BFM du 11 mai 2015 – Défaut parfait

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Défaut parfait : Olivier Delamarche VS Pierre Sabatier

La seconde vidéo n’étant toujours pas fonctionnelle sur le site de BFM, nous vous proposons l’audio de ce face à face en attendant de vous mettre les vidéos.

Les marchés sont en baisse

Pour Pierre Sabatier, « lorsque l’on parle de bulles, la véritable problématique c’est : quand est-ce qu’elles s’arrêtent ? » Ainsi la vraie question n’est pas de savoir quand les marchés vont-ils arrêter de baisser, mais si la bulle va arrêter de gonfler. Mais celle-ci, selon notre Econoclaste devrait se poursuivre encore un moment car le moteur actuel des marchés européens n’est autre que la Banque Centrale Européenne. Or ce moteur ne semble pas vouloir s’arrêter, puisqu’au contraire même, il commence seulement à injecter des liquidités dans ces marchés grâce à la création monétaire.

Les conséquences que décrit Pierre Sabatier sont donc les suivantes : les caisses de retraite et les assureurs, qui représentent une lourde part des marchés financiers sont privés de leur matière première, à savoir des obligations d’Etats, et « sont forcés d’acheter autre chose », à savoir des actions ou des obligations d’entreprises.

« Le seul moteur des marchés depuis des années c’est la Banque Centrale. » Pierre Sabatier

Il y a toujours des consolidations dans les bull-market, mais comme la Banque Centrale administre les prix, les marchés repartiront à la hausse bientôt, malgré le calage de l’économie américaine, chinoise ou encore des risques de sortie de la Grèce.

Les taux d’intérêt sont dictés par la Banque Centrale Européenne

Pierre Sabatier ne s’interroge pas sur l’existence de taux d’intérêt aussi bas : « Est-ce que les ménages et les entreprises seraient capables de vivre avec des taux d’intérêt qui seraient de 2 ou 3% ? Ma conviction c’est que non. »

« Les taux d’intérêts sont en lien avec la croissance et l’inflation et chez nous on n’en a pas ! » Pierre Sabatier

« On n’a pas d’amélioration de croissance et on n’a pas d’amélioration de l’inflation […] Pour l’instant c’est du wishful thinking » selon Olivier Delamarche. Les taux obligataires ont remonté en Europe pour l’unique raison que les marchés se demandent si la Grèce va rembourser ses créancier ou non.

« Quand vous prêtez à un Etat dont vous savez pertinemment qu’il ne va pas vous rembourser, je suis étonné qu’on ne demande pas plus comme taux. » Olivier Delamarche concernant les taux d’intérêt du Portugal

« Le taux d’intérêt devrait refléter le risque que vous prenez quand vous prêtez à quelqu’un. Aujourd’hui le risque n’est pas du tout pris en compte. » Alors pourquoi continue-t-on d’acheter les dettes de ces Etats ? La réponse réside dans la politique de la Banque Centrale Européenne qui affirme qu’elle rachètera plus chère de toute manière ces obligations.

« Est-ce que les grecs peuvent faire autrement ? »

Pour pouvoir faire autrement que de céder aux demandes de l’Eurogroupe, la Grèce doit « ne plus avoir besoin des autres », c’est-à-dire qu’il ne faut plus de déficit public hors charge financière, donc pas de déficit courant : une balance commerciale (exportations – importations) équilibrée. Hors les grecs n’en sont pas si loin donc on peut même se demander pourquoi le gouvernement grec n’a pas été plus brutal en début d’année pour Pierre Sabatier.

Au final si les grecs n’avaient pas laisser les capitaux sortir du pays, ils auraient pu faire un « défaut parfait » sur leur dette selon Pierre Sabatier. En réalisant ce contrôle des capitaux et la suppression de la dette extérieure, les grecs auraient supprimé « 120% de PIB de dettes et se retrouvaient avec seulement 35% de dettes publiques détenues par des grecs. »

Si la Grèce reste dans l’euro, alors on verra les taux d’intérêt de 0.8% redescendre vers 0.2% parce que la Banque Centrale l’a dit, tout simplement. Toujours est-il que pour le moment, la négociation entre l’Eurogroupe et la Grèce est en cours, et il faut arrêter pour Olivier Delamarche d’analyser mot à mot cette négociation, parce que tout ce qui est dit est voué à changer.

L’économie américaine dans la tourmente

Presque un tiers des américains (plus précisément 93 200 000 américains sur 320 millions) qui devraient travailler, ne travaillent pas. Ajoutons à cela les chiffres du commerce extérieur de mars 2015 qui vont corriger le PIB américain et les ventes en gros, qui baissent depuis 8 mois consécutifs et qui sont entre autre la conséquence de l’augmentation des stocks. Ainsi la croissance américaine va être très mauvaise car l’économie américaine ne se portent pas aussi bien qu’on aimerait nous le faire croire.

