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Quel programme économique pour la France en 2017?

La situation économique et sociale de la France a atteint aujourd’hui un point critique. Non seulement la désindustrialisation y fait des ravages, mais le chômage de masse menace de faire basculer notre pays socialement dans un retour au XIX siècle (ce qui est même théorisé par certains) et politiquement dans l’anomie. Seule, une forte croissance peut permettre au pays de surmonter les problèmes politiques auxquels il est confronté et d’affronter les défis des prochaines décennies. Car, ces défis sont multiples. Il s’agit à la fois de mettre fin au chômage de masse[1], de préserver notre modèle social hérité de la Libération de 1945 (et qui est attaqué tant par François Fillon que par Emmanuel Macron ou Manuel Valls), mais aussi de réaliser des avancées nécessaires et urgentes dans le domaine écologique. Il faut une croissance forte, mais une croissance qui profite à tous !

Le travail d’un économiste n’est pas celui d’un homme (ou d’une femme) politique. Il consiste à indiquer ce qui est souhaitable en restant dans le cadre de ce qui est possible. C’est en particulier le cas en année électorale. C’est donc le but des lignes qui suivent.

 

I. La nécessité d’un impératif de cohérence en matière de politique économique

Cet objectif impose à tous ceux qui y souscrivent un effort de cohérence. Aujourd’hui, la question du coût comparé du travail et de la protection sociale entre la France et d’autres pays est une question centrale. Soit, comme M. François Fillon (mais aussi François Hollande et Manuel Valls), on opte pour un retour vers le XIX siècle[2], avec une baisse des salaires et un démantèlement du droit du travail (la fameuse loi El Khomri) et de la protection sociale, soit on rompt avec le système de contraintes qui aujourd’hui emprisonne l’économie française. Ces contraintes sont connues. Elles sont, pour partie, le produit des orientations de la politique de l’Union européenne, ce que l’on appelle les GOPE. Elles sont, pour une autre partie, le produit soit direct, soit indirect, de la monnaie unique. Un exemple le montre bien : l’évasion (et la fraude) fiscale des entreprises équivaut à peu près aujourd’hui au déficit budgétaire. Or, il n’est pas possible de lutter contre cette fraude dans une situation de libre circulation des capitaux. Aujourd’hui, le gouvernement dépense, en matière budgétaire, plus que le déficit pour soutenir les entreprises. Mais, ce soutien n’est nécessaires, dans sa forme actuelle, qu’en raison de l’écart de compétitivité que nous impose l’Euro, qui pénalise la France de plus de 20%[3] par rapport à l’Allemagne, par exemple.

Il n’est pas, il n’est plus, possible de penser la croissance économique, et l’effort nécessaire pour une ré-industrialisation de notre pays dans le cadre de la monnaie unique, l’Euro. Cela, de nombreux économistes ne cessent de l’écrire, tels dernièrement Oliver Hart[4], Christopher Pissarides ou Joseph Stiglitz[5] ci-devant Prix Nobels, ou encore Peter Bofinger[6], Heiner Flassbeck, Hans Werner Synn, ou Alfred Steinherr[7] en Allemagne, Brendan Brown, Rendall Wray et Mark Weisbrot dans le monde anglo-saxon. Il faut donc impérativement en sortir, et le plus vite sera le mieux. Mais, une sortie de l’euro ne saurait à elle seule suffire pour engendrer le choc de croissance qui est aujourd’hui indispensable pour l’économie, et au-delà pour la société, française. Il convient donc de penser de manière organisée ce à quoi conduira la récupération par notre pays de sa souveraineté monétaire et économique.

Il faut donc retrouver la souveraineté, et en particulier la souveraineté monétaire, pour la mettre au service de la croissance, adopter les mesures qui feront que cette croissance profite à tous, inscrire cette croissance dans la transition énergétique, et faire en sorte qu’elle s’appuie sur un tissu riche en entreprises. Cela impliquera de mettre la finance au service de l’économie réelle, et de viser, par la croissance, à un équilibre des comptes publics et sociaux. Enfin, il faut donner une priorité à la protection des travailleurs indépendants contre les menaces d’une « Ubérisation » du travail et mettre fin au scandale du RSI.

