BFM du 26 mai 2015 – Vers la falaise

Jacques Sapir

Vers la falaise : Jacques Sapir

La décrépitude américaine

« Janet Yellen a dit qu’il y aurait quoi qu’il arrive une hausse des taux dans l’année 2015 […] après, il est très clair aussi que ce sera une hausse très limitée et donc on voit bien que la Réserve Fédérale veut reprendre un peu la main, sortir de la politique du Quantitative Easing mais elle est aujourd’hui très contrainte par la situation macro-économique aux Etats-Unis et devrait donc avancer très prudemment. »

« On voit que la crise qui affecte l’huile et le gaz de schiste […] est en train de s’étendre. »

« Il faut s’avoir que l’on estime que l’huile et le gaz de schiste expliquaient la moitié de la croissance américaine ces dernières années. Donc on est bien ici en présence d’une crise majeure pour l’économie américaine. »

L’Europe et la Grèce foncent « vers la falaise »

Jacques Sapir est catégorique, nous arrivons vers la fin. Soit de l’Europe ou de la Grèce, qui foncent toutes deux « vers la falaise », l’une « s’arrête, soit elles tombent toutes deux dans la falaise. »

Concernant les remboursements de la Grèce, si cela est déjà mal parti pour le mois de juin, « concrètement aujourd’hui la Grèce n’a pas l’argent […] pour payer ce qu’elle doit payer au mois de juillet. » Donc s’il n’y a pas un accord trouvé très rapidement entre la Grèce et ses créditeurs, le pays va « vers un défaut. »

De plus, pour notre Econoclaste, « la barre est à mettre à un niveau élevé » concernant le risque de défaut à cause du « succès de Podemos le dimanche dernier. » En effet, ce parti est « sur une pente ascendante extrêmement forte » et le nombre de votants pour ce parti à doublé en peu de temps. Il ne faut donc pas négliger l’impact psychologique de cette montée sur les européens.

« Le front uni de l’austérité [représenté par l’Allemagne et la France d’une certaine manière] est en train de s’effriter. »

« Soit [l’Allemagne] accepte les demandes de la Grèce. Mais elle sait très bien qu’à ce moment là les autres pays : l’Espagne, le Portugal voir l’Italie lui feront les mêmes demandes. Soit elle dit « non je campe sur mes positions » car il faut absolument cautériser le problème grec. Mais à ce moment là nous allons vers une sortie de la Grèce de la Zone Euro qui aura des conséquences assez importantes qui pourront faire éclater la Zone Euro assez rapidement. »

C’est tout simplement « le jeu de la patate chaude. » On veut que ce soit l’autre qui porte le blâme.

Rédigé par Raphaël Becanne

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