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La déconnexion de l’économie financière

La déconnexion de l’économie financière fait suite à l’article La prolifération de la nouvelle science financière. Il constitue le deuxième article d’un volet de 3 articles. La suite demain.

Alimentée par les méfaits du financiarisme (déréglementation, désintermédiation…), la sphère financière, destinée normalement à être au service de l’économie « réelle », s’en est quasiment déconnectée, et a connu une croissance phénoménale au cours des décennies passées.

evolution-pib-patrimoines
Lecture : dans la décennie 2000, en euros constants, le PIB a augmenté en moyenne de 28 Md€ constants 2009 par an, les patrimoines non financiers (= immobiliers) de 559 Md€ et les actifs financiers de 649 Md€ par an (en valeur brute pour ces derniers ; c’est environ 10 fois moins si on en calcule la valeur nette).

Ainsi, dans les 30 dernières années, en euros constants, le PIB et les rémunérations ont été majorées de 60 %, le patrimoine non financier de 150 % et le patrimoine financier brut de près de 330 %… Les montants en jeu dépassent désormais l’entendement…
Economie réelle financière

L’économie financière, représentant le chiffre de plus de 2 000 milliers de milliards (= 2 millions de milliards = 2 000 trillions ou T$) de dollars en 2007 (dont 1 400 T$ de produits dérivés et 500 T$ de produits de change), représente ainsi plus de 50 fois l’économie réelle (échanges de biens et services)…

On l’observe par exemple au niveau des échanges :
Economie réelle financière

Là encore, les transactions sur le marché des changes représentent 50 fois les exportations physiques !

Il convient donc de combattre une telle démesure, et remettre la finance à sa place : majeure, mais subordonnée à l’économie réelle

Par Olivier Berruyer

Article original sur le site les-crises.fr

3 réponses
  1. passant
    passant says:

    Allez je me lance (j’ai du temps en ce moment 🙂 )

    La 1ère question c’est; comment pouvez vous être surpris ?
    La deuxième; à quoi vous attendiez vous précédemment ?
    C’est le fonctionnement normal du système, et c’est ce qui est dénoncé depuis des lustres par le milieu ouvrier. Si je me trompe pas, c’est grosso modo (hors innovation financiariste), ce que prévoyait marx (c’est pas jeune), en gros le capitalisme va se manger lui même par appât du gain  »argent ».
    Du coup je sais pas si c’est la fin du système (il a assez d’imagination pour perdurer encore), mais c’est sûr qu’un jour ou l’autre il donnera raison aux premiers critiques du système (il y en plein de moins connus que marx).

    Pour rire on peut dire que les plus marxistes aujourd’hui, sont les financiers qui emploient leur créativité à lui donner raison 🙂

  2. François
    François says:

    Je vous invite a lire http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelles_longue_et_courte

    En deux lignes :
    1) pour les americains : one trillion = dix puissance 12 = 1000 * one billion
    2) si l’on parle de mil*LIARD alors : un trillion = dix puissance 18 = un milliard de milliard

    Pour être clair et non ambigüe on devrai utiliser http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9fixes_du_syst%C3%A8me_international_d%27unit%C3%A9s, c’est a dire en teradollars, teraeuro commme on parle de teraoctets ou terabytes et non les termes billion trillion.

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