BFM du 18 mai 2015 – Flinguer la classe moyenne

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Flinguer la classe moyenne : Olivier Delamarche VS Marc Riez

Où en est la reprise mondiale ?

La reprise américaine n’existe pas

« Il y a bien un moment où il faut penser que quand il n’y a pas de redémarrage de l’emploi, quand il y a de plus en plus de personnes qui n’en ont pas et que les salaires n’augmentent pas » la reprise n’est pas présente.

De plus, la croissance américaine va être revue à la baisse. En effet, les chiffres du commerce extérieur ou encore des ventes au détail, qui rentrent en compte dans le calcul du PIB et qui sont déjà parus ne collent pas avec les +0.2% de croissance annoncée. « Le chiffre sera négatif et même très négatif. »

Les moteurs de la reprise se sont éteints

Le moteur chinois, japonais ou encore européen n’est pas plus allumé que le moteur américain. Cela fait longtemps que les Econoclastes le pointent du doigt, mais les marchés commencent seulement depuis quelques temps à prendre ces choses en compte.

« Le Japon, je n’en parle même plus, car ils sont déjà au fond du trou »

L’alignement des planètes ne fait plus parler de lui

« On ne les entend plus ceux qui nous parlaient de la baisse du pétrole comme quelque chose de bon, là depuis que le pétrole a rebondi de plus de 50%. Est-ce que c’est mauvais, est-ce que c’est bon, on ne sait plus trop. »

Concernant la baisse de l’euro face au dollar, l’histoire est la même que pour le pétrole.

L’inflation ne revient pas avec les QE

« Quand vous avez une croissance qui est très faible, quand vous avez des problèmes à n’en plus finir dans la Zone Euro comme la Grèce par exemple, il ne faut quand même pas s’imaginer que vous êtes dans une logique d’inflation. Vous êtes dans une logique de déflation. »

Le retour de l’inflation via le QE « ça n’a jamais marché, sur aucun QE, nulle part dans le monde. »

« On est sur quelque chose qui aujourd’hui n’a pas été une vraie reprise économique. Une vraie reprise économique c’est une reprise de l’emploi, des salaires, parce que sinon ça ne fonctionne pas. […] La reprise américaine, elle n’a été ni auto-entretenue, ni une croissance forte avec les centaines et les milliers de milliards qui ont été déversés sur la tête de tout le monde. »

« Aujourd’hui, la seule chose qu’ont réussi à faire les banques centrales c’est flinguer la classe moyenne. »

Rédigé par Raphaël Becanne

5 réponses
  1. H.Gallo
    H.Gallo says:

    Excellent! Olivier nous a fait bugger Marc à la fin du débat, c’était comique.

    Encore un face à face d’anthologie.

  2. jfj
    jfj says:

    Olivier, à mon sens, tu mélanges 2 choses : la vie économique des entreprises qui dépend de la santé financière de ses clients et de ses marges, avec la santé économique des pays.
    Les entreprises US se foutent des taux de chômage et taux d’activité des américains et dette des US. Ce qui les intéresse c’est le nombre brute de clients qu’elles ont et leur pouvoir d’achat. Or le fait qu’il y ai 9 millions de travailleurs en plus aux US est indéniablement un plus pour la consommation.
    Maintenant, elles seront également impactées, à terme, par la santé économique globale du pays, mais ceci est très difficilement quantifiable. Une chose est sûre cependant, prendre comme hypothèse que les US sont sur des « rails », comme le font certains, parait quelque peu farfelu, au vu des ratios de la macro économie. Et ainsi, payer des entreprises US sur des PE moyen de 18 cela parait quelque peut déraisonnable.
    Il faut rester circonspect cependant car QE aidant, et perturbant la notion de la valeur de la monnaie, unité de valorisation des actifs, on peut assister à des mouvements de marché qui n’obéissent plus aux règles de valorisations habituelles. Je dois dire que j’ai un peu de mal dans un monde à taux zéros et qui crée de la monnaie ex-nihilo…

  3. DELAMARCHE
    DELAMARCHE says:

    Cher jfj,
    Je ne mélange rien:
     » l’entreprise dépend de la santé financière de ses clients « , les 9M de travailleurs en plus sont en grande majorité des temps partiels dans des secteurs à faible rémunération et concerne des travailleurs de plus de 55 ans. De plus la population des US augmente d’ environ 3 M par an, 2009 2014 18 M de plus, et donc avec la baisse du taux de participation 93,2 M de gens qui ne travaillent pas ce qui implique qu’ils n’ont pas de revenus pour acheter ce que fabrique l’entreprise.
    Donc non ils ne se foutent pas du chômage !!!
    Dans un premier temps les entreprises US ont conservé un fort taux de marge en licenciant massivement, aujourd’hui on en retrouve les effets dans la Top line qui baisse et les gains de productivité étant beaucoup plus difficile a faire faute de personnes a virer les marges se sont mises a baisser.
    Je vous accorde que ces phénomènes sont long, mais le système à comme tout système ses limites.
    A bientôt
    Olivier

  4. nicolasan
    nicolasan says:

    Jfj, je ne comprends pas votre raisonnement. Vous écrivez que les entreprises US se moquent du chômage car leurs marges seraient fonction du nombre brut de consommateurs (je parlerait plutôt leurs bénéfices, les bénéfices étant la marge par produit multipliée par le nombre de produits vendus, là on colle a nouveau avec l’ importance de la question du chômage ). Comment dans le même paragraphe essuyer d’ un revers de la main l’ inactivité de 93 millions d’ américains, et dans la foulée se réjouir de la création de 9 millions de postes? N’ y a t il pas là une forme de déni? De plus, Marc Riez nous suggère de nous habituer à des croissances faibles dans les pays « développés » de l’ ordre de 1 à 2 % par an maximum. Si l’ on suit ce raisonnement, comment justifier une augmentation de 18% de la valeur des actions depuis janvier? On prends 9 ans de benefs d’ avance en une seule fois et après on arrête, on attends 9 ans pour refaire pareil? Comment, dans une société qui prend 1% par an conçoit on son rôle d’ intervenant sur les marchés quand on ramasse 18% en un trimestre? La déconnection est consommée. Nous vivons des heures historiques à la conjonction de toutes les crises!

  5. André P.
    André P. says:

    Monsieur Riez,

    Je vois que l’hiver vous n’y connaissez rien. Ici au Québec nous avons dans les magasins des périodes ou il est vendu ce que nous appelons du saisonnier. Printemps et automne sont de très grandes périodes de consommation. Celle d’automne, ce sont les préparatifs pour l’hiver. Je ne peux pas vous nommer tout ce dont nous avons besoin en articles, c’est trop vaste. Il faut s’habiller, se chausser de bottes, et j’en passe. Même les plantes ont besoin de protection à l’aide de clôture à neige. Les stations service font des affaires d’or car Il faut préparer sa voiture, pneus, antigel, mise au point, changement d’huile. La consommation d’énergie augmente. Il y a ensuite les sports d’hiver comme la raquette, le ski, le patinage et j’en passe. Les deux derniers hiver ont été exceptionnellement froid, ce qui n’est pas peu dire ici. Rien n’empêche en rien sortir dehors au contraire. Tout est plein, restaurants, commerces etc. À mon avis avoir des saisons aussi contrastées ne peut qu’être bon pour la consommation. Prétendre le contraire c’est être vraiment dans le champs.

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