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La monnaie unique transatlantique, le jeu opaque de la BNS!

Quand la BNS était une entreprise saine, le volume des devises affiché au bilan tournait autour des 50 milliards de francs suisses…. Depuis 2009 -et non 2011- la BNS n’a pas arrêté de « booster » artificiellement son bilan.

Devises BNS 2000

Dès 2009 et bien avant de s’arrimer au taux-plancher, la BNS doublait ses devises en une année et commençait à réellement doper son bilan par le biais de l’achat de devises…

Devises BNS 2009

L’année 2010, se solde par une nouvelle croissance explosive de ses devises qui ont plus que doublé et qui générèrent des pertes records de près de 33 milliards de francs!

Ce n’est qu’en 2011 que la BNS a invoqué la nécessité du taux-plancher pour justifier sa politique monétaire excessivement utile pour l’étranger mais suicidaire du point de vue du franc suisse… On peut dire que la BNS a littéralement tourné le dos au franc suisse en ne cessant de diluer sa valeur.

Actuellement ces mêmes devises culminent à 566 milliards!

Cette générosité impressionnante qui remet en question les bases démocratiques du pays a bénéficié généreusement à 2 monnaies: le dollar américain et à l’euro.

Si dans un premier temps, l’européisme de la BNS était patent, son atlantisme est bien plus frappant depuis une bonne année.

Entre l’année 2000 et septembre 2015, les devises détenues en dollar sont passées de 20 milliards de francs suisses à 190 milliards. Durant ces 12 derniers mois, la rubrique est passée de 136 à 190 milliards de francs investis en dollars.

Pour la même période entre 2000 et septembre 2015, le volume de francs investi en euros est passé de 21 milliards à 227. Or, durant ces 9 derniers mois, le volume de francs détenus en euros n’a pas bougé. Il est passé de 236 à 237 milliards, différence qui peut s’expliquer en partie par la réévaluation du franc après le désarrimage mais aussi par une éventuelle vente d’euros…

Il n’y a aucun doute que la BNS soutient la demande du dollar américain.

La BNS a soutenu aussi la dette publique et les firmes transnationales américaines (cf nos précédents billets). En effet, nous relevions récemment dans l’article intitulé « Non, la BNS n’affaiblit pas le franc suisse face à l’euro » ceci :

Le volume d’actifs détenus en dollar américain est passé de 147’214 millions de francs à fin 2014 à 189’867 en septembre 2015, soit un supplément de près de 43 milliards! Cette monnaie est passée en quelques mois de 29% des placements en devises de la BNS à 32%.

Par conséquent, 77% du dopage des devises de la BNS de ces 9 derniers mois a bénéficié au dollar américain !

Nous avions conclu que contrairement à ce qu’elle voulait bien dire, la BNS ne travaillait pas à affaiblir le franc suisse face à l’euro ou à soutenir les exportateurs suisses mais bel et bien à soutenir le dollar américain.

Certains économistes de bonne foi y ont vu un soutien à l’euro en passant par le dollar américain…. Eh bien, si les intentions réelles de la BNS ne sont absolument pas connues tant l’opacité qui l’entoure est épaisse, nous soutenons ici une double hypothèse.

  •  La BNS soutiendrait le dollar américain
  •  La BNS participe activement à l’émergence d’une monnaie unique transatlantique en apportant son poids au leadership de Washington et de Wall Street.

La BNS soutient le dollar américain et affaiblit l’euro

Actuellement le dollar américain vaut à peu de chose près un franc suisse (voir valeur du jour en vert sur le graphique ci-dessous).

Cette parité rappelle fortement celle qui prévalait le 14 janvier 2015 (couleur grise sur le graphe), soit la veille du décrochage du franc suisse de l’euro. Avec cette parité, la BNS semble avoir été neutralisée en tant que devise indépendante et surtout en tant que valeur de refuge…

dollar-swiss-franc-nov-20153

La Suisse lâche l’euro. Ce faisant elle l’affaiblit.

La BNS a lâché l’euro le 15 janvier 2015. Ce faisant, elle portait atteinte à l’image de cette monnaie. Quand on sait à quel point la dimension « confiance » est  importante dans ce milieu… Le coup porté à la monnaie européenne a été dur.

Il est important de souligner que le contexte de la parité actuelle franc suisse-dollar américain diffère de celui de Janvier 2015 puisque la valeur de l’euro n’est plus la même !

Au moment de la parité franc–dollar du 14 janvier 2015, l’euro valait 1.20 franc suisse et ce grâce au taux-plancher. Actuellement, la parité franc suisse-dollar est accompagnée d’une valeur de l’euro de 1.07. Le contexte a sacrément changé en 2015 avec un euro affaibli et une BNS qui au mieux n’intervient pas face à l’euro!

euro-suisse-nov-2015

Comment alors expliquer la remontée de l’euro face au franc depuis juillet?

Est-ce que des alliés de poids de la BNS lui rendent service en achetant des euros contre des francs suisses pendant qu’elle-même achète des dollars ? C’est envisageable au vu de tous les services rendus par cette banque à la Haute finance internationale… A voir…

Et voici les conséquences pour l’euro face au dollar américain…

euro-dollar-2015

…C’est encore plus nette avec un zoom sur ces derniers mois.

euro-dollar-novembre

Après avoir bénéficié durant de nombreuses années de la force et de la richesse réelles du franc suisse, la zone euro affiche la vulnérabilité de sa monnaie avec l’abandon du taux-plancher. L’euro perdant de sa valeur affaiblit le pouvoir d’achat des populations de l’Eurozone puisque les importations coûtent plus chères. En revanche, les dettes publiques et privées européennes détenues par le marché américain sont valorisées d’autant!

Les acteurs américains qui ont investi en euros vont pouvoir afficher des bénéfices grâce à la simple évolution du rapport entre les deux monnaies. C’est donc tout « bénèf » pour les investisseurs d’outre-atlantique…

La création d’une monnaie unique Transatlantique

La BNS pourrait être en train de jouer un rôle central dans la création de la monnaie unique transatlantique qui accompagnerait le marché unique du même nom. Au vu de ce qui précède, nous pourrions envisager le fait qu’elle soit en train de soutenir Wall Street et Washington dans le processus d’établissement du leadership de ce nouveau monde.

Pour l’instant, la constellation est la suivant:

  • Une parité quasi parfaite entre le dollar américain et le franc suisse.
  • Une valeur euro-franc et euro-dollar identique et proche de la parité.

Que manquerait-il pour que la monnaie unique transatlantique soit définitivement établie maintenant que le franc suisse est neutralisé? Que l’euro baisse encore. La conquête de l’Europe risque de durer encore quelques mois…

2 réponses
  1. lassuyt
    lassuyt says:

    La monnaie unique transatlantique, c’est difficile à croire, même si tout est possible, et le concept me fait rêver.
    Aussi, je pense aux individus: 45’000 suisses aux US et 20’000 américains en Suisse, qui échangent plus d’un milliard de dollars par an, et économiseraient ainsi 25 millions de dollars de frais bancaires chaque année. On peut compter 1’000 fois plus concernant les entreprises. Les banques ont beaucoup à gagner, mais un peu à perdre aussi, c’est pourquoi ce critère doit être pris en compte par la BNS 😉

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