BFM du 19 mai 2015 – Pré-crise

Jacques Sapir

Pré-crise : Jacques Sapir VS Jean-François Robin

L’Europe face à une pré-crise financière

La BCE a boosté les marchés hier matin après son annonce de renforcer son assouplissement quantitatif. Le CAC40 est reparti à la hausse, les taux à 10 ans ont baissé et l’euro a connu une petite baisse.

Cependant, « la dissonance qu’on a entre les membres du directoire de la BCE » étonne fortement Jacques Sapir. Mario Draghi était inquiet il y a quelques jours des conséquences à moyen terme du Quantitative Easing (QE). D’un autre côté Christian Noyer désire une action encore plus forte de la part de la Banque Centrale Européenne. Il y a donc une réelle divergence d’opinion qui est publique. « Le fait de le rendre public est un signal qui est assez mauvais parce qu’à ce moment là, le marché va écouter ce qu’il veut bien entendre et pas nécessairement ce qu’il doit entendre. »

« On est face à un marché extrêmement nerveux qui est capable de renverser ses opinions, de renverser ses croyances de marché de manière très brutale. Ca veut dire qu’on est en réalité dans une situation de pré-crise. »

« Il y a plusieurs origines possibles [à cette crise]. Bien entendu il y a toujours la question de la Grèce. […] Il y a les problèmes en Italie où le gouvernement Renzi est obligé de réinjecter de l’argent de manière à essayer de stabiliser la demande dans un pays qui est un poids immensément supérieur au poids grec. »

« Ce qui caractérise un marché c’est qu’il y a une croyance dominante, vraie ou fausse ce n’est pas le problème », or aujourd’hui comme nous le montre Jacques Sapir, le marché n’a plus une croyance unique.


« L’impact de la crise dans le pétrole de schiste et le gaz de schiste est nettement plus élevé que ce qui était grosso-modo le consensus au début de cette année. Et on voit bien aujourd’hui qu’il y a une relation inverse entre la remontée des prix du pétrole et la croissance. »

Concernant un scénario de diminution des prix du pétrole, Jacques Sapir n’y adhère pas. En effet, « la quantité réelle » de pétrole qui est offerte sur le marché mondiale devient aujourd’hui équivalente à la demande du fait de problèmes politiques dans les pays du Golf entre autre. L’estimation de l’Econoclaste est donc de 70 à 75$ le baril en BRENT.

« L’impact sur l’économie américaine, quand on regarde au niveau régional on voit qu’il est déjà massif »

« Aujourd’hui ce que l’on peut penser c’est qu’il va y avoir une diffusion de cet impact négatif dû à la crise du pétrole de schiste et du gaz de schiste dans l’ensemble de l’économie. »

Finalement, Jacques Sapir dénonce totalement l’explication climatique pour nuancer les résultats moyens des Etats-Unis, comme tous le reste des Econoclastes.

Rédigé par Raphaël Becanne

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