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Deutsche Bank: Une arme de destruction massive de l’ Allemagne

Voici une banque qui fait trembler l’Allemagne, l’Europe et pourquoi pas l’ensemble de  la planète Finance!

Deutsche Bank, fondée en 1870 à Berlin, est assise aujourd’hui sur une arme de destruction massive de 75 000 000 000 000 -75 trillions- de dollars de paris sur les produits dérivés et dépasse la JP Morgan de 5 trillions. Cela équivaut à 20 fois le PIB allemand. Une petite flamme déclencherait un souffle destructeur dont les conséquences sont difficiles à prévoir.

Deutsche Bank Une arme de destruction massive de l’ Allemagne - derivative

La Deutsche bank est un cas d’école. Elle illustre à merveille comment le top management des banques du 21ème siècle arrivent à couler des établissements autrefois de renom…

L’histoire de la Deutsche bank est celle d’une banque utilisée et asservie par un top management qui n’a aucun scrupule à prendre en otage toute une population, ses économies et ses emplois.

L’épisode des subprimes de 2008 a été une « crise » pour les peuples mais un magnifique tremplin pour des patrons sans scrupules.

Ces patrons n’ont rien appris du passé. Ils n’ont pas pris la moindre mesure de correction pour éviter la répétition du scenario américain. Pire, ils ont non seulement continué de magouiller en bandes (Libor, Euribor,…) mais ils ont aussi poursuivi une croissance basée sur des produits eux-mêmes construits sur des crédits pourris.

Aujourd’hui, les banques allemandes menées par la Deutsche bank sont parmi les plus exposées!

Deutsche Bank Une arme de destruction massive de l’ Allemagne - expo1

 

Mais derrière les britanniques et les françaises:

Deutsche Bank Une arme de destruction massive de l’ Allemagne - expo2

 

Le sauvetage direct ou indirect de 2008 a eu un effet entraînant d’établissements sains.

Ci-dessous deux tableaux qui montrent le bond que Deutsche Bank a réalisé entre 2008 et 2010. Rien qu’en termes de collaborateurs, elle a réussi à passer de 78’000 en 2007 à 102’000 en 2010.

Que s’est-il passé? Deutsche bank a eu le privilège de racheter pour 2,8 milliards d’euros(autant dire que c’est un cadeau) Deutsche Postbank (L’équivalent de Postfinance). Cela s’est fait en deux temps. DB a pris la majorité de DP en décembre 2010 et le solde en 2012.

Cette reprise a permis de renforcer quelque temps Deutsche Bank. Mais les mêmes causes -dont un top management totalement quittancé par les gouvernants- produisent les mêmes conséquences.

Deutsche bank 2007-8.PNG

Deutsche bank 2010-11.PNG

La différence avec 2008 est que Deutsche Postbank fait aujourd’hui partie de l’aventure du Casino. Plus la concentration des établissements augmente et plus le « ficelage » des peuples  et de l’économie réelle et financière s’intensifie…

Actuellement, lâcher la Deutsche Bank reviendrait à admettre un tsunami financier en Allemagne mais aussi en Europe qui raserait probablement les bases du système bancaire et financier européen.

Entre-temps, le top management impliqué dans une série sans fin de scandales de type mafieux prennent leur retraite après avoir eu à verser quelques petites amendes par-ci par-là. Leur fortune réelle n’est pas communiquée.

On peut dire pour conclure que le sauvetage de DB de 2008 a permis d’amplifier le potentiel désastre d’un défaut de paiement de cette banque. Par conséquent, les dirigeants politiques sont tout aussi responsables que le management de la banque dans la mesure où ils n’ont eu de cesse de renflouer des puits sans fond avec l’argent public sans exiger la moindre contrainte en retour.

