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Comment faire baisser le chômage et sauver notre peau grâce au commerce équitable?

En ce 1er mai, synonyme de fête du travail (pour ceux qui ont la chance d’en avoir un), quelques suggestions pour revenir à la société du plein emploi des années 60, alors que le gâteau à se partager était dix fois plus petit.

Vive la mondialisation !

Après 30 années pendant lesquelles le développement de l’activité mondiale était principalement axé sur le développement des économies nationales et de leur population – les 30 glorieuses, la mondialisation progressive de l’investissement et des échanges commerciaux depuis le début des années 80 a amené les investisseurs à exiger des retours sur investissement de plus en plus élevés – 10 à 15% alors que la norme était plutôt de 5% pendant les 30 années précédentes.

Afin de pouvoir augmenter la rentabilité des capitaux investis, les entreprises se sont alors développées hors de leur frontières pour élargir leur base de clients accessibles tout en réduisant leurs coûts en délocalisant une partie de leur production dans des pays avec une main d’œuvre très bon marché alors que ces pays ne respectent souvent aucune norme de protection de notre environnement.

Ce développement à l’international, plus communément appelé mondialisation, fut notamment possible pour trois raisons principales :

  1. Le différentiel de développement social (et donc de coût du travail) entre les économies développées (Etats-Unis, Japon, Europe de l’Ouest) et les économies en voie de développement (Europe de l’Est, Asie)
  2. Un pétrole abondant et peu cher avec des coûts de transports moins élevés que le différentiel de coût sur la main d’œuvre
  3. L’inexistence de normes sociales et environnementales contraignantes au niveau mondial

Les grandes entreprises mondiales ont donc privilégié à tout prix la rentabilité des capitaux investis, au détriment des emplois locaux et de notre environnement – on pourrait appeler cela l’économie négative.

La clé des prochaines années sera de changer de paradigme pour passer d’une économie négative à une économie positive, où la rentabilité des entreprises ne se fera plus au détriment des emplois et de notre environnement mais en améliorera la condition.

En effet, le chômage n’a jamais été aussi élevé en Europe depuis 15 ans avec presque 20 millions de demandeurs d’emploi et plus de 11% de la population active de la zone Euro – entre 2003 et 2009, l’Europe perdait 3,3 millions d’emplois alors que la Chine en créait 56 millions.

De plus, la pollution de l’eau, de l’air et des sols ont des impacts dramatiques sur la santé non seulement des êtres humains mais aussi de tous les écosystèmes naturels sans lesquels nous ne pourrions vivre.

Enfin, le pétrole, bien que temporairement meilleur marché, devrait revenir d’ici 2 ans à des prix à trois chiffres, comparables aux chocs pétroliers des années 70, ses coûts d’extractions augmentant inexorablement avec la raréfaction de sa disponibilité.

A cet égard, il n’est pas inutile non plus de rappeler que nos importations de pétrole et de gaz représentent presque 80% de notre déficit commercial– 46.5 Mds d’Euros sur 60 Mds d’Euros en 2013 – et que la moitié de la dégradation de notre déficit commercial ces 10 dernières années n’est liée qu’à l’augmentation des prix du pétrole et du gaz.

La solution ? Le commerce équitable!

Afin de permettre non seulement l’épanouissement des populations locales mais aussi la préservation (après la réparation) de notre environnement, l’économie mondiale doit petit à petit faire marche arrière pour passer de la mondialisation excessive à la relocalisation partielle de l’activité, étant donné l’augmentation inexorable à moyen terme du coût du pétrole mais aussi la volonté des Etats de favoriser l’emploi local de leurs entreprises dans un contexte de chômage élevé.

Il faut, dans la mesure du possible, produire localement ce que l’on consomme afin de réconcilier le consommateur avec le producteur, qui tout au bout de la chaîne est le consommateur comme Henri Ford l’avait bien compris – il faut favoriser l’avènement du « prosommateur ».

Si cette tendance de fond caractérisera les 30 prochaines années, la vitesse de la relocalisation ne dépendra principalement que de l’évolution du prix du pétrole et de la réduction des différentiels de développement (et donc de coût du travail) entre les pays « plus développés» et les pays « moins développés », en créant une convergence par le haut des conditions de travail.

Afin non seulement d’accélérer ce processus mais aussi d’enfin réduire le chômage de masse en Europe, réduire la pollution  et améliorer la condition des travailleurs des pays en voie de développement – esclaves des temps modernes, il est temps mettre en place des mesures encourageant le commerce équitable.

