BFM du 20 avril 2015 – Perte de contrôle

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Perte de contrôle : Olivier Delamarche vs Marc Riez

Cette semaine encore la qualité des vidéos laisse à désirer. Nous vous proposons donc l’audio complet de ce débat.

Le débat sur la Grèce revient sur le devant de la scène

Le silence assourdissant sur la question grecque est rompu : les gérants s’aperçoivent enfin qu’il y a deux positions « totalement irréconciliables » concernant ce dilemme : la position des européens et la position des grecs. Pour notre Econoclaste, les semaines à venir vont traiter de maigres débats afin de « rouler les positions pour faire semblant de discuter. » Néanmoins, « vous avez des échéances importantes qui vont arriver, dès le mois de juin, avec des gros montants. » La confrontation se fera donc entre la quasi-religion Europe et les promesses électorales faites au peuple grec alors que la situation du pays est globalement bonne « mis-à-part la fuite des capitaux, qui elle s’accélère » (pour rappel : 7% du PIB sortis du pays au mois de février).

« A terme, vous aurez très probablement la Grèce qui va sortir de l’euro. »

Cependant, les marchés annoncent un discours de type « même pas mal », à l’opposé de la position d’Olivier Delamarche. Toujours est il que Marc Riez considère lui aussi que la sortie de la Grèce de la Zone Euro serait une mauvaise chose, d’autant plus que pour lui, à l’échelle européenne, le problème de la Grèce est un « petit » problème de « 200 milliards d’euros. »

« Une Grèce qui sortirait sur un défaut de la Zone Euro, ce serait très mauvais pour l’Europe. »

« Si on avait fait sortir la Grèce il y a 5 ans, ça nous aurait coûté 4 fois moins cher, alors que si on les fait sortir 5 ans plus tard, parce que c’est comme ça que ça se finira, et bien ça nous coutera 4 fois plus cher. » Olivier Delamarche est donc convaincu que la Grèce aurait dû sortir de la Zone Euro à ce moment pour limiter les dégâts et arrêter la fuite en avant. Toutefois, Marc Riez considère qu’avoir gardé en 2010 la Grèce dans la Zone Euro a été bénéfique puisque cela a empêché un effet domino concernant les faillites de certains pays européens (Irlande, Portugal) de se produire et leur a même permis maintenant d’espérer avoir de la croissance : « +2,5% en Espagne. »

« Aujourd’hui on se base sur des prévisions de gens qui n’ont jamais fait une prévision juste : c’est-à-dire le FMI, l’INSEE et l’OCDE. »

 La Chine s’effondre

« Aujourd’hui on est toujours dans la même logique : chiffres mauvais d’un côté et poursuite de la hausse de l’autre. » Nous sommes, comme l’ont déjà mentionné plusieurs Econoclastes, dans une bulle pour Olivier Delamarche.

« La Chine c’est épouvantable : ça s’effondre. »

Les résultats chinois sont la preuve d’une chose : « la Banque Centrale de Chine, comme les autres d’ailleurs, a perdu complètement la main. » Malgré les réserves de changes en dollars considérables, la Chine est dans une bulle de crédits « comme on n’en a jamais connu avec un ralentissement de la croissance extrêmement fort, extrêmement puissant » loin des 7% de croissance annoncés.

« On voit que les Banques Centrales c’est une espèce de fuite en avant permanente. »

Le modèle chinois, basé sur du surinvestissement devait il y a quelques années connaître un tournant majeur. Il devait passer d’une croissance externe à une croissance interne basée sur la consommation des ménages. Ce modèle n’a jamais évolué débouchant ainsi sur la situation actuelle. Plus d’informations sur le sujet ont été données concernant le modèle chinois dans le débat entre Olivier Delamarche et Pierre Sabatier le 13 avril dernier (paragraphe : La Chine décline).

« Un des pires problèmes qu’il y a dans le monde aujourd’hui c’est la Chine et le Japon. »

Les marchés, face à ces chiffres, n’attendent donc qu’une chose : un Quantitative Easing chinois pour « nager dans le bonheur » qu’ils imaginent corrélé à la puissance chinoise.


Rédigé par Raphaël Becanne

3 réponses
  1. Emmanuel
    Emmanuel says:

    Ce matin, le monde raconte que le japon est en excédent commercial pour la première fois depuis 3 ans et que donc l’économie japonaise reprend des couleurs. Pour illustrer ça ils ont pris une photo avec des faces de citron alignées dans la joie et la bonne humeur. Je me dis que le crétin ( qui veut simplement dire ignorant dans le dictionnaire) qui regarde les infos va croire que tout va mieux au japon et va transformer ses euros en yens! Non mais sérieux, je me demande si les gens les plus dangereux sont les banquiers ou les journalistes, franchement.

  2. Ztong
    Ztong says:

    Tous les deux ont raison :
    – Marc RIEZ a raison pour le moment T (jusqu’ici ça va…)
    – Olivier DELAMARCHE a raison pour le moment T+1 (boum !)
    La seule question qui reste tend à la résilience de ce système global.

    J’ai le sentiment qu’elle tient à la capacité de l’élite financière mondialisée de continuer de rendre le système global antifragile (pour reprendre la terminologie de N. Taleb). Tant que ceux du tiers monde tiennent leurs peuples, le reste tiendra.

    Jusqu’à ce que quelqu’un rende EVIDENT que l’Occident est « too big NOT to fail ».
    Et là, ce sera fini.

    Mais qui ? A voir les participants du dernier Bilderberg, je ne vois pas d’où proviendrait la menace. Tout semble verrouillé.

  3. Matilda
    Matilda says:

    When you get into moral terms, how do you say other people cannot bring their moral views into poicilts? If A can argue we need to pay higher taxes to provide universal health care coverage because it would be immoral not to do so, why cannot B argue that universal health care should not cover abortions because it would be immoral to do so? Or fill in the blank.

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