BFM du 6 mai 2015 – Ralentissement

Philippe_bechade

Ralentissement : Philippe Béchade VS Sébastien Korchia

Ralentissement des marchés européens

« Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », c’est ce qu’il faut garder en tête pour Sébastien Korchia face au ralentissement généralisé des marchés européens. Néanmoins, et cela semble paradoxal finalement, cela ne change pas la trajectoire globale des marchés qui continuent de monter : « On a juste un retour à la moyenne. »

Pourtant, « on est toujours dans un marché de flux où le raisonnement est « comment on fait de l’argent à très très court terme ? » depuis l’annonce du Quantitative Easing » pour Philippe Béchade. « Pourquoi achète-t-on quelque chose qui coûte de l’argent » comme des Bunds allemands ? « Parce qu’on est convaincu que ça vaudra plus cher demain. » Pour plus d’information sur ce sujet, n’hésitez pas à regarder la vidéo en bas de l’article qui est une interview du président des Econoclastes datant du 5 mai : Faut-il s’inquiéter de la remontée des taux ?

Comment expliquer la remontée des taux allemands par exemple ? Il y a la version optimiste qui consiste à se dire que la croissance en Europe va remonter en 2015 et être confirmée en 2016 donc les taux à 0.5 ne sont pas assez chers. « Mais là, la tension qu’on vient d’avoir [sur les taux allemands] n’est pas liée au fait qu’on se dit d’un seul coup : « tiens ! la croissance sera là » […] il y a autre chose et je pense que c’est le facteur grec. »

En revanche, Sébastien Korchia voit lui cette remontée comme une évacuation du « pire risque » qu’il pouvait y avoir, à savoir la déflation en Zone Euro.

La situation américaine est préoccupante

« [La situation américaine] est préoccupante si on veut juste tenir compte des vrais chiffres. »

Le chômage aux Etats-Unis est loin d’être aussi bas que les chiffres l’annoncent, comme l’affirme semaine après semaine nos Econoclastes Olivier Delamarche et Philippe Béchade. De plus, les revenus des ménages américains ont stagné au mois d’avril, donc ce n’est pas un facteur qui pourra relancer la consommation. Enfin, l’argument démographique permet de terminer la démonstration : la population américaine augmentant d’environ 3,5 millions d’individus par an, les créations d’emplois devraient suivre cette croissance de près pour pouvoir maintenir un taux de chômage aussi bas, ce qui est loin d’être le cas.

« Si l’on s’en tient à une stratégie qui pourrait être cohérente par rapport à l’état de l’économie réelle, évidemment la FED ne montera pas ses taux en 2015 et probablement pas en 2016. »

Philippe Béchade explique aussi qu’il va de plus en plus dans le sens des commentaires actuels : « la FED sent que la prochaine crise arrive et elle a besoin de se reconstituer des marges de manœuvre pour donner des bonnes nouvelles aux marchés, ce qui signifie qu’il faut qu’elle « normalise sa politique monétaire. » Il faut qu’elle monte [les taux] si elle veut se préparer à la prochaine crise, qui arrive. C’est inscrit. L’endettement global de l’Amérique n’a pas cessé de s’amplifier. On en est à 70 000 milliards de dollars. Les 20 000 milliards qu’on nous raconte sont évidemment très en deçà de la réalité. »

« Si [les américains] ne remboursent pas on ira vers une refonte du système monétaire. »

A l’heure actuelle, nous ne disposons pas de la deuxième vidéo de cette interview.

Faut-il s’inquiéter de la remontée des taux ?

Rédigé par Raphaël Becanne

1 réponse
  1. jfj
    jfj says:

    La théorie de la remontée des taux US pour avoir des marges de manœuvre pour plus tard ne me parait pas pertinente. Les banques centrales ont le QE à leur disposition.
    Les banques centrales en ramenant les taux à 0 ont fait apparaitre aujourd’hui les revenus qui étaient censés apparaitre demain. Qu’en sera-t-il demain quand ces revenus ne seront plus disponibles? J’ai bien peur que la croissance pose quelques problèmes. Mais bon, demain est un autre jour…

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