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Vaut mieux être Américain en bonne santé qu’Européen et malade, voir pire, une banque

En général avant d’écrire cette chronique, je me lève très tôt et je lis. Je lis beaucoup et je gamberge. Je me pose des questions et j’essaie de mettre en forme ce que je vais écrire dans ma tête. Ce qui n’est pas toujours simple à 4 heures du matin. Néanmoins, ce matin, dès mon réveil je me suis dis : « tiens, ce matin je vais essayer de ne PAS utiliser le mot « BREXIT » dans le texte ».

Ben, laissez tomber, c’est pas possible.

Mais alors pas possible du tout, à tel point que je me demande bien de ce que l’on parlerait si le BREXIT n’avait pas existé. À la limite, ça a été inventé par les médias et les chroniqueurs boursiers pour avoir un truc à dire pendant l’été, alors que tout le monde est bien plus préoccupé par Wimbledon, l’Euro 2016 et le peaufinage du bronzage AVANT les vacances.

Hier il y a eu deux marchés.

Tout d’abord l’Europe qui s’est reprise une baffe dans les dents pour les mêmes raisons que la veille, qui a mis une ambiance pourrie dès le matin et qui a tiré les USA à la baisse pour l’ouverture, tant et si bien que l’on pouvait réutiliser le fameux titre d’hier en caractère gras avec plein de points d’exclamation – le DOW JONES EST EN BAISSE DE 100 POINTS, oh my god, oh my god, oh my god, ah oui, 100 points ça fait 0.56%, alors c’est pas si grave – et puis les Américains se sont rendus compte que leur ISM n’était pas si mauvais, au contraire et que, finalement le BREXIT on s’en tape car on a le secteur Healthcare et Biotech qui tire tout le monde à la hausse. Du coup, dans la seconde partie de journée, les Ricains nous ont retourné le marché et ils terminaient en hausse. Malheureusement les Européens étaient rentrés à la maison et ne pouvaient pas en profiter.

Telle a été cette journée en Suisse et dans le monde à notre connaissance, Mesdames et Messieurs.

Mais revenons à nos moutons Européens. Avant-hier nous nous étions pris une double claque dans les gencives parce que trois fonds immobiliers avaient suspendus leurs rédemptions à cause qu’ils n’avaient plus de cash et qu’ils n’avaient 1) pas le temps de vendre 2) que plus personne ne veut acheter de l’immobilier commercial en Angleterre.

Mardi c’était 3 fonds, hier c’était trois de plus. Cette fois c’était Henderson, Columbia Threadneedle et Canada Life. Actuellement, plus de la moitié des dix plus gros fonds du secteur sont fermés aux remboursements (temporairement il paraît) et je ne vois pas pourquoi le reste resterait ouvert plus longtemps. Il faut donc s’attendre à que ça se complique encore un peu plus. Psychologiquement en tous les cas.

D’un côté nous avons donc ces histoires de fonds et de l’autre nous avons des articles dans tous les coins qui nous prédisent la fin du monde en Angleterre et que depuis deux semaines, TOUS les secteurs de l’économie sont debout sur les freins, plus personne ne consomme et tout ralentit, sauf la fin du monde qui approche à grande vitesse.

Et puis il y a les banques.

Les banques commencent à se trouver dans une situation délicate. On vient subitement de se rendre compte que les « taux zéro » ne les arrangent que très moyennement et que le fait que Carney soit en train de chauffer tout le monde avec la baisse des taux à venir la semaine prochaine, laisse supposer que la tempête dans laquelle le secteur se trouve n’est pas encore terminée. On n’en parle pas souvent dans cette chronique, mais quand on regarde le prix des actions bancaires en Europe, ça commence à faire froid dans le dos.

Je vous passe le bilan des banques italiennes qui sont en train de se traiter come des « penny stocks » aux USA, mais si l’on regarde le secteur en Angleterre, c’est un bain de sang total. Le prix de la Lloyds a été divisé par deux en 1 an, Barclays, pareil et Royal Bank of Scotland par trois. Évidemment que depuis le BREXIT, ça ne s’est pas arrangé. Mais ailleurs ce n’est pas mieux. Le Crédit Suisse valait 28 francs l’été passé, hier il se traitait à 9.90, UBS se traitait à 22.50 CHF, il y a un an et ce matin ça ne vaut même pas 12. En Allemagne, la Deutsche Bank est passée de 33 euros à 11.50, la Commerzbank de 13 euros à 5.40. Finalement, en passant de 60 à 38, la BNP s’en sort le moins mal, pendant que la SocGen est divisée par deux. Finalement, avec le pétrole qui se faisait démonter en début d’année, on pensait que les pétrolières finiraient toutes en « chapter 11 » (en faillite), mais finalement, les banques sont peut-être plus à risque que les pétrolières…

On est donc au top niveau motivation dans le secteur. Et puis surtout, si l’on part du principe que les banques se font et se feront défenestrer tant que les taux sont à zéro ou pas loin, on n’est visiblement pas encore sorti de la salle des coffres.