Cela dessine les grands traits de ce que devrait être le programme économique pour la France, un programme sur lequel il serait possible de se rassembler. Ce programme doit avoir une cohérence, et les diverses mesures se renforcer réciproquement.

 

II. Faire de la souveraineté, l’instrument d’un retour de la croissance.

La nécessité pour la France de recouvrer sa pleine souveraineté s’impose. En économie, elle passe à la fois par l’établissement de réglementations particulières se substituant aux réglementations européennes et par la souveraineté monétaire. Il faudra réaffirmer la primauté des lois françaises sur les directives européennes, quitte à provoquer des ruptures importantes dans la lettre comme dans la forme des traités existants. Cette réaffirmation de la souveraineté pourrait passer par un référendum, établissant qu’en France seules comptent les lois prises par la Parlement, et les décrets qui les accompagnent. On peut aussi imaginer un référendum sur une sortie de l’UE, référendum qui cependant ne serait possible que si il indique les formes de coopérations entre les pays européens auxquelles on veut aboutir. Notons cependant qu’il convient de disjoindre la sortie de l’euro de la question de l’Union européenne. Une sortie de l’euro est l’équivalent de « l’opting out » qu’ont obtenu de nombreux pays de l’UE. Elle ne remet pas en cause l’UE et ne doit pas être liée à un quelconque référendum, mais appliquée d’emblée. Quelles que soit le scénario aboutissant à la sortie de l’euro et à la dissolution de l’UEM (Union Economique et Monétaire connue sous le nom de « zone Euro »), ces dernières sont primordiales. Il sera dès lors important et nécessaire de mettre la souveraineté monétaire retrouvée au service de la croissance.

Cette souveraineté monétaire permettra alors de prendre les mesures suivantes :

  • Pratiquer une remise à niveau des taux de changes respectifs entre la France et les autres pays (en priorité l’Allemagne) pour reconstituer des marges de compétitivité.
  • Modifier le statut de la Banque de France (BdF), tout d’abord par décret, puis dans le cadre d’une loi générale, afin qu’elle puisse prêter à l’économie mais aussi, dans certaines limites à l’Etat. Le mécanisme des prêts, soit directs soit indirects de la BdF permettra de maintenir les taux d’intérêts à un niveau bas pour les entreprises et les ménages. En particulier cela permettra le Financement de l’investissement des entreprises à des taux préférentiels avec l’aide de la BDF. L’ensemble des dispositifs facilitant le crédits et le financement des PME/PMI seront consolidés avec un principe de « guichet unique » dans une banque (successeur de la BPI) dont les obligations seront réescomptable à taux privilégiés par la BdF.
  • Le retour de la BdF sous l’autorité du Trésor et du Ministère des Finances, dans le cadre d’un Conseil National du Crédit modernisé qui sera placé sus l’autorité du Ministre des finances, permettra aussi de procéder rapidement à une réforme générale du système bancaire, que ce soit par la séparation des fonctions de banques de dépôt et des fonctions de banques d’affaires, le contrôle strict des banques de dépôt par l’Etat comme contrepartie de la garantie publique sur les dépôts, et la création d’un nouveau cadre juridique réglementant strictement les opérations de prise de contrôle (LBO), mais aussi les actifs bancaires.
  • Le CNC émettra des directives pour les banques de dépôts mais aussi pour la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), afin que l’épargne française soit utilisée prioritairement pour les besoins de l’économie en France, qu’il s’agisse du financement de la construction de logements, de grandes infrastructures, ou du développement des entreprises.
  • La garantie sera étendue aux principaux placements d’épargne des français, comme l’assurance-vie, mais aussi l’ensemble des dépôts à vue des particuliers et des comptes de trésorerie des entreprises, ainsi que pour les systèmes d’épargne.

