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Il est possible que l’on nous prenne pour des idiots

Aujourd’hui, je ne vais pas vous faire une chronique boursière. Aujourd’hui je vais vous faire un « coup de gueule », car je ne vois pas l’intérêt de vous faire un résumé des marchés financiers, de vous dire ce qui s’est passé et ce qui va se passer, alors que de toutes manières, les dés sont pipés depuis le début et la FED, ainsi que les autorités américaines sont en train de nous mener en bateau pour une seule et unique raison ; nous faire croire que leur politique de relance économique a fonctionné et que c’est pour ça qu’il faut vite monter les taux avant que l’inflation nous rattrape et nous mette un coup derrière les oreilles.

Je vais vous le dire franchement ; je crois que l’on se fout de nous et le plus drôle dans tout cela, c’est que tout le monde semble d’accord, personne ne dit rien et tout le monde trouve ça normal.

 

Résumons tout d’abord ce qui s’est passé ces derniers mois, en ne se concentrant uniquement sur les chiffres de l’emploi :

1) En septembre on nous apprend que l’on a complètement raté les chiffres, que le mois d’août aura été pourri, mais que c’est tout de la faute de la Chine et du fait qu’au mois d’août on pense plus à aller à la plage qu’à engager du monde.
2) À la fin du mois d’août on s’était pété la figure, tout le monde trouvait donc ça normal et on se demandait même si, au vu de ces chiffres, la FED serait en état de monter les taux lors de la réunion du mois de septembre.
3) À la réunion du mois de septembre, en effet, la FED n’a pas monté les taux, mais s’est gardé une porte ouverte pour le faire en décembre, si l’inflation est là, si la croissance est là et si l’emploi s’améliore.
4) Lors de la publication des chiffres de l’emploi du mois de septembre, on apprend que le mois septembre aura été tout aussi pourri que le mois d’août, si ce n’est plus et qu’en plus de cela, les chiffres du mois d’août sont revus à la baisse – août était donc encore plus pourri que prévu. Encore un coup de la Chine et de la chaleur estivale.
5) Les experts en économie commencent à se demander si la FED pourra monter les taux étant donné que l’économie US a plus l’air d’un canari au fond d’une mine qui est en train de s’asphyxier que de l’économie florissante que la politique commune Yellen-Bernanke nous promettait. À ce moment, on se dit que seul un miracle pourrait nous tirer d’affaire d’ici le mois de décembre et comme il paraissait peu probable que Volkswagen engage 200’000 avocats au chômage pour se défendre la problématique de hausse des taux devenait gentiment insoluble.                                        6) Sans compter que l’on pouvait raisonnablement commencer à douter des compétences de calculs du gouvernement US ; puisque rater autant de non-création d’emplois en août relève plus du « fait exprès » que d’autre chose.

La suite, vous la connaissez… On nous a embarqué dans un suspense insoutenable depuis deux semaines, nous donnant des su-sucres comme quoi l’économie allait bien, en faisant dire à Yellen que toutes les portes étaient ouvertes pour monter les taux, qu’elle avait confiance en l’économie. On a même demandé à Draghi de laisser entendre que lui, il allait remettre une couche de QE, puisque ça avait si bien fonctionné avec l’économie américaine.

Puis les « experts économistes » ont commencé à publier leurs attentes pour les chiffres de l’emploi du mois d’octobre. Sachant ce que l’on venait de vivre les deux mois précédents, on n’allait pas non plus se montrer trop optimiste, alors autant la jouer « profil bas » en envisageant tout de même un regain d’engagements pour le mois d’octobre, puisque la rentrée scolaire était bien entamée et que la Chine était en phase de « recovery » et même en « Bull Market zone » depuis une semaine.

En gros, les « experts » sont venus avec une « attente » de 185’000 créations d’emplois à la louche, ce qui paraissait déjà vachement gonflé après ce que l’on venait de vivre.

ET PUIS JÉSUS EST REVENU SUR TERRE ET LE MIRACLE EST ARRIVÉ…
Le Gouvernement de sa majesté Obama Second nous a annoncé la création de 271’000 JOBS !!!

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Soit 86’000 emplois de plus que prévu… 86’000 emplois, c’est pratiquement le stade des Giants à New York, plein à ras-bord. Alors je veux bien admettre que l’économie n’est pas une science exacte et que tout ce que la finance compte comme stratégiste ou autre analyste financier nous a déjà largement habitué à ce genre d’erreur monumentale, sachant, à leur décharge, que l’économie n’est pas une science exacte, mais de là à se rater à ce point, je crois que je suis largement en droit de me demander si l’on ne se fout tout simplement pas de nous.

 

Encore, une fois, remettons-nous tout simplement dans le contexte :

– Vous avez une banque centrale qui est en train de jouer sa réputation ; si elle ne monte pas les taux, cela veut dire que sa politique monétaire de ces 8 dernières années c’est que du pipeau et que Don Quichotte avait l’air moins idiot à se battre contre ses moulins que la FED a injecter des dollars dans l’économie pour ….. rien..
– Si les chiffres de l’emploi étaient sortis pourris ce mois, il était plus que probable que la hausse des taux était définitivement remise dans le cercueil pour 2015.
– Il FALLAIT que ça soit bien – histoire de justifier pleinement une hausse des taux dans un contexte plus que douteux.
– Et comme par hasard, on nous sort un chiffre canon et il ne reste plus qu’à publier PPI et un CPI ces prochaines semaines qui nous montre un peu d’inflation et le tour est joué… On peut monter les taux en se disant que l’on aura fait notre job !!!

