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Invasion des Pokemon Go : seul « Stockdor » peut encore vaincre « Grandreset » !

Le 14 juillet 2016, s’est imposé comme un vrai jour de fête planétaire pour les marchés : le feu d’artifices de records annuels (à Londres, Toronto, Taipeh, Nasdaq…) ou historiques (Dow Jones, S&P500) n’a rien à voir avec une co-célébration transatlantique de la Révolution française mais tout à voir avec les préparatifs d’une séance des « 3 sorcières ».

C’est donc un hasard du calendrier (et des échéances sur les produits dérivés) qui a fait coïncider une 6ème séance de hausse des marché (et une 4ème de record absolu de clôture pour le S&P500) avec notre fête nationale.

Nous pouvons observer en outre que l’arrachage des indices boursiers mi-juillet est devenu un phénomène récurrent depuis 2011 : la seule exception remonte à l’été 2012 où les préparatifs de la pause estivale furent gâchés par un Enième épisode de la crise grecque.

Un épisode orageux bien rattrapé par un « whatever it takes » de légende qui finit par priver les épargnants de rémunération, en l’échange du privilège de devoir financer des Etats incapables de rembourser leurs dettes.

La planche à billet de la BCE a donc instauré un éternel printemps sur les marchés, ponctué comme il se doit par un été de carte postale depuis 2013 : ce fut également ambiance Ibiza en 2014, 2015 et donc 2016.

N’oublions pas que 2 précédents sommets historiques furent inscrit le 17 juillet 1998 puis le 16 juillet 2007. Tiens, 9 ans séparent ces 2 pics majeurs… et 9 ans plus tard, nous voici au zénith un 15 juillet.

Pour y parvenir, il aura fallu pas moins d’un Brexit, puis une succession de chiffres calamiteux au Japon (lesquels conduiront le gouvernement de Shinzo Abe à réduire son objectif de croissance 2016/2017 par deux, et d’inflation par trois le 13 juillet).

Sans oublier la montée des tensions géopolitiques en mer de Chine, histoire pour Pékin de faire oublier au bon peuple l’effondrement de ses exportations (-8,8% en juin) et la liquidation de sociétés d’état en faillite que les banques locales n’ont plus les moyens de maintenir en survie artificielle (le montant des créances douteuses accumulées depuis 2008 serait compris entre 12 et 15% de leurs encours).

Et les places européennes aligneront 6 séances de hausse consécutives sur fond de situation de crise des banques italiennes (le FMI révisant à zéro les perspectives de croissance du pays) puis de contraction de la production industrielle en Allemagne… et dans la plupart des pays de l’Eurozone en juin (France exceptée).

Face à une toile de fond macro-économique digne de l’immédiat « after Lehman », les investisseurs affichent une complaisance qui donne le vertige avec un indice de stress (VIX) retombé sur un plancher historique de 12,6 le 14 juillet à Wall Street.

Il est toujours compliqué d’expliquer ce genre de miracle à des investisseurs peu familier des prodiges de la shooteuse monétaire et une bonne métaphore vaut parfois beaucoup mieux qu’un long discours.

Il se trouve que l’actualité récente nous procure de quoi illustrer la façon dont le système financier à « liquidité augmentée » dysfonctionne.

Vous avez certainement eu vent du carton interplanétaire réalisé par Nitendo et Niantic avec une évolution -et une vraie révolution- du jeu vidéo Pokemon qui permet de disputer sur le lieu même où se trouve le joueur des parties de chasse aux Smogos, Fantominus, Psykokwaks, et autres Pikachu par le biais de n’importe quel smartphone (le jeu peut être téléchargé sous IOS (Apple), Androïd (pratiquement toutes autres marques)).

« Pokemon Go », c’est le 1er jeu de « réalité augmentée », ce qui ne veut pas dire grand-chose… car il s’agit en fait de l’introduction de créatures virtuelles (sur l’écran du smartphone) dans un environnement bien réel (cartographié par Google Maps) qui va de la Tour Eiffel à Central Park, en passant par Piccadilly Circus, le Colysée, Harbor Bridge (Sidney), la Place Rouge, etc.

Dès que le joueur est géolocalisé -et qu’il se trouve dans un endroit modélisé en « 3D » par Google Map-, la partie peut commencer et elle se déroule dans notre univers bien réel, lequel se retrouve rempli de créatures virtuelles (il en existe des centaines mais qui ont un rapport thématique avec le lieu où la partie se déroule) à capturer à la volée pour accumuler des points.

Et voilà où se situe l’analogie avec les « marchés en liquidité » augmentée : tout comme dans Pokemon Go ceux qui ont pu télécharger l’application « la Banque Centrale me gave de liquidités » peuvent acculer des milliers de points d’indices boursiers ou obligataires en « capturant » des éléments virtuels superposés à notre réalité économique… mais qui une fois qu’on lève les yeux des écrans n’ont aucune existence concrète dans « la vraie vie ».

Ceux qui disposent de l’application Pokemon Go, version « le monde magique de la finance » peuvent donc gagner des milliers de points -aussitôt convertis en « printed money », alors que dans le monde réel, il ne se passe strictement rien d’excitant ni de favorable pour ceux qui se battent pour s’en sortir.

Les privilégiés qui disposent de la bonne connexion avec le logiciel-source de la banque centrale se régalent : ils se voient proposer une infinité de Pokemon qui surgissent du décor (et que personne d’autres qu’eux n’aperçoit).

