BFM du 23 juin 2015 – Erreur de lecture

Jacques Sapir

Erreur de Lecture : Jacques Sapir

« Non, je pense qu’il y a là une erreur de lecture fondamentale. » L’Eurogroupe et la Grèce ne sont pas aussi proches que veulent le croire tous les gens d’un accord.

« Aujourd’hui il n’y a toujours pas d’accord global sur la dette », or c’était le point sur lequel les grecs ne voulaient pas céder avant de pouvoir lancer quelconques négociations sur d’autres sujets d’après Jacques Sapir. « C’est là dessus que va porter en réalité la négociation et pas sur les questions qui sont en fait tout à fait secondaires comme la question de la hausse d’un point ou de trois points de TVA et la question des retraites. »

« S’il y a un accord sur la dette, le gouvernement grec a toujours dit qu’il était prêt à des négociations »

Les pays d’Europe du Sud (Espagne et Portugal) ont « officiellement pas d’avis, soit un avis négatif sur ce qu’il se passe. Mais en réalité ils commencent à regarder de manière extrêmement intéressée le processus mis en place et mis en mouvement par la Grèce. »

« Monsieur Rajoy a ressorti la question des Eurobonds »

« Il y a un changement significatif dans ces gouvernements » ce qui n’échappe pas à l’Allemagne qui se doute que si elle cède pour la Grèce, ces pays « viendront avec des demandes similaires. »

Aujourd’hui : « est-ce que l’on accepte de mettre la totalité des problèmes de dette sur la table et d’envisager un règlement globale. Mais cela veut dire qu’on transforme la Zone Euro en une union de transfert. Et cela, les allemands ne veulent absolument pas. Ou alors est-ce que l’on va bloquer ? »

Ce qui pourrait aussi déranger l’Europe, c’est « la reprise des combats en Ukraine […] la situation est extrêmement tendue » cumulée avec « des annonces sur l’Ukraine qui pourraient déstabiliser les marchés en cet été. »

Le deuxième risque « lié à la crise grecque », c’est la remontée des taux pour l’Italie où « le débat sur faut-il sortir de l’euro est probablement le plus avancé dans l’ensemble de l’Europe ».

Enfin « c’est le problème politique de l’Espagne avec les élections qui auront lieu à la fin de l’année » avec Podemos qui a déjà pris la mairie de Madrid dans les municipales.

Rédigé par Raphaël Becanne

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