BFM du 15 juin 2015 – Arrêter l’hémorragie

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Arrêter l’hémorragie : Oliver Delamarche vs Marc Riez

Le dossier grec

La négociation entre l’Union Européenne et la Grèce est totalement enlisée. Alexis Tsipras ne bougera probablement pas de ses positions ou « très peu » selon Marc Riez, qui considère que le problème du pays est « d’organiser un vrai Etat qui puisse collecter de l’argent auprès des gens qui en ont » mais qu’au final un accord à minima sera trouvé à la dernière minute.

Pour Olivier Delamarche, cet accord a minima est ce qui est souhaité par les investisseurs qui se disent : « pourvu que ça dure, qu’on puisse continuer à payer, que les grecs se fassent taper sur la tête, que nous on puisse continuer à faire du fric sur le CAC. » Néanmoins, « on touche enfin le bout » selon notre Econoclaste.

« Quelles que soient les réformes qu’on arriverait à leur faire accepter, de toute façon ça ne leur permettrait pas de rembourser. »

« On ne peut pas continuer comme ça et on ne peut pas se réjouir de continuer comme ça, parce qu’en attendant qui est-ce qui paye pour les milliards de dette grecque ? Le contribuable européen. »

La question aujourd’hui est donc la suivante : souhaitons nous « arrêter l’hémorragie » dès maintenant et perdre les 300 milliards prêtés à la Grèce ou souhaitons nous continuer de leur prêter et augmenter les pertes à 450 milliards pour « repousser les choses » ?

« La dette n’a cessé d’augmenter entre 2011 et 2015, ça veut dire que le problème est plus grave aujourd’hui qu’il ne l’était en 2011. »

Conséquence d’une éventuelle hausse des taux aux USA

Pour Marc Riez, « l’Amérique redémarre » poussant in fine la Réserve Fédérale à remonter ses taux d’ici la fin de l’année. Toutefois, elle devra le faire de manière lente car cela pourrait sinon casser sa dynamique « encore fragile. » Par la suite, il y aura une deuxième remontée du dollar qui sera très bonne pour les actions européennes mais sans krach du marché obligataire « pour l’instant. »

Le regard d’Olivier Delamarche sur la question est quant à lui bien différent : les américains « ont une croissance qui est très très faible avec des marges qui se sont retournées et qui commencent à baisser. »

« Aujourd’hui je ne vois pas la moindre trace d’inflation mis à part les actifs financiers »

« Vous avez un bilan de la FED qui a augmenté 8 fois plus vite que la croissance » depuis 14 ans. Ce qui veut dire une chose « on a mis 8 dollars pour récupérer un petit dollar. »

« Les marchés ne se sont pas effondrés, mais [le QE] ne fonctionne pas. Ca ne vous relance pas une économie ! »

Rédigé par Raphaël Becanne

5 réponses
  1. fred1903
    fred1903 says:

    Je reste sur ma faim pour une fois.. J’en suis presque a croire Marc RIEZ.

    Ok a choisir je prefere MALIK.

    A lundi prochain

  2. Michel Maurel
    Michel Maurel says:

    Pauvre, pauvre petit homme, Marc Riez, il montre là toute l’étendue de son cynisme pour pouvoir continuer à se servir sur la bête. Gagner du temps, à n’importe quel prix, pour que je continue à m’en mettre plein les fouilles et après moi le déluge. Belle mentalité, mais sans véritable surprise, il n’est qu’un maillon solidaire d’une chaîne qui se fout comme de sa première chemise, du sort des Grecs, de celui du contribuable européen, du moment qu’il peut continuer à jouer au casino royal.

  3. Garçon
    Garçon says:

    Bonjour,

    Concernant la Grèce, il pourrait y avoir une solution.

    1. Les négociateurs (Grèce + Troïka) annoncent officiellement le défaut.
    2. Les marchés actions européens (au moins) décalent TRES fortement à la baisse.
    3. Les « autorités monétaires et financière européennes « , jouent la baisse des marchés actions…
    4. La « spéculation » sur les marchés actions permettent de payer a posteriori la dette grecque.

    Eric Garçon.

  4. TZYACK
    TZYACK says:

    Effets de ciseaux !
    1° – Quand l’endettement d’un Etat devient équivalent à son PIB, il faut que le taux de croissance de son PIB « inflaté » soit alors supérieur au taux moyen des intérêts de sa dette (Taux effectif), s’il veut honorer, au moins, le service de sa dette et ne pas finir ruiné.

    2° – Sinon, seul un défaut partiel (Restructuration) – gelant ou annulant une partie de ses dettes en l’attente d’un retour à bonne fortune – peut lui permettre de diminuer son taux d’endettement à un niveau compatible pour en inverser l’effet de ciseaux sur la croissance de son PIB. Le défaut est à un Pays endetté ce que le dépôt de bilan est à une Entreprise : Un acte de bonne gestion s’il est préparé à temps
    .
    3°- Une politique des taux d’intérêts bas conjuguée à des injections de liquidités (Q.E.) par les Banques Centrales permet aussi de relancer les Economies qui peuvent ainsi rembourser en partie, par l’inflation « contrôlable » que ces techniques génèrent, une partie de leurs dettes en « monnaies de singes ».
    « L’inflation n’est pas un risque. Les pertes potentielles des Banques Centrales ne sont pas un problème, car un capital négatif est possible » : Leurs pertes financières peuvent s’inscrire sans limite dans leur passif, ne pouvant pas être mise en faillite de par leur Statut.
    « Avec l’inflation, on réduit mécaniquement l’encours des dettes publiques. Les taux d’intérêt bas réduisent le poids du service de la dette, tandis que des taux d’intérêt réels négatifs permettent d’éliminer une partie de son principal. »

    4°- La liquidité monétaire est à l’Economie ce que l’eau est à une plante. Trop arrosée, elle pourrit et pas assez, elle se dessèche.
    Pourquoi faudrait-il payer l’eau d’arrosage à celui qui en tient le robinet alors qu’il n’est ni jardinier ni propriétaire de l’une ou de l’autre ?

    5°-« Si les dettes bancaires des Etats sont considérées comme des dettes publiques alors leurs Banquiers doivent être, légitimement, considérés comme des fonctionnaires et les Banques comme des services gouvernementaux »

    6° Comme tout prêteur fait payer une prime de risques à son emprunteur (CDS), il est juste et équitable qu’il en assume avec son assureur le risque de défaut partiel ou total, surtout en cas de mauvais conseils de sa part (G.S)

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