Cette souveraineté monétaire s’accompagnera d’une souveraineté économique générale, qui impliquera une redéfinition de nos coopérations avec les pays de l’Union européenne dans le cadre d’une réécriture des traités. Dans le cadre de ces nouveaux traités, qui consoliderons des mesures prises directement par décret par le gouvernement français, on se donne comme priorités :

  • Une modification immédiate de la lettre des traités concernant les versements au budget de l’UE pour arriver à une égalité entre les déboursements et les versements européens. La France cessera de reconnaître la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) pour passer par des négociations bilatérales ou multilatérales.
  • L’extension à tous les travailleurs des cotisations sociales et du salaire sur la base du droit français afin d’éviter le scandale des « travailleurs détachés » ; ceci entrainera la fin effective de la directive européenne concernant ces travailleurs détachés.
  • Une réglementation générale de l’économie précisant quelles sont les industries où le capital étranger devra demander une autorisation préalable pour investir, quelles sont les entreprises ou les investissements étrangers seront soumis à contrôle à posteriori et quelles sont les entreprises qui seront ouvertes sans restrictions (autres que celle du droit commun) aux investissement étrangers.
  • Une renationalisation des infrastructures en réseau avec la réunification de ces dits réseaux et des opérateurs historiques (SNCF, énergie, réseau d’autoroutes).
  • La mise en place d’un programme dit « Coq bleu » (inspiré du label Blue Eagle du New Deal du Président Roosevelt), si elles respectent des règles sociales (sur le niveau et la hiérarchie des salaires et des rémunérations, le respect des conditions de travail, les pratiques de négociation collective) entrepreneuriales (avec un code de la « bonne gouvernance » donnant aux salariés un droit de regard sur la gestion des entreprises afin de compenser celui des actionnaires) et écologiques, permettant aux entreprises de bénéficier de conditions de financement particulières et de pouvoir participer aux appels d’offres de l’administration.
  • Plus généralement, un audit des réglementations européennes pouvant conduire à la suspension de certaines d’entre elles si elles conduisent à la mise en péril et au démantèlement d’entreprises considérées comme stratégique pour la sécurité physique et économique des français.

Par ailleurs, la souveraineté économique implique de rendre l’information obligatoire sur les pays de fabrication des produits. Cela conduira à la constitution d’un label Fabriqué en France, de règles particulières dans l’agriculture. Le label Fabriqué en France sera réservé pour les produits fabriqués à 100% en France. La distribution de ces produits bénéficiera d’aides sous la forme de crédits à taux inférieurs au marché. Un label dit « Coq Bleu » distinguera les entreprises prenant des engagements sociaux, de formation, et de respect de l’environnement. Ce label ouvrira le droit à bénéficier de diverses aides, qu’elles soient financières ou en terme de priorités d’accès aux marchés publics.

 

III. Une croissance qui profite à tous.

La croissance devra être orienté vers les activités possédant le plus grand pouvoir d’entraînement sur l’économie, mais aussi le plus grand potentiel d’amélioration de la situation de nos concitoyens. Cela impliquera, dans le même temps ou la souveraineté monétaire sera reconstituée, que l’Etat oriente ses investissements et ses aides à l’investissement vers :

  • Les secteurs à forte externalités positives, comme les infrastructures (transport, logement, traitements des déchets et des eaux). Les marchés publics seront réservés aux entreprises produisant depuis le territoire si l’écart de prix est inférieur à 25%. Les entreprises disposant du label « Coq Bleu » y auront un accès privilégié.
  • Garantir la continuité des services publics, qui sont essentiels pour la survie et le développement des territoires, et en particulier de ceux dits « périphériques ». Une loi organique (voire une modification du Préambule de la Constitution) sera aussi rédigée pour consolider légalement le statut de ces services publics.
  • Les secteurs à haut potentiel technologique, et en particulier sur les filières naissantes (comme les panneaux solaires, la technologie des voitures à pile à combustibles) et dans l’agriculture via le soutien au développement des bio-techs et des biomatériaux.
    • Les activités permettant de réaliser la substitution aux importations. Les administrations s’engageront à acheter un produit « Fabriqué en France » si le coût n’excède pas 10% du produit équivalent. Les entreprises privées qui appliqueraient la même règle seraient éligibles au programme « Coq bleu ».
    • Les activités garantissant la souveraineté comme dans la défense, l’électronique, la sécurité informatique et la protection des réseaux.
  • Le développement des industries du secteur de la santé constituera une priorité, sur la base de l’expérience en cours dans le district industriel Lausanne-Jura Suisse et les entreprises innovantes de ce secteur pourront bénéficier de prêts spécifiques par la banque successorale de la BPI.

