BFM du 4 mai 2015 – Enorme bourde

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Enorme bourde : Olivier Delamarche et Pascale Auclair

L’état des Etats-Unis

La lecture de notre Econoclaste sur les taux américains est « une logique de flux, de prise de profits » qui ne devrait pas se poursuivre très longtemps.

« Nous n’aurons pas de hausse des taux aux Etats-Unis. Il y aura même un QE4 c’est écrit. »

« Vous êtes en début de récession aux Etats-Unis » d’après Olivier Delamarche si l’on regarde précisément les chiffres du PIB. En effet, si l’on enlève du calcul du PIB le chiffre des stocks, qui est « historique », vous obtenez alors un résultat négatif. « Vous êtes à -0.54 très exactement. »

Comment peut-on expliquer cela ? Et bien tout simplement parce que les investissements diminuent depuis des mois aux Etats-Unis, les revenus personnels n’ont pas augmenté, les magasins au détail ferment petit à petit, bref. « Le moteur américain, qui n’a jamais été un moteur de formule 1 depuis quelques années, est définitivement en panne. »

« L’alignement des planètes était une énorme bourbe ! »

Une énorme bourde, notamment au niveau du prix du pétrole qui était censé redonner du pouvoir d’achat aux américains. « Où est-il ce pouvoir d’achat ? » s’exclame notre Econoclaste qui depuis le début de la baisse des prix du pétrole nous met en garde et nous invite à ne pas nous réjouir trop vite de cet événement. Il aura donc effectivement eu raison, cette baisse n’a pas eu d’impact positif pour les ménages.

« Comment peut-on avoir une progression des ventes au détail si le revenus des américains n’augmente pas et que de l’autre côté on ne leur accorde pas de crédits ? »

Concernant les chiffres du premier trimestre, les analystes sont là encore tentés, comme l’année dernière, d’en appeler au climat pour les expliquer. « C’est vrai qu’en hiver il fait froid, c’est surprenant ! Vous regardez la carte [des températures] et vous vous apercevrez que la majorité des états ont eu des températures qui étaient plus élevées que d’habitude. »

« Aujourd’hui on a quand même des effets qui sont des effets flagrant de disparition de la classe moyenne aux Etats-Unis. »

La reprise est-elle confirmée en Europe ?

« Je ne crois pas du tout à la reprise en Europe. Je ne crois pas du tout à l’alignement des planètes qui est une grande bêtise. Que ce soit la baisse du pétrole ou que ce soit la baisse de l’euro. Ca ne donne un petit bol d’air comptable qu’aux entreprises qui exportent et absolument pas d’augmentation de marge ou quoi que ce soit. On voit que l’Espagne n’en bénéficie pas non plus. […] L’Allemagne va caler pourquoi ? Parce que son modèle c’est uniquement les exportations et qu’aujourd’hui ça ne vous a pas échappé qu’en Chine il y a un énorme coup d’arrêt et qu’aux Etats-Unis ça ne va pas. Donc je ne vois pas les exportations européennes, même avec un euro bas, continuer de façon très forte. »

« Contrairement à vous tout m’intéresse. Il n’y a pas que la petite bonne nouvelle qui arrive au milieu d’un océan de mauvaises nouvelles qui m’intéresse. »

Au niveau des négociations avec la Grèce, nous sommes face à une « comédie ridicule entre l’Europe et la Grèce ». « Sortons-les de l’euro, c’est la meilleure chose qui pourrait leur arriver. […] On aurait dû sortir la Grèce il y a quelques années ça nous aurait coûté trois fois moins cher et là on cherche à prolonger encore les choses pour que ça nous coûte le double. »

« L’euro n’est pas une religion et ne doit pas être une religion. Or aujourd’hui c’est un extrémisme religieux. »

Rédigé par Raphaël Becanne

5 réponses
  1. H.Gallo
    H.Gallo says:

    Dire « la trajectoire chinoise depuis le début de l’année est tout à fait impressionnante » à deux minutes de la fin, c’est proprement outrageant. Le modèle chinois est sur le point d’imploser, dû notamment au shadow banking et à la bulle sur l’immobilier, sans compter les exportations et la consommation intérieure. La Chine n’est pas dans une stratégie de changement de modèle et ira dans le mur comme tout ceux qui refusent d’ouvrir les yeux.

    A très long termes c’est évidemment un des pays à surveiller car ça reste l’émergent le plus prometteur et ayant le plus de capacités, mais avant ça on ne va pas dérailler mais bien se manger un mur.

  2. André P.
    André P. says:

    Je vis au Québec, Canada et l’hiver qui y dure quatre mois n’empêche nullement la consommation. Au contraire il entraîne des dépenses supplémentaires. Pelles, vêtements chauds, énergie pour le chauffage, consommation d’essence accrue et j’en passe. Nous avons eu des températures sous les -20° centigrade des mois entiers cet hiver et les magasins, cinémas et restaurants son achalandés comme d’habitude. Je ne vois vraiment pas pourquoi ça empêcherait la consommation aux états-unis.

  3. André P.
    André P. says:

    Au Econoclastes

    Au plaisir.

    L’Argument d’Olivier concernant la Californie percutant. Mais grand bravo à BFM de l’inviter chaque semaine.

    Merci aux Econoclastes pour vos analyses des plus instructives.

    André

  4. Dephy
    Dephy says:

    De toute évidence tous les prétextes sont bons pour magnifier les Etats-Unis en toute circonstance jusqu’à chercher des excuses loufoques comme sur la météo, les experts officiels ne parlent jamais de l’endettement total (privé+public), de la dette des collectivités locales et des municipalités qui n’est pas inclut dans la dette fédérale (celle de 18B$) donc incomparable avec une dette au sens de Maastricht comme en Europe, de leur déficit commercial abyssal depuis des années qu’ils autofinancent avec la planche à billet, du taux de pauvreté hallucinant (50 millions de pauvres au bas mot) etc… La complaisance à l’égard des US par les pseudos experts est criante et pose des questions sur leur intégrité et leur indépendance… à moins qu’ils ne soient là que pour nous vendre les marchés US et au plus haut s’il vous plait !

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