Pétrole et Yémen – Interview BFM du 26 mars

Benjamin_Louvet_BFM

A la suite de l’intervention au Yémen d’une coalition emmenée par l’Arabie Saoudite, le prix du baril de pétrole a grimpé de plus de 6%. Rebond technique ou tendance de fond? Décryptage avec Benjamin Louvet, dans Intégrale Bourse.

Le Yémen produit aujourd’hui entre 130 et 140 milles barils par jour ce qui représente moins de 0.2% de la production mondiale de pétrole. Cependant, ce pays a une position stratégique dans le secteur pétrolier pour plusieurs raisons :

  • Le pays a une longue frontière commune avec l’Arabie Saoudite et a peur des répercussions concernant la pays sociale dans son pays.
  • Le pays est situé entre le Golfe d’Aden et la mer Rouge qui est une des voies maritimes les plus fréquentées au monde et environ 4 millions de barils passent chaque jour au niveau du détroit de Bâb – el Mandeb.
  • Des attaques terroristes ont déjà eu lieu par le passé dans la région et l’Arabie Saoudite en intervenant aurait pour but d’empêcher une nouvelle attaque perturbant le marché du pétrole en réalisant un blocus.

En effet, Al Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) a revendiqué qu’une de ses cibles était les voies maritimes et les pipelines. Cependant les spécialistes de la zone considèrent qu’aux vues des moyens de l’AQPA, le trafic de cette zone ne pourrait être perturbé plus d’une journée.

Ainsi la hausse des 6% du pétrole ne serait pas imputable vraiment à la peur d’attentat mais plutôt au fait qu’il « y a actuellement de gros paris baissiers aujourd’hui sur le cours du pétrole de la part d’intervenants financiers et notamment aux Etats-Unis et c’est intervenants financiers ont voulu réduire leurs risques devant une telle intervention parce qu’on arrive en fin de trimestre et en fin d’année fiscale pour certains pays ».

Une preuve à l’appui est aussi que le cours qui aurait dû être le plus touché suite aux évènements est le BRENT alors que le mouvement haussier est apparu sur le WTI car c’est là qu’il y a le plus de paris baissiers notamment de hedge funds.

« Ce qui se joue au Yémen n’est pas le problème du Yémen en lui même. Ce qui se joue c’est l’affrontement entre les Sunites et les Chiites, c’est-à-dire indirectement l’affrontement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran »

Si les négociations entre les deux pays aboutissaient et que les sanctions contre l’Iran étaient levées cela aurait un impact à moyen terme sur le marché car « les puits de pétrole ne repartiraient pas du jour au lendemain. Néanmoins à très court terme cela aurait un impact psychologique important qui pourrait faire rechuter les prix (première chose), et deuxième chose, il y aurait un impact en terme d’offre sur le marché à très court terme parce que les iraniens ont aujourd’hui beaucoup de capacités de stockage qui sont remplies, et donc du pétrole immédiatement disponible, et donc ça pèserait sur l’offre à un moment où l’offre est déjà abondante, et donc potentiellement ferait redescendre le prix du pétrole autour des 40-45 $/baril avant de connaître une remonté des prix plus durables dans les mois qui viennent avec la baisse de la production aux Etats-Unis ».

Rédigé par Raphaël Becanne

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