Un scénario avec un Happy End pareil, même le scénariste des 7 Rocky’s et des 4 Rambo’s n’aurait pas osé le faire. Mais le Gouvernement US et la FED sont en train d’oser !

Et le pire, c’est que ce n’est pas la première fois ! Déjà à l’époque, quand Bernanke avait entamé le cycle de baisse des taux, les chiffres de l’emploi avaient été manipulés pour fournir une excuse en or au patron de la FED pour baisser les taux. Et la, rebelote, on remet ça. Et ça ne choque personne.

D’ailleurs j’en profite pour faire un pari ; je vous parie que les chiffres de l’emploi du mois d’octobre seront révisés à la baisse dans quelques mois – probablement une excuse du type : « on a compté 100’000 personnes, alors qu’en fait c’était 100 virgule trois zéros derrière. Oups. Notre erreur. Désolé »…

Bref, OUPS, I DID IT AGAIN…

 

Voilà, les USA nous ont fait leur « show », si l’on avait encore un doute sur le fait que les chiffres et le marché soient manipulés, je crois que cette fois c’est clair. Mais bon, comme ça à l’air de faire plaisir à tout le monde et que tout le monde trouve ça normal, il n’y a pas de raison de paniquer ni de s’énerver, c’est comme ça…

À partir de ce lundi, la probabilité de hausse des taux en décembre est de plus de 70% et un « expert » – un de ceux qui s’est gouré vendredi – pense qu’il faudrait une CATASTROPHE pour que la FED ne monte pas les taux. Il vrai qu’après tout le mal qu’il se sont donnés pour nous mettre dans la situation idéale du Happy End pour eux, on voit mal la FED dire que c’est trop tôt pour agir…

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En conclusion, tout cela est une gigantesque histoire d’égo et si l’on ne s’était concentré que là-dessus, on aurait compris qu’il n’y avait pas d’autre alternative. Aujourd’hui, bien sûr, rien n’est encore certain, mais quand on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend et ben on a bien raison de penser qu’ils vont monter les taux envers et contre tout…

Par contre, là où ça va devenir drôle, c’est quand la réalité frappera à nos portes et que l’on se rendra compte que cette hausse des taux avait « bullshit » inscrit en lettre capitales sur elle, que l’économie US commencera à ralentir, voir entrer en récession que l’on va se marrer pour voir quelles données supplémentaires ils vont s’amuser à manipuler pour nous faire croire que tout va bien.

En conclusion, actuellement, on ne regarde plus que les chiffres économiques pour voir ce que va faire la FED ces prochaines semaines, même si, depuis vendredi, en ce qui me concerne, c’est plutôt clair.

En ce qui concerne les nouvelles du jour, l’Arabie Saoudite n’a aucune intention d’arrêter ni de réduire sa production de pétrole – en gros, ne comptez pas sur eux pour faire remonter le prix du baril, il semble plus simple de compter sur l’assèchement total des réserves en hydrocarbures plutôt que de compter sur l’Arabie Saoudite – ce matin le baril est à 44.75$. L’or est à 1092$.

Autrement UniCredit en Italie va supprimer 12’000 jobs dans un effort concerté avec Draghi pour relancer l’économie locale. La Banque est en train de se bagarrer tant et plus pour éviter l’augmentation de capital coûte que coûte. Goldman Sachs vient de fermer son fonds sur les BRIC’s, eux qui avaient inventé le concept même de l’acronyme, les investissements dans les Emerging Markets ne sont plus aussi populaires qu’ils l’eurent été. Le fonds était passé de 800 millions sous gestion à 100 millions ces derniers mois.

Ce matin en Asie, le Japon est en hausse de près de 2%, la Chine EST en hausse de 2% et Hong Kong ne fait rien. Les chiffres qui ont été publiés en Chine ne sont – comme d’habitude – pas bons, mais comme on est dans un bull market depuis la semaine passée ; mauvaise nouvelle = bonne nouvelle, parce que le gouvernement va continuer d’injecter des anabolisants dans le marché. Le Salon de l’aéronautique s’ouvre à Dubaï et attendez-vous à des contrats juteux annoncés ces prochains jours.

 

3 réponses
  1. Ced
    Ced says:

    Bonjour,

    Si 1% = 80% du total alors 2+2 ne font plus 4 !
    Théorie quantique de manipulation.
    Si les fondamentaux sont trafiqués, ne reste que le marc de café…

    @Jack
    Ça arrivera quand ça sera considéré comme utile. Et pas par hasard. Ça peut tout aussi bien durer. Un des moments clés pourrait être la saisie de notre épargne.

  2. passant
    passant says:

    Ce qui est marquant surtout c’est que ça prenne autant de temps (et visiblement d’énergie) pour en arriver ce constat.

    le milieu alternatif dénonce depuis longtemps les chiffres bidouillés (de l’inflation ici, quand tout augmente pour le quotidien on nous dit:  »non pas temps que ça » et on reporte une augmentation du salaire minimum ou autre).

    Ce qui est drôle c’est que, comme le disait Martin Niemöller, maintenant c’est plus les chiffres de la populace qu’on manipule, mais ceux des  »boboursicoteurs », et évidemment quand le bidouillage vous touche directement vous gueulez, comme les pauvres et les alternatifs depuis un moment.
    Capici ?

    C’est quand même le signe d’une séquence prérévolutionnaire, quand la petite bourgeoisie n’y trouve plus son compte, Aïe Aîe Aîe

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