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Vitor Constancio avoue l’incompétence et l’irresponsabilité illimitée des banques centrales.

Quel stupéfiant, quel étourdissant aveu de Vitor Constancio, le vice-président de la Banque centrale européenne : « Il y a peu de précédents de grandes économies s’éloignant d’un environnement de taux zéro: les analystes et banquiers centraux n’ont d’autre choix que d’évaluer l’impact de leurs choix en temps réel ».

Autrement dit, Vitor Constancio reconnait que les banques centrales jouent aux apprentis sorciers et naviguent à vue depuis 7 ans aux Etas Unis, depuis 5 ans en Europe, et que les « Maitres du Monde » n’ont pas la moindre idée de la façon de sortir d’une politique de taux zéro et de faux monnayage massif.

La seule chose que M. Constancio presse – comme « M. Tout le monde », comme le plus obscur opérateur de marché, comme le plus ignare des traders qui travaille avec un horizon de temps de 3 minutes – c’est « qu’un relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine aurait plus de répercussions (négatives, NDLR) que par le passé dans un contexte d’économies étroitement interconnectées ».

Vitor Constancio va encore plus loin en reconnaissant que la « forward guidance » (ou communication avancée) des banques centrales se substitue à une véritable politique monétaire digne de ce nom.

Le rôle de la FED ou de la BCE, ce n’est plus que de faire de la « comm » au sens le plus trivial de l’expression : Janet Yellen ou Mario Draghi se bornent à répandre un verbe qui se voudrait magique, c’est à dire qui plaise au marché et repousse indéfiniment l’échéance de la catastrophe pressentie.

En réalité, l’enfumage est devenue un outil de politique monétaire à part entière.
Et comme le veut le dicton populaire… il n’y a pas de fumée sans feu : or le feu monétaire a consumé la substance vitale de l’économie réelle pour gonfler jusqu’aux limites de l’explosion la montgolfière des actifs financiers.

L’absence de croissance et d’inflation après 20.000Mds$ injectés en 7 ans par la FED, la BoJ, la Bank of China, la BCE – et désormais l’aveu qu’il est impossible de faire machine arrière de V.Constancio – prouve que l’économie réelle est complètement carbonisée.

Et Mr Constancio de conclure : « il n’y a plus au stade actuel d’acheteur en dernier ressort ».

Dans ces conditions, existe-t-il encore une limite psychologique à la baisse des « marchés » ?

Ph Béchade

2 réponses
  1. Raphael
    Raphael says:

    Pour se sortir de cette impasse, il faudrait renouer avec une création monétaire étatique et souveraine, par le bas, rattachée à des projets publiques locaux d’envergure (comme la transition énergétique).

    Je ne comprend pas quel Fou peut encore croire en la magie de la main invisible du marché, et penser que cette main invisible fera autre chose que d’essayer de faire du cash à tout prix à court terme.

    Revenons à une économie keynésienne responsable et politique :qui trace des caps et fait des choix. La partie de poker est terminée, personne n’a rien à y gagner.

    «le capitalisme est cette croyance absurde, que les pires des hommes feront les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde»

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