  1. Le commerce équitable social

Depuis 1990, 300 000 emplois industriels (120 000 entre 1990 et 2000, 180 000 depuis 2000) ont été détruits à cause de la délocalisation de l’activité.

Certains des produits fabriqués à l’étranger sont alors réacheminés en France pour y être revendus.

Un des derniers exemples en date – Renault qui créé une usine à Tanger au Maroc pour fabriquer une voiture à 8000€, dont seulement 15% de la production sera écoulée sur place. Produire au Maroc avec des ouvriers payés 250€ par mois permet à Renault d’économiser 800€ par voiture soit 20% du coût de fabrication de cette voiture.

Par conséquent, en instaurant des mesures de commerce équitable social aux frontières de l’Europe pour les entreprises européennes ayant délocalisées leur production hors d’Europe afin de réduire leurs coûts tout en revendant ensuite leur production en Europe, nous préserverons les emplois industriels européens tout en réduisant notre consommation de pétrole et nos émissions de CO2.

Cela permettra aussi d’instaurer les conditions nécessaires à la ré-industrialisation du continent Européen.

Ces mesures pourraient être mises en place  par exemple aux frontières de la zone Euro afin de se prémunir des différences importantes de coût du travail au sein même de l’Europe, notamment avec les pays d’Europe de l’Est – le coût du travail dans l’industrie manufacturière est de 37 euros de l’heure en France, à comparer avec les 23 euros de l’Espagne, les 10 euros du Portugal, les 8 euros de la Pologne et les 4 euros de la Roumanie.

Nous pourrons enfin imposer par la force cette convergence sociale européenne liée au succès de toute monnaie unique en incitant les pays d’Europe de l’Est à améliorer significativement les conditions de travail de leurs employés s’ils veulent vendre leurs produits dans le marché de la zone Euro.

Par ailleurs, ce commerce équitable social permettra de se protéger d’un phénomène plus récent – la délocalisation des emplois dans les métiers de services. Les travaux de la Commission des Finances du Sénat avaient estimé en 2005 le potentiel de délocalisation de ces métiers de service à 200 000 emplois entre 2006 et 2011.

  1. Le commerce équitable environnemental

La transition énergétique des énergies fossiles vers les énergies décarbonnées ne sera possible que si ce commerce équitable environnemental est mis en place aux frontières de l’Europe.

Si nous prenons l’exemple de la filière photovoltaïque française, elle se résumait pour l’instant par l’installation de panneaux solaires chinois, produits dans des conditions de respect de notre environnement déplorables en Chine. Par conséquent on améliore un peu l’environnement en France tout en le dégradant fortement en Chine, ce qui ne fait aucun sens, la facture environnementale étant globalement négative pour la planète.

Par conséquent, il est important de pénaliser les produits dont la fabrication se fait au détriment de notre environnement. Les entreprises, si elles veulent avoir accès au plus grand marché mondial qu’est l’Union Européenne, devront améliorer leur processus de production et seront encouragées à le faire car le coût d’amélioration sera moindre par rapport aux pénalités à payer.

Plus qu’une punition, cette mesure serait enfin une incitation non contraignante afin de réparer notre planète, après les échecs multiples des négociations internationales à ce sujet. Bien que ces mesures ne soient pas contraignantes, peu d’entreprises pourront se passer des débouchés offerts par le marché unique européen, qui je le rappelle est le plus grand marché mondial.

Ces mesures ne sont pas nouvelles puisque des incitations allant dans ce sens à l’échelle française et européenne ont déjà été mises en place : bonus/malus pour les voitures en fonction de leurs émissions de CO2 en France, punitions au niveau de la commission européenne pour les constructeurs automobiles ne respectant pas les objectifs d’émission de CO2 fixé par l’ACEA.

La transition énergétique et l’emploi – un cercle vertueux

La transition énergétique s’appuie non seulement sur les économies d’énergies mais aussi sur le développement des énergies peu émettrices de CO2 afin de pouvoir à terme substituer la part majoritaire d’énergie fossile carbonée dans notre consommation (80%) par de l’hydraulique, de la biomasse et du nucléaire, mais aussi de l’éolien, du solaire et de la géothermie dans des proportions plus limitées.