La loi dite too big to fail est une incitation au vice offerte à un top management totalement désinhibé en matière d’argent…

De multiples questions demeurent dans cette gestion de la « crise » du système bancaire:

  • Qui sont ces managers qui arrivent à narguer les peuples et les lois?
  • Qui les protège et leur offre l’impunité et l’immunité?
  • A qui profite la bérézina des établissements financiers européens?
  • Les banques européennes sont-elles le fusible du Casino planétaire chargées d’en transporter les poubelles ?

En attendant les dirigeants allemands continueront de renflouer de manière directe ou indirecte, transparente ou pas ce colosse aux pieds d’argile érodé avec les finances et le patrimoine du pays.

La déflation a encore de beaux jours devant elle…

Par Liliane Held-Khawam

5 réponses
  1. Fiquet
    Fiquet says:

    Avez vous déjà fait le lien entre :

    – La bulle des crédits douteux
    – L’injection liquidité
    – Les rentes de certains gros fond ( fondation, grosses sociétés, philanthrope, …)
    – Le financement d’ONG
    – Le prix exorbitant de passage en Angleterre pour les migrants ainsi que les ressources qui leurs sont misent à disposition

    C’est un petit scandale qui ne fait que compléter celui de Daesh et son pétrole.

    Tout cela pour dire que la situation allemande n’est pas différente de la Suisse ou de la France.Sauf qu’a degrés de puissance mondiale, correspond un degrés d’attaque(amende pour la BNP, scandale de VW, désagrégation de la DB)

    Les forces en oeuvre ont la maîtrise du basculement, mais aussi la « maîtrise de la chute » apparemment.

    On peut parler dans d’autres article des Econoclastes de changement de modèle au niveau bancaire, consommation de pétrole en berne, ou de changement de modèle industrielle et même de modèle de travail en général, mais pensez vous vraiment que ce n’est pas une vision éloignée comparé au sujet de votre article.

    On nous prépare clairement une jolie fiesta j’ai bien l’impression 🙁

    PS: Attention je ne remets pas en cause la valeurs des articles cités, ils rentrent parfaitement dans les sujets traités et sont plus proche du réalisme que du pessimisme.

  2. Liliane Held-Khawam
    Liliane Held-Khawam says:

    Fiquet, j’aime beaucoup « la maîtrise de la chute ». Nous sommes face à des monstres-je me laisse aller !- qui nous mènent là où ils veulent et dans une temporalité absolument maîtrisée. Les théories et les pronostics ne peuvent être qu’inutiles. Ce qui m’inquiète plus c’est la folie qui semble habiter ces maîtres de jeux…

  3. Julien Fiquet
    Julien Fiquet says:

    Il est à noter que cette temporalité est impossible à définir, en revanche l’ordre a l’air de s’établir clairement via des critères de puissances et d’indépendance( les faibles aspiré via les fort qui eux-mêmes s’affaiblissent et prennent la place du faible). Peu importe les modèles politiques ou économiques.
    Il est possible aussi de définir le laps de temps durant lequel chaque pays va réagir avant de « tomber(selon les réserves,les mécanismes de blocages rt de régulation, …)

    Cela apporterait déjà des éléments de réponse qui pourraient peut être définir la réponse complète, malheureusement il faut du temps et beaucoup de documentation.

  4. Laurent
    Laurent says:

    Ce que j’ai du mal à comprendre c’est le calcul du risque systémique (le « SRISK »). La Deutsche Bank est inscrite en SRISK 81mds€. Mais comment ce risque pourrait-il se matérialiser? Il est précisé que l’exposition aux dérivés de la Deutsche Bank est de 80.000mds. Mais c’est du notionnel, ces 80.000mds. Donc la somme réelle de l’argent investi dans les dérivés ne représente qu’une toute petite portion de 80.000mds. Par ailleurs, qu’est-ce qui dit que cette exposition aux dérivés ne finirait pas par s’annuler, dans la mesure où généralement les « calls » équilibrent à peu près les « puts ».
    Bref je ne comprends pas: expliquez moi help 🙂

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