La croissance retrouvée doit se faire dans un cadre qui permette des améliorations écologiques, non seulement du point de vue des émissions de carbone mais aussi de celui de la qualité de l’air, du traitements des déchets, de la récupération et réutilisation des matériaux, de la protection des nappes phréatiques et d’une moindre utilisation des pesticides. Ceci impliquera les mesures suivantes :

  • Un programme général d’équipements capables d’assurer la transition énergétique sera mis en place avec des aides publiques, soit au développement soit à l’achat, pour les panneaux solaires, les hydroliennes, les véhicules à piles à combustible (véhicules collectifs pour les régies de transport urbain, véhicules individuels), mais aussi pour la construction et la rénovation de logements aux normes d’isolation. Le matériel produit par des entreprises ayant le label « Coq Bleu » bénéficiera d’une TVA à taux réduit.
  • Un plan de réduction progressive des émissions de carbone et de l’ensemble des rejets toxiques devra être établi par toutes les entreprises. Les entreprises qui s’engageront sur des objectifs plus ambitieux ou plus rapides bénéficieront du label « Coq Bleu ». Les produits étrangers dont les conditions de production ne satisferaient pas à ces normes seront alors taxés au prorata de la quantité de carbone ou de déchets toxiques émis au-delà des normes françaises.
  • L’agriculture sera aidée pour réduire progressivement sa dépendance aux engrais et pesticides, dans l’objectif d’une forte réduction pour les cinq ans à venir, et d’une agriculture « 0 OGM ». La grande distribution se verra contrainte de réserver dans ses magasins une surface de 10% du total pour des collectifs de producteurs. L’Etat contrôlera les centrales d’achat afin de s’assurer qu’elles rémunèrent les producteurs à des prix corrects. Un label « Coq Bleu agricole » sera institué pour distinguer les exploitations pionnières en matière de réduction des engrais et pesticides et de promotion de productions de qualité. Il ouvrira les mêmes droits et avantages que le label « Coq Bleu » industriel.
  • Dans chaque région sera constitué un forum d’échange et d’expérimentation entre les entreprises de l’agriculture, les entreprises de transformation des produits agricoles et les entreprises du secteur des bio-techs afin de trouver les formes optimales de valorisation des productions agricoles.

IV. Une croissance riche en création d’entreprises

Le développement de l’activité économique, s’il repose en partie sur des entreprises de grande ou de très grande taille, repose aussi, et même principalement sur un tissu de petites et moyennes entreprises, et en particulier d’entreprises innovantes. C’est par une évolution de la fiscalité, mais aussi des conditions de financement (avec la banque successorale de la BPI) que l’on entend apporter une aide importante au développement de ce tissu d’entreprises. Parmi les mesures envisagées, il faut retenir en priorité :

  • Baisse de la fiscalité excessive sur les PME (en corrélation avec une meilleure surveillance des schémas dits « d’optimisation fiscale » pour les grandes entreprises).
  • Modification de l’ISF.
  • Favoriser la recherche privée et augmenter les moyens de la recherche publique.
  • On cherchera aussi à favoriser, en particulier pour les TPE et les PME le contrat d’apprentissage, afin d’assurer à des centaines de milliers de jeunes une formation qualifiante dans l’entreprise.
  • Défiscalisation des heures supplémentaires dans une limite raisonnable avec progression simple au-delà de cette limite (pour éviter un effet de seuil).
  • Modification et simplification du statut d’auto-entrepreneur, avec relèvement immédiat du plafond d’exemption de la TVA à 50 000 euros/Francs, et indexation de ce plafond sur le taux d’inflation par la suite.