Afin de réduire la consommation d’énergie, nous devrons par exemple :

  1. Isoler le parc immobilier existant en taxant les plus-values sur cession en fonction du DPE par exemple
  2. Développer la filière industrielle de la voiture à 1 L/100 km, en produisant localement la majorité de ses différents composants

Ces piliers de la transition énergétique représentent tous des emplois locaux au sein de nouvelles filières industrielles devenues pérennes grâce au commerce équitable à la fois social et environnemental mais aussi à un nouveau mode de fonctionnement entre les principaux acteurs qui se sont affrontés ces 30 dernières années pour rafler la plus grosse part du gâteau : la coopération plutôt que la compétition.

En effet, n’est –il pas surprenant qu’un marché encore quasi-inexistant comme celui des voitures électriques soit déjà l’un des marchés les plus compétitifs au monde, mettant en danger les différents acteurs de cette jeune filière qui sont indispensables au succès de son développement?

Quel impact sur le chômage ?

Alors que le chômage atteint un niveau record en France depuis plus de 15 ans avec 3.5 millions de chômeurs, il est possible de recréer dans les prochaines années les 300 000 emplois industriels détruits ces 20 dernières années en relocalisant la production des biens vendus en France et en Europe.

Si on y ajoute les métiers de service délocalisés ces 5 dernières années ainsi que les emplois liés à la transition énergétique – le conseil d’orientation pour l’emploi avait estimé à plus de 500 000 le potentiel d’emplois créés par la croissance verte, c’est plus de 1 million d’emplois qui pourraient être créés dans les prochaines années grâce à ce commerce équitable qui nous préservera de toute concurrence déloyale, qu’elle soit sociale ou environnementale.

Nicolas Meilhan

14 réponses
  1. TCC
    TCC says:

    Dans la constitution européenne, il est dit que la concurrence doit être libre et non faussée.

    Quand l’état favorise telle entreprise nationale, il se fait taper sur les doigts pour concurrence déloyale.

    Quand une entreprise délocalise pour réduire ses coûts de production en profitant des disparités entre états en matière de salaire, de droits sociaux, d’environnement, de fiscalité, cela s’appelle comment ? elles ne sont pas sanctionnées.

    Des taxes douanières devraient être établies afin d’équilibrer les prix entre les coûts de fabrication locaux et délocalisés. Quelle que soit la nationalité de l’entreprise.

    Qu’une entreprise s’implante dans un pays pour produire et vendre dans ce pays, on dit bravo, respect , elle permet le développement du pays. Mais délocaliser pour réduire ses coûts et augmenter sa marge et les dividendes versés aux « investisseurs » ; non, c’est insupportable.

    En tant que citoyen responsable, on voudrait acheter local, ou plutôt acheter un produit à coût de fabrication à peu près identique au coût pratiqué dans son pays. On ne peut même pas faire ça.

    Il faudrait que sur l’emballage du produit apparaisse également le coût horaire de fabrication, et pourquoi pas le coût du transport… Toutes Charges Comprises (TCC) ( ce doit être un doux rêve) ;O))

  2. Jouve
    Jouve says:

    J’aimerais revenir sur l’article consacré au commerce équitable
    il y a un raccourci incompréhensible me semble il
    Nous voyons une disparité très forte du coût de la main d’oeuvre au sein même de l’union européenne
    (37 euros /heure/ salarié en France contre 10/8 et même 4 euros en Roumanie )
    Question . à quel frontière doit on imposé une taxe (commerce équitable )?
    Il me semble avoir compris que cette taxe serait benefique si elle etait appliquée au frontière de UE
    À quoi cela sert il? ???

  3. Nicolas Meilhan
    Nicolas Meilhan says:

    Jouve – la question de la frontière est effectivement importante.

    Concernant le coût du travail, je propose la frontière de la zone Euro car comme vous le dites bien, cette taxe appliquée aux frontières de l’UE n’aurait aucun impact sur les pays d’Europe de l’Est, dans lesquels un nombre plus important qu’on ne l’imagine de nos usines est allé se délocaliser.

    « Ces mesures pourraient être mises en place par exemple aux frontières de la zone Euro afin de se prémunir des différences importantes de coût du travail au sein même de l’Europe, notamment avec les pays d’Europe de l’Est – le coût du travail dans l’industrie manufacturière est de 37 euros de l’heure en France, à comparer avec les 23 euros de l’Espagne, les 10 euros du Portugal, les 8 euros de la Pologne et les 4 euros de la Roumanie.

