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Grèce : qui du prêteur ou de l’emprunteur l’emportera ?

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Les négociations en cours suite à l’élection du parti Syriza en Grèce au sujet de la poursuite du plan d’austérité mais surtout de la soutenabilité de la dette publique font brutalement resurgir une question : le statut de prêteur est-il obligatoirement synonyme de position de force par rapport à celui d’emprunteur ? Bien sûr que non, au regard de la possibilité de défaut, même partiel, du pays endetté. Il est déroutant qu’une telle éventualité surprenne encore, alors même que l’histoire économique a été jalonnée de défauts au fil des siècles (le top 10 des pays qui ont fait le plus de défauts en totalisent 88 depuis 1820…).
Qu’en est-il cette fois ? En réalité, la Grèce est en bonne position aujourd’hui pour réussir à restructurer sa dette, de gré ou de force :

1.    La Grèce n’affiche plus de déficit public mais bien un excédent budgétaire si l’on ne comptabilise pas les charges financières dues sur son stock de dette publique. Alors que ce solde atteignait -10.5% du PIB en 2009, il devrait se situer autour de +1.5% du PIB en 2014

Solde budgétaire et solde budgétaire primaire de la Grèce
2.    La balance des biens et services de la Grèce est passée d’un déficit de -11.4% du PIB en 2008 à un excédent de +1.1 % du PIB aujourd’hui… Conséquence : le pays affiche désormais un excédent de sa balance courante. Et l’inversion de tendance est colossale : alors que le déficit courant atteignait -15.2% du PIB en 2008, l’excédent courant est aujourd’hui de +1 % de PIB.

Balance courante et balance des biens et services en Grèce

La Grèce est en bonne position aujourd’hui pour réussir à restructurer sa dette, de gré ou de force

En clair, cela signifie que la Grèce, si elle choisissait aujourd’hui de faire défaut sur la dette détenue par les étrangers, pourrait a priori continuer à financer son économie… à la différence de la situation du pays en 2010 ou 2012. Le préalable à une décision de cette nature consisterait d’abord à rétablir un contrôle des capitaux, afin d’éviter la fuite des plus fortunés Grecs vers d’autres contrées pour échapper à la perte de pouvoir d’achat liée à une dévaluation. Qui seraient les principaux perdants d’une telle solution ? Les détenteurs de dette publique grecque, à savoir le FMI (30 milliard d’euros) mais surtout les états membres de la zone euro au travers du premier programme d’aide et du Fonds Européen de Stabilité Financière (195 milliards d’euros). Que faire ? Négocier et accepter les pertes plutôt que les subir, une décision unilatérale de la part de la Grèce étant susceptible de créer le désordre le plus marqué…

Pierre Sabatier, PrimeView

1 réponse
  1. Emmanuel
    Emmanuel says:

    Soit la grece reste dans l’euro pour pas que le monde ne voit qu’il est possible de vivre sans cette monnaie, soit la grece sort de l’euro et elle se fait plomber economiquement pour les 50 années par un chaos provoqué pour l’empecher de montrer qu il est possible de sortir de l’euro.
    Des gens ont decidé que la grece allait etre l exemple a suivre ou ne pas suivre, pas de bol pour eux.

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