Il convient aussi de prendre la mesure des menaces que font peser les nouvelles technologies sur le travail. L’extension du statut de salarié (avec l’ensemble des obligations pour l’employeur) aux plates-formes comme « Uber » deviendra obligatoire.

Le RSI sera supprimé et les personnes intégrées dans le régime général.

 

V. Mise sous tutelle de la finance et lutte contre la fraude fiscale

La mise de la Finance au service de l’économie réelle découlera de la récupération de la souveraineté monétaire par notre pays. Cette mesure implique en réalité la souveraineté, mais elle ne s’y réduit pas. Pour que la finance soit mise au service de la croissance de l’économie réelle et, plus généralement, du développement, il faudra établir des nouvelles institutions, mais aussi mettre en place de nouvelles pratiques. Pour ce faire, les mesures suivantes devront être appliquées :

  • La séparation des banques et des assurances, des banques de dépôts et des banques d’affaires sera à nouveau mise en place. Cette séparation revient à reconnaître la spécificité des activités. Mais, cette séparation a aussi pour but de rendre les différents secteurs de la finance plus et mieux contrôlables.
  • Le refinancement des banques passera par la BdF, que cette dernière intervienne sur le marché interbancaire pour le réguler ou qu’elle agisse dans le cadre de dispositifs de rachats ou de prise en pension de titres. Le mécanisme des prêts bonifiés sera remis en place pour assurer le développement rapide de certaines activités.
  • Le système financier sera placé sous l’autorité d’un Conseil National du Crédit renouvelé et modernisé, placé sous la direction d’un responsable relevant directement du Ministre des finances et de l’économie qui gèrera :
    • La dimension prudentielle et la stabilité générale du système bancaire.
    • L’allocation en crédit et les priorités de cette dernière.
    • La supervision des métiers de l’assurance et du risque.
    • La gestion et la rémunération de l’épargne.
  • La Caisse des Dépôts et Consignations sera, elle aussi placée sous la tutelle du CNC. Elle verra ses attributions traditionnelles confirmées.
  • Les opérations de contrôle des mouvements de capitaux seront coordonnées avec le CNC dans le but de réduire les fenêtres possibles de la spéculation et de diminuer le niveau d’incertitude sur les marchés financiers.

Les comptes publics verront leur situation s’améliorer en fonction de l’amélioration de l’activité générale de l’économie. Mais, cela n’exclut nullement des mesures d’économie ou de rationalisation. Aussi, cet élément de la politique économique s’accompagnera de mesures fiscales spécifiques, et en particulier :

– Fin de la fraude au carrousel de TVA représentant près de 0,6% du PIB.

– Fin de la fraude fiscale des entreprises multinationales, connue sous le nom d’optimisation fiscale. On luttera contre ce système, en particulier par le biais du contrôle sur les mouvements de capitaux qui sera rétabli comme indiqué précédemment.

 

 

[1] Sapir J. « Le chômage et la honte de nos gouvernants », note postée sur RussEurope le 27 décembre 2016, https://russeurope.hypotheses.org/5551

[2] http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/auchan/une-salariee-accuse-auchan-de-negligence-apres-sa-fausse-couche-4706736

[3] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[4] https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/economic-nobel-prize-winner-the-euro-was-a-mistake/

[5] Stiglitz J.E., L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2016.

[6] https://www.efxnews.com/story/15982/germanys-euro-exit-must-be-seriously-considered-leading-german-economist-bofinger

[7] http://www.european-solidarity.eu/signatories.php

8 réponses
  1. Lincoln
    Lincoln says:

    C’est aussi bien organisé qu’un camp de concentration.