    Nous pourrons enfin imposer par la force cette convergence sociale européenne liée au succès de toute monnaie unique en incitant les pays d’Europe de l’Est à améliorer significativement les conditions de travail de leurs employés s’ils veulent vendre leurs produits dans le marché de la zone Euro. »

  4. passant
    passant says:

    C’était couru d’avance (vu nos échanges de l’autre fois 😉 ) mais évidemment je ne peux être d’accord avec cet article, sauf sur quelques points sur lesquels je reviendrai.

    D’abord avant d’accuser les autres de  »polluer » il faudrait quand même se remettre en cause nous même. Les délocalisations nous permettent aujourd’hui d’afficher un bilan environnemental  »flatteur », mais en délocalisant les emplois on a aussi délocalisé les pollutions. C’est un peu spécieux de maintenant dire à ces pays producteurs, vous polluez on vous taxe. Non, ils polluent pour fabriquer ce qu’on leur demande (l’exemple de renault au maroc colle très bien comme exemple). Qui demande une renault à 8000 euros ?
    D’un point de vue luttes sociales, les travailleurs-euses qui se battaient pour garder les productions sur le territoire se faisaient traiter de  »benêts effrayés par la mondialisation » alors que celle ci devait être du  »gagnant-gagnant ». C’est drôle de maintenant entendre plusieurs discours réclamer le  »made in france » (avec un relent nationaliste) contre le dumping social et environnemental des  »autres ». La CGT va voir gonfler ses effectifs !!

    Le fin du fin étant les terres rares, si ma mémoire est bonne la france a été un des derniers pays à garder cette production spécifique (avec australie ou af’ sud je crois). C’est une industrie extrêmement polluante, les chiffres d’il y a un ou deux ans donnaient 90% du marché à la chine (la chine avait brusquement augmenté ses tarifs), et ces terres rares maintenant il y en a besoin partout (précisons que ces terres ne sont PAS rares on en trouve un peu partout de différente qualité, c’est les éléments qu’elles contiennent qui sont en faible quantité), on y puise de quoi faire les semi conducteur utiles dans les systèmes électroniques, photovoltaïque, éolien, etc,… et donc à mon avis tout ce qui voudra utiliser l’électricité comme énergie sans trop de pertes en aura besoin. Donc Oualou la super voiture électrique non polluante sera très probablement un bijou de pollution à produire, et la source d’énergie qui l’alimentera (solaire ou éolienne, ne parlons plus du nucléaire), sera aussi une grosse source de pollution (pas du tout décarbonnée, pas plus que les i-phone, les GPS, et tout l’équipement de ces voitures, …).

    Pour finir sur quelques points d’accord, 1) isoler. Ben oui si c’est pas avec des produits polluants à fabriquer, issus de la filière pétrole ou ciment, ça ne peut être qu’une bonne chose. Je crois que c’est une maxime que vous utilisez:  »les énergies la moins polluante c’est celle qu’on ne dépense pas »
    2) la coopération, aussi (pourquoi mélanger ce terme à compétition, alors qu’ils sont deux visions différentes des relations ??) à lire à ce sujet, Kropotkine –  »entraide facteur d’évolution », c’est pas jeune mais toujours vrai. évidemment ce n’est pas un auteur libéral.

  5. Nicolas Meilhan
    Nicolas Meilhan says:

    Passant – relisez à nouveau le papier.

    Je parle bien de la facture environnementale globale en ne visant aucun pays – je suis d’ailleurs le premier défenseur d’une taxe sur la consommation de carbone plutôt que sur ses émissions territoriales histoire d’appliquer le principe consommateur – payeur et non émetteur – payeur.

    Sur les terres rares, on est d’accord. La Chine a tué la concurrence mondiale en les produisant à coût moindre étant donné le non respect des normes sociales et environnementales. Si on avait imposé des ré-équilibrages aux frontières, cela aurait sans doute permis d’éviter que la Chine ne produise 97% des terres rares mais aussi 80% des panneaux solaires, ou encore 80% des ordinateurs portables, voire 80% des smartphones, sans parler des 80% des vélos électriques et peut-être 80% des voitures électriques demain?

    Quand à la voiture électrique, il ne me semble pas en faire mention puisque je défends la voiture de 500 kg à 2L/100 km (je devrais peut-être préciser le poids cependant pour éviter toute confusion)

  6. Harry
    Harry says:

    La Chine arrêtera mécaniquement de produire 80% de nos produits lorsque nos niveaux de vie auront convergé. Effondrement de la conso made in China EU/US et relocalisation. En dehors de ça tout le reste revient à faire du protectionnisme. Ce qu’on aurait pu et du faire en un autre temps pour conserver nos industries et amortir le choc de la mondialisation sur les emplois.