En conclusion, hier l’Europe avait mal à son BREXIT, mal à ses banques et mal à ses fonds immobiliers et il n’y a pas de raison que ça s’arrête. En tous cas au niveau des banques. L’indice anglais terminait en baisse de 1.25% pendant que l’Allemagne reculait de 1.67% et la France de 1.88%.

Aux USA, on commence à être fatigué de l’Europe, on recommence donc à se regarder le nombril et on se rend compte que les chiffres économiques ne sont pas si mauvais – en attendant les Non-Farm Payrolls de vendredi – on s’est également rendu compte que les Minutes du FOMC meeting laissent entendre qu’il est urgent d’attendre et que l’on n’est de moins en moins convaincu que Janet va remonter les taux en 2016, il y a même un village d’irréductibles optimistes ou pessimistes, c’est selon, qui pensent que la FED va même devoir re-baisser les taux d’ici la fin de l’année, ce qui va sûrement arranger les bidons des banques.

On retiendra également que dans les Minutes de la FED, ces derniers veulent trois choses pour remonter les taux :

1) Une confirmation que la croissance gagne de la vitesse (ne pas rire)
2) Une création d’emplois suffisante (pas comme en mai)
3) Et une inflation qui est à 2% (penser à un truc triste pour ne pas rire)

En gros, si l’on se base là-dessus, il ne semble pas évident d’envisager une hausse des taux avant l’ouverture du tunnel sous la rade à Genève.

Le S&P500 termine donc sa soirée en hausse de 0.55%, juste une poussière en-dessous des 2100 après avoir fait un magnifique renversement de tendance qui a dû en prendre plus d’un à contrepied. Le Dow Jones, quant à lui, lui qui baissait de 100 points au pire moment de la journée, il termine en hausse de 78 points, mais ça, personne n’en parle. Le rendement du 10 ans US a touché un plus bas historique durant la séance d’hier, offrant un rendement de 1.33%, ça va mieux ce matin, c’est carrément Byzance vu que nous sommes à 1.37%.

L’or ne fait rien à 1370$ et le pétrole remonte une bricole mais sans grande conviction. Ce matin le baril se traite à 47.59$. Le Japon recule de 0.3%, le Hang Seng remonte de 0.7% et la Chine est en baisse de 0.5%.

Côté news passionnantes du matin, S&P vient de downgrader l’Australie de AAA Stable à AAA Negative, ce qui demande une montagne de boulot et un courage sans précédent. Pendant ce temps, la Livre remonte un peu après avoir touché un nouveau plus bas. Ce matin le Sterling se traite presque à 1.30, en hausse de deux figures depuis 24 heures. Et puis une nouvelle comme je les aime ; on s’autorise à penser, selon une source du dossier qui veut rester courageusement anonyme (à cause de la confidentialité du dossier), que Danone serait sur le point de mettre 10 milliards sur la table pour racheter l’américain WhiteWave Foods qui fait des yaourts. La prime payée serait entre 10 et 20% par rapport au closing d’hier. Le FT nous apprend également que plusieurs Hedge Funds et plusieurs fonds de Buyout sont en train de « regarder pour quitter Londres », si jamais, il y a des bureaux vides à Genève, je crois – en plus ça sera plus facile de les suivre depuis là…

bailout

Jim Chanos, célèbre « Short Seller » a déclaré hier sur CNBC que Tesla lui rappelle fortement Valeant. Il base son analyse sur le fait que 8 « top executives » ont quitté Tesla cette année et que la dernière fois qu’un tel exode s’est produit, c’était chez Valeant. De plus le rachat de SolarCity par Tesla et tous les problèmes de gouvernance que cela soulève, le conforte dans son opinion négative. Dans le Barron’s PIMCO publie un publi-reportage et estime qu’une tempête s’approche du marché immobilier américain.

Côté chiffres économiques, nous aurons la Production Industrielle Allemande, le Current account en France, ainsi que le Trade Balance, le CPI en Suisse, la Production Industrielle et manufacturière en Angleterre, puis le Challenger Job Cuts aux US, suivit des inventaires pétroliers version EIA.

Pour le moment les futures ne font rien, l’Asie est partagée entre vert et rouge, l’Euro/Dollar est à 1.11, le Yen flirte toujours avec la barrière des 100 à 100.97, la Livre teste les 1.30, le Dollar/Suisse vaut 0.9743, l’Euro/Suisse est à 1.0815 et le Bitcoin est à 634$

 

2 réponses
  1. Mpf
    Mpf says:

    Quand on voit surtout le cours de Deutsche Bank et l’exposition à des trilliards en produit dérivé, on se demande comment elle tient encore…

  2. Emmanuel
    Emmanuel says:

    C’est ca l’Europe.
    La grosse merde Barosso, une ordure sans scrupule, va travailler pour GS.
    Et oui la banque du maquillage des comptes de la grece recrute cette merde.
    Alors apres le Brexit a qui le tour.
    Le jour ou la colere des peuples va vraiment se dechainer la tete de barosso finira au bout d’un pic.
    Et oui contribuables europeens vous payez des a present la retraite a 1 million d’euros de cette bouse, de cette nerde.

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