Une correction de 20% avant l’orgie ?

Pierre Sabatier était sur le plateau de Sicavonline pour discuter des marchés boursiers ce 19 juin. Retrouvez la vidéo intégrale sur le site de Sicavonline : Bourse : une correction de 20 % avant l’orgie ?

Nous sommes actuellement en situation de bulle sur les cours boursiers. L’absence de corrélation entre les fondamentaux économiques et les cours tendent à le montrer. « La meilleure façon de le constater ce sont les ratios de valorisation […] Le nombre d’années de chiffre d’affaire que les investisseurs sont prêts à acheter en Europe et aux Etats-Unis est à peu près sur les niveaux de 2007 et de 2000. »

P/E

« On constate une valorisation excessive par rapport à la tendance de long terme » sur le P/E selon Shiller. « On voit qu’il n’y a qu’une dizaine de cas avec des niveaux de valorisation comme c’est le cas actuellement. Donc c’est plutôt rare et on est bien en phénomène de survalorisation. »

« On est bien en phénomène de survalorisation. »

Dans cette dizaine de cas il y a deux scénarios :

  • Un correction significative de 20 à 30% dans « les mois à venir, qui est imminente » comme on a connu en 87 ou en 98 avec la crise asiatique, « avant que les marchés ne reprennent leur phase de hausse. »
  • Nous ne sommes qu’au milieu de cette bulle, « voir au début », qui va continuer de gonfler.

Néanmoins, en Europe, les marchés actions ne peuvent que monter à cause de la politique économique d’assouplissement quantitatif (QE) actuelle. Pourquoi ? Parce que les investisseurs long terme (les assureurs par exemple) sont privés de leur matière première : les obligations. Ils doivent donc passer sur les autres actifs financiers qui peuvent leur apporter du rendement.

« Les écarts de taux s’effondrent en dépit de la qualité de signature de l’émetteur. »

« Ce sont les conditions d’un bull-market qui n’est pas du tout suivi d’enthousiasme. Ce n’est pas par conviction que les investisseurs achètent des actions, mais bien parce qu’il faut faire quelque chose. »

S&P vs bilan de la FED

Le graphique ci-dessus le montre bien, les indices boursiers ne font que suivre les politiques des Banques Centrales.

« Lorsqu’une Banque Centrale décide de la reflation des prix des actifs, dont les actions, et bien elle a forcément raison »

Au vu de ces éléments, lequel des deux scénarios précédents est le plus probable ? Le catalyseur qu’est la Grèce devrait en décider. En cas d’accord, le risque de contagion d’une sortie de la Grèce s’évaporerait permettant au bull-market de se poursuivre (cas n°2).

« Par contre, si on n’a pas d’accord pour repousser l’échéance […] on pourrait très bien avoir un effet et un reflux brutal des marchés actions qui traduirait une chose très simple : cette peur de l’inconnu que générerait un défaut partiel et qui peut-être serait suivi de conséquences [… pousserait] les investisseurs [à barrer] la zone Europe en attendant d’y voir un peu plus clair. » Cette attente pourrait durer de 2 à 3 mois avant que les investisseurs envisagent de revenir sur les marchés européens (cas n°1).

Rédigé par Raphaël Becanne

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