  7. Jouve
    Jouve says:

    J’aime ce genre de discutions ,
    nous avons tous besoin d’échange pour tester nos convictions avec les autres
    Il ne faut juste pas ce braquer quand les gens pensent différemment et au contraire essayer den tirer la substance qui l’air de rien peut nous apporter un élément nouveau
    Pour en revenir à ce texte
    Il s’appuie sur l’Europe comme solution et arme pour lutter contre le commerce  » non équitable  »
    Avec comme valeureuse ambition de transformer des institutions vielles de 40 ans et qui aujourd hui montrent leurs limites
    Néanmoins plusieurs aspects semblent avoir été oublier volontairement sans doute pour coller avec les solutions proposées par l’auteur
    Afin de faire bref voici ce qui va bloquer le commerce équitable dans la configuration du monde actuelle
    La révolution numérique, robotique, énergétique mais aussi économique , climatique, idéologique, géopolitique et enfin démographique
    Tous ces paramètres vont avoir une incidence sur le monde dans sa configuration actuelle et en conséquence ne permettent pas de proposer une solution qui pourrait à elle seule régler le « shmilblik  »
    Pour ne prendre qu’un exemple de la liste
    La robotique
    le big data et l’ intelligence artificielle associés à un robot muni d’une batterie qui ne se recharge qu’en quelques secondes (comme le bus chinois présenté au monde entier il y a quelques jours ) vous permet d’obtenir un travailleur (esclave )capable de travailler 365 jours par an
    pour un prix qui baissera de mois en mois
    Combien de gens perdront leurs travail?
    Quel sera la valeur de travail de l’homme
    LE PIB calcul la valeur ajouté du travail sur lequel on mesure un taux de croissance et sur lequel on calcul un taux d’intérêt de la dette
    On se rend bien comte qu’avec un exemple tout bête le système actuel devient obsolète
    Le problème est que aujourd’hui on (le pouvoir politique) ne cherche qu à régler dès problèmes présents avec un système à bout de souffle
    J’aimerais qu’on arrête de nous mentir et que l’on nous offre une vision politique (et démocratique ) pour un avenir meilleur aussi bien pour l’homme que pour la planète qui le nourri

  8. passant
    passant says:

    @ nicolas meilhan. J’ai beau relire le papier, j’y vois une proposition de taxe aux frontières de la zone euro (ça revient à sanctionner les pays producteurs, soit par baisse de conso inter-zone euro, soit par relocalisation des productions et pollutions redevenues compétitives en zone euro. Mais, on va repolluer à la maison).
    En plus la production de terres rares n’est pas que carbonée (j’avais oublié la pollution radioactive et celle des sols est la plus problématique, un peu comme les gaz de schistes, voir wikipédia). Où je veux en venir encore une fois, c’est qu’il serait plus  »environnementaliste » et social, d’envisager d’autre modes de vie.

    J’en reviens à la voiture on va dire  »décarbonée » (pour faire plus consensuel), encore une fois pour moi une voiture à 500kg et 2l/100 (idée intéressante en soi) polluera plus qu’une de 4l/100 qui roule moins ou qui transporte plus de personne. Donc je pense qu’il faudrait mieux réfléchir en chiffre, sur une baisse de la consommation au km/pers, plutôt qu’à la production d’une voiture individuelle  »light » (une voiture de 500kg à 2L/100 de une ou deux places je pense que c’est facile à concevoir et peut être ça existe déjà. Les vielles méhari, tout en plastique en était peut être proche, sauf motorisation 🙂 ).
    Techniquement c’est facile avec la plaque minéralogique qui suit un véhicule toute sa vie. il me semble pas compliqué par exemple que le contrôle technique donne un  »quotient pollution » (calculée sur la base du test), et que ce quotient serve de base au calcul par exemple des frais kilométrique sur la déclaration d’impôt avec report de la plaque minéralogique sur la déclaration, et nombre de covitureur-euses. Une vérification à partir de la base de donnée serait facile, et plus le nombre de personne par véhicule augmente, plus cela bonifie l’imposition de toutes. Un système comme celui ci, à mon avis incite à changer la réflexion de chacun-e, en recherchant du covoiturage (réflexion collectiviste), en recherchant aussi le meilleur coeff. (réflexion  »environnementaliste »), voire en esssayant d’organiser son travail pour qu’il soit compatible avec plus de personnes (réflexion sociale). ça n’interdit pas de pondérer un bonus-malus par voiture mais il faudrait y associer des critères de lieu de production (à ma connaissance ce n’est pas le cas).
    le bonus-malus actuel c’est de l’environnementaliste bobo-libéral,  »je veux MA voiture, je peux dire que JE fais attention à l’environnement, je veux économiser MES sous » au final,  »je roule tout seul dans ma bagnole green-compatible ».