    Une microcosme isolé du monde d’une haute palissade, d’un haut mur en béton,
    …d’un rideau de fer.
    Pour que cette phalanstère économique fonctionne il faut des caves pour les Tchékistes,
    des chiens loup, effacer le concept de propriété privé, des baïonnettes, etc

  2. Zylo
    Zylo says:

    @Lincoln
    Je ne comprends pas bien votre commentaire ?
    A aucun moment je n’ai vu la proposition de reconstruire le rideau de fer, ni d’abolition de la propriété privée et autres scénarios tirés de films dézépoqueslesplussombresdenotrehistoire.
    La démarche est parfaitement rationnelle.
    Elle définit : qui (le peuple français. J’ai la faiblesse de penser que le rôle d’un politique que j’élis est de défendre MES intérêts ?)
    Elle fait un constat : le cadre mis en place nous emmène sur une voie de garage au mieux, et de ne permet d’adresser aucun des problèmes ni économiques ni environnementaux que nous avons devant notre nez. Je pense que c’est un constat partagé a minima ?
    Ensuite il est fait proposition d’un nouveau cadre, avec des incitations positives, pour permettre la réalisation d’un projet qui est exprimé (développement économique mieux partagé, baisse de l’empreinte écologique).
    On peut ne pas être d’accord avec toutes les propositions, mais hausser les épaules en qualifiant d’absurdes (ce qu’ils sont) des propos qui n’ont pas été tenus, c’est le degré 0 de l’argumentation. Quelles sont vos propositions ?

    Et à ceux qui disent que revenir à un protectionnisme raisonné en relocalisant la production est « has been », je répondrai juste que c’est comme cela que la chine nous a bien b****s. Non seulement c’est possible, mais cela n’est clairement pas antagoniste avec le développement de l’économie qui se protège.
    Enfin tenir comme acquis et immuable la mondialisation « heureuse », qui permet par exemple à des semi-esclaves de madagascar de cultiver en intensif de la crevette avec plein d’intrants, pour les envoyer au vietnam se faire éplucher par d’autres semi-esclaves, pour ensuite revenir dans nos rayons et être achetées moins cher par des chômeurs, c’est s’imaginer que la dépense colossale d’énergie que cela nécessite sera éternellement possible. D’ici maximum 5 ans le plateau de production de pétrole sera passé : il serait sage dès maintenant d’acter du caractère exceptionnel de la situation présente, et de choisir judicieusement ce à quoi l’on souhaite consacrer l’énergie restante tant qu’elle n’est pas trop chère. Et je ne crois pas que faire faire le tour du monde à des crevettes (ça aurait pu être bien d’autres exemples…) soit très judicieux…..

  3. Sscottni
    Sscottni says:

    Ou l’inverse pour obtenir à peu près les mêmes effets! C’est à dire d’avantage d’Europe (sociale et fiscale). Dans un univers contraint et frisant l’effondrement mieux vaut développer les mécanismes de bonne entente entre voisins et laissons la volaille les deux pattes dans son tas de fumier hurler à qui veut bien l’entendre que la basse cour lui appartient et ignorer d’où vient son blé!

  4. Zylo
    Zylo says:

    @Sscottni :
    Le problème est qu’il n’y a pas de projet « européen », mais un patchwork d’intérêts contradictoires. La pologne et les pays baltes vivent aux crochets, juste pour se rapprocher des USA dans l’illusion qu’ils les soutiendront dans une revanche contre la russie. L’allemagne grâce à son euro-mark sous-évalué par rapport aux autres monnaies européennes (je crois que c’est le FMI – entre autres – qui le dit), a défoncé toutes les autres industries européennes, et c’est son intérêt de continuer ainsi car cela permet de sous-évaluer l’euro et de faciliter ses exports hors zone euro. L’irlande et le luxembourg sont les terres d’élection de l’optimisation fiscale et aucun ne voudra une réforme qui pourrait mettre en danger ce statut. Etc, etc. Et comme toute modification du fonctionnement de la grosse commission passe par l’unanimité des membres, le système est solidement verrouillé, à part pour se mettre d’accord sur la forme des concombres.
    « Plus d’europe » quand chacun met des choses différentes dans l' »europe », j’aimerais que l’on m’explique comment cela peut marcher.

    Ensuite quand on dit plus d’europe sociale, on s’aligne sur quel régime ? Allemand avec les lois Hartz IV ? la Roumanie ? La Pologne ? Sachant qu’en l’absence d’union de transfert, et avec des écarts de rémunération colossaux ente les pays, monter les pays périphériques au niveau de la France ne sera pas possible… Je serais curieux de voir en pratique ce qu’on peut mettre en face de l’imprécation « plus d’europe sociale ».