Ils ont pour nom :

  • « Goldilocks » : c’est le Pokemon qui allie une croissance désespérément paresseuse (d’où la mise en œuvre des « QE ») et des taux éternellement nuls ou négatifs (c’est ça ou la faillite)… c’est le plus puissant de tous, il rapporte 1.000Pts d’indice.
  • « alignement des planètes » : c’est le Pokemon où ce sont surtout les zéros qui s’alignent sur le compte du joueur tandis que pour le citoyen lambda, c’est zéro croissance, zéro inflation, zéro création d’emploi, zéro hausse du pouvoir d’achat. Il peut être renforcé par le Pokémon « çavamieux » qui procède du même illusionnisme économique : il rapporte 500Pts d’indice.
  • « Sharebuyback » : c’est le Pokemon qui s’autodévore et à mesure qu’il s’auto-digère se croit rassasié, il rapporte également 500Pts car il atteint parfois la taille d’un « QE ».
  • « Mieukeprévu » : c’est le Pokemon qui apparait tous les 3 mois, quand les résultats des entreprises se dégradent mais que tous les analystes tentent de nous faire croire qu’un « çavamieux » va apparaître. Il ne rapport que 100Pts d’indice mais il se multiplie presque à l’infini : à force de les additionner, cela finit par rapporter des milliers de points.
  • « Troissorcière » : c’est le Pokemon qui autorise toutes les manipulations indicielles avec la bénédiction des autorités de marché qui mettraient mille ans à décrypter les magouilles algorithmiques permettant de créer de fausse tendances haussières ou baissières avec une mise de fond ridicule. Un non-initié, du nom de Michael Coscia, avec son petit ordinateur et son petit fonds sans envergure baptisé Panther Trading a tenté de se glisser dans la meute des grands manipulateurs : il a été vite démaqué aussitôt et condamné, le genre de mésaventure qui ne risque pas d’arriver aux très gros.
  • La liste de Pokemon ci-dessus n’est pas exhaustive ( « Algorithm », « Spoofing », « HFT » sont également devenus célèbres et très puissants) et vous en aurez peut-être identifié qui nous auraient échappé.

Leur point commun est de constituer une excuse pour faire grimper artificiellement les indices quand il ne se passe rien de positif dans le monde non virtuel… avec cette touche de magie qui fait tout leur charme : les causes virtuelles se transforment en gains très réels tandis que les non joueurs se font plumer.

Parmi les avantages collatéraux conférés par l’éligibilité à l’application « Pokemon Go, liquidité augmentée », il y a la possibilité faire accourir un Manuel Barroso, de s’assurer la bienveillance d’Hillary Clinton, de placer plusieurs obligés à la tête de différentes banque centrale et d’obtenir qu’ils fassent tout comme on le leur demande, de contrôler les plus grand médias pour que public s’extasie ou capitule devant « çavamieux », « Goldilocks », « Mieukeprévu »…

Mais à la fin, soyez-en surs, il se feront tous dévorer par « Grandreset ».

Seul « Stockdor » est capable de lui résister… et c’est notre favori.

Ph Béchade

3 réponses
  1. Paul
    Paul says:

    Hahaha merci M. Béchade pour cet article aussi drôle qu’informatif^^ moi je rajouterais:

    « BodyLanguage » = Pokémon spectre gravitant autour de Mme Yelen, et dont les analyses fines permettent au marché de s’emballer (ou pas)

    « Fauplusdeuro » = l’idée qu’une monnaie commune appliquée à des zones aussi disparates que l’Allemagne et la Grèce va nous sauver même si ça empêche la France de dévaluer sa monnaie pour être compétitive ainsi qu’elle l’a toujours fait mais c’est pas grave, les entreprises vivent d’amour et d’eau fraiche.

    « Météo » = Pokémon tour à tour roche, feu, eau, plante… Tout quoi, c’est la Nature. Sempiternelle excuse aux mauvais chiffres.

    La liste ne demande qu’à être complétée !

  2. geof'
    geof' says:

    bonjour, bonsoir,
    on est encore plus nettement dans la spé-cul’ , cette forme de haine qui ne peut dire son nom…
    Y aura-t-il assez de piques pour toutes ces têtes ?
    Geoffrey, communiste belge, humble devant Dieu, fier parmi les hommes

  3. sassy2
    sassy2 says:

    bonsoir,
    le vix ne veut plus rien dire étant donné qu’il est surement traité par la fed.

    merci pour les 9ans. vous me faites penser à Jessee livermore rivé sur le ticker, le ruban emmagasinant les chiffres ou les istuations.
    Pour moi, cette situation post brexit (cauchemardesque pour un fonctionnaire anglais ou europeen) est pour le marché comme l’apres fukushima
    (un truc improbable dont on n’ignore les conséquences totalement) : la baisse s’est faite ensuite, les BC servent à ça.

    pokemon/ Ce que vous décrivez n’est pas rigolo, et vous le savez.
    C’est la vérité. A l’époque d’efarm et co, un jeu addictif ou on élève des animaux et ou l’on gagne de la monnaie zynga (..)
    Max Keiser avait déjà parlé de « casino goulag  » (le casino dont nous sommes les prisonniers, dirigé par la FED, dont on ne peut sortir (=effet d’eviction sur tout))

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