    Je vous l’avais signalé l’autre fois, mais on est pas d’accord sur la base de réflexion (et c’est pas grave), mais je pense que pour l’environnement et pour le reste il faut réfléchir dans le sens collectif, et pas seulement maintient de la situation actuelle de chacun-e, dans une production identique mais  »plus écologique » (rien ne sera résolu par la technique, mais toutes les vrais solutions peuvent être optimisées par la technique. Je précise ce point de vue pour dire que je suis pas anti-progrès 🙂 ).

  9. Nicolas Meilhan
    Nicolas Meilhan says:

    @passant

    Vous avez raison de me reprendre car je n’ai pas précisé le mécanisme d’équilibrage aux frontières de manière plus détaillée. Que ce soit un équilibrage par rapport à des normes sociales ou environnementales, le principe est que cet équilibrage, payé par le consommateur final, soit reversé au pays producteur afin qu’il puisse faire les adaptations nécessaire au point de vue social ou environnemental et accélérer la convergence vers des normes mondiales. Cela permet de rendre plus compétitifs les produits made in France créant de l’emploi local tout en finançant un nivellement vers le haut des normes sociales et environnementales.

    Sur la mobilité, j’ai bien peur que nous soyons plus d’accord que vous ne le pensiez 😉 Voici un résumé des solutions que je propose:

    En images:
    http://fr.slideshare.net/NicolasMeilhan/quelle-est-la-mobilit-du-futur

    Avec l’explication de texte:
    http://leseconoclastes.fr/2015/03/quelle-est-la-mobilite-du-futur/

    Je suis pas ailleurs un grand fan des low-techs de Philippe Bihouix dont je vous recommande le livre!
    http://fr.slideshare.net/NicolasMeilhan/quelle-civilisation-techniquement-soutenable-de-philippe-bihouix

  10. passant
    passant says:

    Effectivement, envisagé sous cet angle (de la redistribution), je crois qu’on sera d’accord – sur des projets réellement de hausse des qualités sociales et environnementales dans les pays producteurs – et pas rendu aux états sans suivi de l’utilisation). Bon, je pense aussi que vous devez être considéré comme utopiste avec ce genre de proposition, puisqu’il faudrait un accord politico-commercial sur la mesure, puis un accord politique sur l’utilisation des sommes reversées, … mais je trouve l’idée intéressante dans la société actuelle et côté utopie(s) ça nous fait au moins 1 point commun 😉

    Tout à fait d’accord sur le low tech, mais du coup c’est plutôt dans ce sens que je vois un potentiel de sauvetage des sociétés actuelle (ce qui ne me ravirait pas, je préfèrerai un effondrement total, politique et économique, afin qu’on soit obligé de tout reconstruire à la base (comme l’exemple de cuba pour le pétrole, donné dans vos commentaires du précédent article) et ainsi se débarrasser de tout les intermédiaires néfastes: financiers, petits chefs autoritaires, normalisateurs ignorants et asservis aux lobbys, etc…, etc…, etc…
    en reorientant R&D vers des solutions de basse technologie, faiblement industrialisés (pour multiplier les sources possible d’innovation  »simplifiante » ), c’est un vivier d’emplois, de baisse des coûts en relocalisant on va éliminer des intermédiaires (importation, distribution,..), c’est plus souple (plus facile d’adapter des petites unité de production qu’une grosse usine, les friches industrielles en témoignent). malheureusement je pense pas qu’on en prenne le chemin.

  11. Bruno
    Bruno says:

    Excellent article, très clair.
    Par contre à part le FN et peut être certains souverainistes, personne ne s’oppose au libre échange et ne propose du protectionnisme… Quel relais politique voyez vous pour porter ce constat pourtant largement partagé (Montebourg, Todd, Sapir, …) ?

  12. jpj
    jpj says:

    Le conditionnel aurait, je pense, été plus prudent dans cet article. Il y a de moins en moins de logiques. L’espoir fait vivre mais les réalités sont extrêmement dures. Concernant le FN, attention aux promesses! Ils feront comme les autres politiques i.e ce qu’on leur dira de faire.

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