« Evidemment on va avoir le défiler des bisounours qui vont nous dire que c’était à cause du temps. » Olivier Delamarche

Madame Yellen expliquait, il y a deux semaines, qu’elle ne voyait aucune bulle sur les marché, et maintenant que les marchés baissent, elle explique qu’elle voit une bulle. Pour Olivier Delamarche l’explication est simple : « soit elle est complètement idiote et c’est à mon avis un des paramètres à prendre en compte, soit elle est vraiment pommée. C’est-à-dire qu’elle n’a plus rien dans les mains. »

Pour prouver que nous sommes dans une bulle, Pierre Sabatier s’en réfère à l’histoire économique, comme il l’a déjà fait lors de son intervention sur BFM du 13 avril 2015 – Des bulles sans surprises.

Si on regarde le passé sur longue période et notamment le marché américain pour savoir où on en est dans le gonflement de la bulle : « on voit qu’une déconnexion aussi forte entre les fondamentaux économiques et la valorisation des marchés qu’on peut traduire par le ratio cours sur bénéfices [… n’a eu lieu que dans] 7 épisodes qui ont été aussi en déconnexion depuis le début du XXème. On en a deux catégories : soit 87 soit 98. C’est-à-dire qu’à ce niveau là de déconnexion il serait probable que dans les mois à venir on connaisse un vrai décrochage.

Soit 1928 et 1999 […] et on aura encore une grosse année où la bulle va monter dans le vide, mais va monter […] et finira par exploser, parce que vous savez que 28 et 99 ont débouché non sur une correction mais sur le début d’un long bear-market, d’un long marché baissier qui aura duré quelques années. » N’hésitez surtout pas à retrouver l’article de Pierre Sabatier sur le sujet sur le site de l’Agefi ici : Le S&P 500 pourrait se diriger vers un choc similaire à celui de 1987.

« On est en récession aux Etats-Unis » Olivier Delamarche.

« Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et on a atteint des niveaux insoutenables dans la durée » car tous les mécanismes pour relancer la croissance aux Etats-Unis ont été actionnés pour Pierre Sabatier. A l’inverse des pays européens où la rigueur a été de mise, les Etats-Unis ont eu une politique de dépense. Pourtant « la réalité c’est que le seul bon chiffre diffusé depuis des mois c’est l’emploi. »

Rédigé par Raphaël Becanne

4 réponses
  1. EMMANUEL
    EMMANUEL says:

    Je suis tombe la dessus, mais non ce n’est pas une blague, c’est une info NASA…

    « Le 4 Janvier 2015 prochain se produira un alignement planétaire qui réduira la gravité de la planète pendant 5 minutes, ce qui provoquera un phénomène d’apesanteur partielle.
    Selon l’astronome Britannique Patrick Moore, à exactement 9h47 GMT, le 4 Janvier 2015, Pluton passera directement derrière Jupiter, en relation à la Terre. Cet alignement rarissime implique que les forces gravitationnelles des deux planètes combinées exerceront une attraction plus forte qui annulera temporairement la propre gravité de la Terre et fera que virtuellement, les gens n’auront plus de poids. Moore appelle cela l’effet gravitationnel Jovien-Plutonien.
    Moore a déclaré à des scientifiques qu’ils pourraient expérimenter le même phénomène en sautant dans les airs au moment précis où l’alignement aura lieu. S’ils le font, promet-il, les personnes expérimenteront une vague sensation de voler. »

    A l’intention des joueurs compulsifs du Marche:
    Voila c’est fini, rentrez chez vous, vous n’avez ete dans un certain etat d’apesanteur que pendant 5 minutes: L’EURO GRIMPE, LE PETROLE C’EST FINI, ET LES TAUX MONTENT…

  2. Bigglop
    Bigglop says:

    @Emmanuel
    Le sus-nommé Patrick Moore avait fait ce poisson d’avril en 1976 sur la BBC où il animait une émission de vulgarisation scientifique :
    « Du fait de sa très longue carrière télévisée et de son comportement excentrique, Moore est largement connu et il est devenu un personnage public populaire, même pour ceux qui ne s’intéressent pas à l’astronomie. En 1976, cette popularité fut mise à profit pour un poisson d’avril très efficace. Moore annonça à 9 h 47 qu’un évènement qui ne se produit « qu’une seule fois dans votre vie » allait se réaliser : Pluton allait passer derrière Jupiter et causer un alignement gravitationnel qui réduirait la gravité propre de la Terre. Moore avertit les auditeurs que s’ils sautaient en l’air au moment précis où se déroulait l’évènement, ils ressentiraient une impression temporaire de flotter. La BBC reçut de nombreux appels téléphoniques d’auditeurs confirmant ressentir cette sensation.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Moore_%28astronome%29

  3. emmanuel
    emmanuel says:

    Effectivement poisson d’Avril.
    On peut bien rigoler un peu.
    Sir Patrick Moore grand astronome avait beaucoup d’humour.
    N’en deplaise que a priori l’effet alignement des planetes n’a ete qu’un concept foireux de plus.
    Et comme les BRICS cela a fait pchit…
    Info du jour bien vrai celle-la: « monsieur Olivier Blanchard, Economiste en chef du FMI, quitte le FMI pour un Think Tank Americain ».
    Le FMI cherche un remplacant.
    Y a il un volontaire.
    Il suffit de penser enrond, d’avoir quelques vagues notions d’economie…
    On signe pour 5 ans, statut de la function publique international, 0 impot donc…
    Avant de partir il a fait rentrer officielement le monde dans la vieille lune de la stagnation seculaire.

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