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Désalignement des planètes et perturbations par l’étoile noire…

L’alignement des planètes, rappelez-vous, c’était il y a tout juste 1 an: l’Euro venait de tester un plancher de 1,05 face au Dollar, le baril de pétrole venait de tutoyer 40$, le Consommateur allait effectuer son grand retour, les banques allaient inonder de crédit bon marché les entreprises impatientes d’investir.

Oui, c’était il y a tout juste 1 an mais la baisse du pétrole n’a jamais « enrichi » les ménages, elle leur a juste permis de dépenser l’argent autrement: cela n’a pas créé un 1E de PIB supplémentaire.
Et si les entreprises ont énormément investi… c’est surtout dans le rachat de leurs propres titres !

L’alignement des planètes ne fut rien d’autre qu’une légende boursière ânonnée à satiété par les Bisounours de la finance: dès le mois de juillet 2015, les opérateurs commencèrent à se comporter comme s’il n’avait jamais existé.

Fin août 2015, tout s’était déglingué et l’anarchie régnait sur le FOREX, fin janvier 2016, il ne faisait plus guère de doute que l’étoile des banques centrales jouant aux apprentis sorciers commençait à pâlir sérieusement.

Mais le plus inquiétant, ce qu’est que depuis la mi-février, nous observons un désalignement radical de la trajectoire des actions par rapport à leurs bénéfices anticipés.

C’est particulièrement vertigineux à Wall Street où même après des rachats massifs de titres (plus de 1.000Mds$ en 2015) et un niveau historique de taux de redistribution des profits comptables, le montant des dividendes versés poursuit sa contraction.

Et ne parlons pas des véritables bénéfices -ceux provenant d’une hausse de l’activité et/ou de la marge opérationnelle- qui vont continuer de s’étioler comme le préfigure un abaissement des anticipations de la croissance mondiale par les économistes de la FED, BoJ ou BCE, du FMI, de l’OCDE, de la BRI, etc.

Dans le contexte que ces vénérables institutions nous prédisent, une éventuelle hausse des profits proviendra essentiellement de fusions acquisitions, autrement dit d’économies d’échelle et donc de licenciements.

D’où le caractère stratégique des directives de Bruxelles concernant la « flexibilité » (l’assouplissement des règles concernant les licenciements en constitue la pierre angulaire) dont la « Loi Travail » défendue par le gouvernement n’est qu’une transposition servile.

Servile et sans l’excuse d’une efficacité démontrable car dans une économie en contraction et où tous les salariés de la planète sont mis en concurrence à chaque seconde, les entreprises ne retiennent du système Schumpetérien que la possibilité de détruire les emplois -coûteux- pour en créer de bien moins onéreux dans des pays où le filet de sécurité social est inexistant.

En ce qui concerne la « difficulté de licencier », elle concerne surtout les PME/PMI, moins rôdées à la pratique des « ruptures conventionnelles ».

Mais le risque du sureffectif est depuis longtemps contourné par l’intérim et la multiplication des contrats à durée (très) déterminée: dans la plupart des cas ce n’est pas la peur de ne pouvoir licencier qui nuit aux créations d’emplois.

Est-ce que l’on renonce à acquérir une voiture parce qu’on déteste les embouteillages ou qu’on craint d’être flashé au radar et de perdre des points de permis ?

Ce qui fait vraiment peur aux entrepreneur, c’est surtout de ne plus trouver de débouchés pour des produits et services à forte valeur ajoutée mais de plus en plus fortement concurrencés par des pays à bas coûts.

C’est aussi l’insécurité fiscale, le harcèlement administratif et l’empilement des contraintes.

Et pour les entreprises sous-traitantes des multinationales, c’est l’impossibilité de maîtriser leurs marges face à des exigences de baisses de prix asphyxiantes, sans oublier leur mise en péril par l’allongement démesuré et injustifié des délais de paiement pratiqués par les « donneurs d’ordre ».

Et le pire d’entre eux, celui que je ne résiste pas à dénoncer parce qu’il faut bien à un moment mettre un nom sur celui qui qui se comporte comme s’il était au-dessus des lois et qui s’impose comme le plus mauvais payeur, qui use et abuse de l’emploi précaire, des travailleurs détachés et du dumping social.

Un thème évoqué lors de notre conférence du 15 mars à l’ISEG: voir l’exemple Géodis, filiale de la SNCF (avec ses chauffeurs roumains payés 240E/mois) qui ne fait rien d’autre que de copier le business model du transporteur allemand pionnier de la fraude sociale intra-européenne à grande échelle, Willy Betz.

oui, ce véritable fléau pour les entreprises qui n’ont souvent que faire de l’alignement des planètes mais qui sont au plus mal quand la croissance s’éclipse…

comme vous le pressentiez…

cette « étoile noire »

c’est…

l’ETAT

Ph Béchade

4 réponses
  1. Dahool
    Dahool says:

    Bonjour

    Nos entreprises ne sont elles pas en sur effectif ? Je ne me souviens plus du chiffre mais il est important.
    C’est le cas dans la plupart des pays développés. Croissance négative oblige…

    Les lois macron, khomeri… n’ont elles pas pour but de légaliser les licenciements à venir ?
    Les événements économiques, géopolitiques… ou les projets tafta, directive brrd, disparition du cash, taux négatifs… ne préparent ils pas au futur krach économique et/où une grande guerre ?

    Des coïncidences ? Le hasard ? Le « pas de chance » ? Némésis ? Le « c’est encore Poutine » ? La faute à la Chine ? Le « c’est ballot » ?

    Ou autre chose ?

    Da

  2. JOUSSET
    JOUSSET says:

    L’Etat l’étoile noire… le grand crédo libéral…. En Irak où il n’y a plus d’Etat cela va tellement mieux qu’en France….

  3. Zylo
    Zylo says:

    @Jousset : je pense que c’est une mauvaise lecture.
    P. Bechade ne critique pas l’existence de l’Etat à mon sens, mais le fait que l’état français soit tout sauf exemplaire, que ce soit dans le domaine du travail ou celui des délais de paiement.
    D’où une certaine amertume des entrepreneurs (oui c’est un raccourci), qui se font donner des leçons de morale par un état qui n’applique pas lui-même les règles qu’il entend imposer aux autres…

  4. jpj
    jpj says:

    L’état voyou n’est il pas critiquable? Nos politiques collabos d’autres états fascistes travaillant à notre destruction.
    Pourquoi collaborer avec erdogan? Pourquoi lui donner les clefs de l’europe? Pour qu’il la mette à feu et à sang! Son but est de detruire Kurdes et Chretiens, oh! reveillez-vous!
    Nos politiques ne sont peut-etre pas au jus? Pire, ils sont complices.
    Les usa font de mème, ils utilisent la turquie pour leur sale travail
    Il est trop tard à present, le peuple n’a pas su se defendre du danger.
    La solution c’est Etiene Chouard, entre autres, qui la detient.
    Les souris (nous) votent pour elire des chats qui decideront pour nous, c’est ce que nous faisons, n’est ce pas une autre bulle, gigantesque, celle de la stupidite.
    Alors, priez pauvres pecheurs.

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