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Survalorisation des marchés boursiers et Wishful thinking

Wall Street

Le SP500 est l’indice de référence des marchés financiers puisque principal indice de la plus grande économie mondiale et boursière. Les calculs de valorisation ci-dessous seront donc principalement relatifs à cet indice.

3 principaux facteurs interviennent quant au retour sur investissement du marché actions :
-Les taux : plus les taux sont bas plus prendre des risques sur le marché actions se défend. En cas de hausse de taux, un ajustement se fait et les prix des actions baissent généralement. A l’heure actuelle, vous savez à quel point les taux sont bas, voire négatifs et ne peuvent donc que monter ultérieurement ce qui sera négatif pour les indices. Malgré cela, le marché continue de monter, passons au facteur suivant.

-La hausse de la profitabilité des entreprises : plus les opérateurs anticipent une hausse des résultats pour les trimestres à venir, plus ils sont ouverts à acheter le marché même en cas de « survalorisation potentielle ». A ce sujet, il se trouve que les anticipations de résultats étaient particulièrement élevées fin 2014 pour l’Europe et les USA, ces dernières plafonnent désormais. Pourtant, les prix continuent de monter…

forwardEPS
Il semble qu’une divergence se forme entre les estimations de bénéfices par action et le cours des indices. Ce phénomène pourrait être expliqué par le « Wishful thinking » actuellement de mise dans les médias. Le Wishful thinking est une addition de certitudes qui font prendre des décisions en fonction de ce qui « pourrait » être plaisant d’imaginer plutôt que d’accorder de l’importance à l’évidence, la rationalité ou encore la réalité. Certains psychologues pensent qu’avoir des pensées optimistes influence l’attitude et permet d’avoir de meilleurs résultats, ce phénomène est appelé l’effet « Pygmalion ». Le problème ici est que les optimistes sont les gérants actions, qui espèrent que les actions vont monter et n’ont aucune incidence sur les résultats des entreprises.

Etudions maintenant le troisième facteur, la valorisation des marchés :

Si le marché est considéré comme cher, le futur retour sur investissement sera faible et les opérateurs auront tendance à délaisser les actions. Inversement si la valorisation est faible. Sommes-nous actuellement sur ou sous-valorisés ? Essayons d’y répondre en étudiant plusieurs ratios.

Pourquoi le price earning ratio est-il un indicateur désuet ?

Le PE ratio utilise le ratio du SP500 sur 12 mois glissants en comparaison des résultats des entreprises. Le problème est qu’il est rapidement mis à mal en période de forte expansion économique ou en cas de forte récession. Ainsi, quand on étudie le PE du SP500 au premier trimestre 2009, il était à 123, record historique et pourtant le marché réalisait un point bas… cet indicateur n’est donc pas optimum. On notera tout de même qu’il est actuellement non loin de sa zone haute historique sur 100 ans, mais pas sur un extrême aussi impressionnant qu’en 2000 ou 2008.

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Le Shiller P/E confère un meilleur timing

Le professeur Robert Shiller de l’université de Yale a inventé ce ratio afin d’affiner l’évaluation de valorisation des marchés. Cet indicateur est plus précis puisqu’il permet d’éliminer les fluctuations dues à de fortes variations des profits dépendamment des cycles.

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Sur le graphique ci-dessus vous pouvez constater les points hauts de l’indicateur en 1929, 2000 et même 2008, sous le seuil des 27…où nous sommes actuellement. Certains répondront innocemment que nous ne sommes pas aux niveaux de 2000, je répondrai que nous n’avons pas besoin de marché hyper évalués, surévalués suffirait pour qu’une correction prenne forme.

Le ratio de la capitalisation totale du marché US sur le PIB est d’après Warren Buffet l’un des plus pertinents. En étudiant ce dernier on peut constater que nous ne sommes pas loin de records.

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Enfin une comparaison et non un ratio pour finir, de la capitalisation totale des marchés US représentée par le Wilshire 5000 (les 5000 actions les plus traitées) avec le PIB US. Loin de moi l’idée de conclure quoi que ce soit avec cette comparaison, notez simplement qu’un retour à la moyenne serait légitime. Enfin, il apparait comme plus attractif d’acheter les marchés actions lorsque la capitalisation totale du Wilshire est inférieur au PIB US plutôt que l’inverse.

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En d’autres termes, et alors que le SP500 vient d’atteindre des records historiques la semaine passée après avoir réalisé un rallye historique, il convient de garder en tête que les prix des actions ne sont pas sous valorisés. Ils sont au mieux correctement valorisés au vue des estimations de bénéfices à venir, au pire survalorisés mais aidés par les rhétoriques des banques centrales qui soutiennent les marchés artificiellement ces dernières années espérant que les résultats prennent le pas, ce qui reste une espérance pour le moment.

SPXmonthly
Graphiquement parlant, le SP500 a atteint une expansion majeur de Fibonnaci de 161.8% à 2130 points. Vous pourrez noter à quel point le momentum plafonne, comme lors des deux précédentes corrections, mais je vous laisse vous faire vous-même votre avis au vu de ce que vous venez de lire quant à la suite logique des évènements.

Ps : je ne sais pas si logique est le mot car le jeu ayant été faussé par les banques centrales ces dernières années, tout reste possible et c’est surtout cela qu’il faut garder en tête. Rien est impossible sur les marchés financiers, pas même le fait que certains indices asiatiques prennent plus de 150% en moins d’un an…

china
Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets

Source originale sur CMC Markets

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2 réponses
  1. emmanuel
    emmanuel says:

    Vivement le QE Chinois.
    La progression va finir tout simplement par etre verticale.
    Et le meilleur investissement deviendra une entreprise de parachutes.
    Il en faudra quand commencera la chute tout aussi verticale.

  2. Fabrice L
    Fabrice L says:

    Merci Nicolas pour cette analyse sans a priori. L’analyse des marchés est d’autant plus compliquée qu’il faut intégrer l’impact des falsifications de prix (valeurs, taux,devises,…) opérées depuis 2009 par les banques centrales et les gouvernements. Le mythe de l’ultra-libéralisme ambiant a la vie dure, surtout en France, alors que nous vivons une ère de « crowny capitalism » débridée, où les participants usent et abusent de l’adage « Je te soutiens, tu me soutiens, nous nous soutenons, vous payez ». Il est toutefois intellectuellement intéressant d’assister au devenir d’un système avec un tel niveau de manipulation, en se disant que nous figurerons dans les futurs ouvrages d’histoire économique et financière. God bless the contrarians!

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