nos amis statisticiens :
– Evitez toute substance euphorisante avant vos calculs
– Vérifiez vos machines à calculer avec des opérations simples….additions soustractions

OLIVIER DELAMARCHE

11 réponses
  1. fred1903
    fred1903 says:

    Ils achetent des voitures moins gourmandes A CREDIT selon une grande chaine de télévision francaise.

    Jusu’ou ira l’IDIOCRATIE un film que je conseille.

  2. Marco
    Marco says:

    Merci Olivier Delamarche pour nous détailler la réalité alors que la press nous titre que la reprise américaine est bien installée alors qu’en Europe nous peinons à suivre.
    La triste réalité dévoilé grâce à votre analyse est que les chiffres sont fait à la main, et injecter autant de liquidité pour un si faible résultat est une catastrophe.

  3. LAD
    LAD says:

    Ils sont magiciens ces gens du BEA. Par contre faudrait qu’ils songent à changer de fournisseur car la descente va être violente vu comment ils tripent :p

  4. Jojo
    Jojo says:

    Merci Olivier pour vos précisions. J’attends avec impatience votre intervention sur BFM-Business Lundi, car ça risque d’être chaud et animé avec Guillaume et j’espère Marc Riez (?) qui ne croient que les chiffres que leur donne le BEA.

  5. Gamesh
    Gamesh says:

    Merci pour votre analyse, quand j’ai vu 4% l’autre jour, j’ai eu comme un doute et ça m’a bien fait marrer sur le coup.
    Plus rien ne les effraient pour faire passer leur propagande, ça devient dangereux le jeu auquel ils jouent et faudra bien payer la note un de ces jours. Malheureusement, et comme d’habitude, ce sera les gens qui sont déjà complètement asphyxiés qui vont payer.

  6. Michel Maurel
    Michel Maurel says:

    Bravo Olivier Delamarche pour tout ce travail d’éclairage sur la réalité des informations qui nous sont obligeamment prodiguées par les gouvernements et tout leur fan club de financiers distingués, aussi irresponsables les uns que les autres. Tout cela pour continuer à faire semblant avant « reset » général inéluctable. Avec Olivier Berruyer, vous êtes une source inépuisable d’informations non filtrées et qui restent passionnantes, bien qu’elles accablent chaque jour un peu plus notre sacro-saint modèle économique. Dommage que vous ne soyez pas plus présent sur les médias pour contredire, chiffres à l’appui, la pensée unique de ceux qui croient savoir ou manipulent l’opinion. Continuez, même si parfois on a la sensation de revivre symboliquement le combat de Don Quichotte avec les moulins à vent ! Tout le monde n’est pas dupe et puis l’Olivier c’est noueux, robuste et productif !

  7. Francois H
    Francois H says:

    merci Olivier Delamarche, je n’ai qu’une remarque, serait il possible avec votre maitrise du sujet de faire des courbes avec les estimations de l’époque et les chiffres rererecorrigés quelques années après ?

  8. BigBrownBag
    BigBrownBag says:

    c’est marrant, j’ai un bon job, bien payé, et depuis l’été 2007 j’ai l’impression que ce que je gagne va partir en fumée, c’est plus fort que moi, et ça influe sur mes prises de risque, intellectuellement je sais ce qu’il faut faire (or, terre), mais je n’y arrive pas (à part pour l’or et l’argent)

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