    L’effondrement de la grosse commission (qui n’est qu’une organisation politique) ne remet aucunement en cause la collaboration en états. Il est évident qu’il faut remplacer cette organisation politique par une autre, permettant une collaboration là où es intérêts convergent, mais n’empêchant pas toute liberté d’action comme dans le cadre actuel.
    Un truc bête : dans mon métier d’informaticien, on apprend que face à un problème complexe, il faut commencer par le découper en problèmes plus simple. C’est exactement l’inverse qui est fait avec la grosse commission ! On agrège des problèmes complexes pour les transformer en problèmes insolubles, tout cela pour en confier la résolution à nos homme politiques faillis qui sont péterisés là-bas….

    Enfin je ne sais pas envers qui est dirigé votre mépris teinté d’insulte, envers moi, M. Sapir ou nos compatriotes. Selon vous, à qui appartient la basse-cour pleine de fumier qu’est la France puisqu’elle n’appartient pas aux français ? La France est contributrice nette au budget de l’UE, donc je ne comprends pas non plus cette histoire « d’où vient le blé » ?

  5. Jean
    Jean says:

    Plus d’Europe voire de mondialisation devrait être un objectif majeur de l’Humanité. Ce n’est pas parce que l’Europe actuelle est mal construite où que la mondialisation est construite par des financiers complètement dépassés par les enjeux de leurs petites magouilles qu’il faut abandonner cet objectif. Si pour arriver à plus d’Europe (ou plus de Monde) il faut passer par une destruction de la « Grosse » Commission ou du Parlement pour reconstruire un Pouvoir Exécutif supranational en Europe (ou international dans le Monde), pourquoi pas ? De toutes les façons, on y arrivera à terme. Les questions en suspens sont justes de savoir à quel terme et quels sont les épreuves qu’il va falloir franchir pour y arriver !
    Plus les Nations auront de pouvoir, plus elles voudront s’affronter pour augmenter ou juste préserver ce pouvoir. Plus ces luttes de pouvoir se font entre fonctionnaires surpayés au sein de commissions incongrues à Bruxelles ou à Strasbourg, moins elles font de sang répandu dans nos campagnes. Est-ce un prix trop lourd à payer ? Je ne saurai le dire, mais je pense qu’il faut au moins se poser la question en ces termes.
    De plus, les Nations existantes ont été construites par une histoire pluri-séculaire dans laquelle de moins en moins de jeunes générations concentrées sur l’instantané ne s’identifient. Les « tribus » du XXIé siècle ne se reconnaissent pas dans un espace géographique et encore moins dans une langue ! Les frontières qui apparaissent (BrExit, élection USA, …) sont davantage liées à des classes d’âge, des niveaux de patrimoine (et non pas de revenu), des niveaux d’urbanisation, des capacités et/ou volontés d’accès à Internet et aux technologies innovantes …

  6. saoudi
    saoudi says:

    la sortie de l’euro n’est pas prévue par les traités.
    Il faut sortir de l’UE pour sortir de l’euro, dixit François Asselineau, seul candidat à proposer la sortie de l’UE, de l’euro et de l’otan.

  7. Zylo
    Zylo says:

    @Jean :
    – Votre vision universaliste est un marqueur de notre héritage judéo-chrétien. Comme tel, il n’est absolument pas projetable sur les autres grands blocs civilisationnels. De surcroît la mondialisation que vous décrivez suppose une uniformisation civilisationnelle, selon vos standards. Ce qui suppose que les autres sont inférieurs, puisqu’ils vont s’incliner devant les nôtres…. ce qui est la définition du racisme si je ne m’abuse ?
    – Petit exemple : supposons que nous ayons un gouvernement mondial bienveillant. Celui-ci va prélever des impôts (=une captation de la richesse produite) pour poursuivre le projet de civilisation mondiale bienheureuse. Accepteriez vous que votre argent durement gagné serve à emprisonner des opposants politiques chinois ? A construire un système de censure et de contrôle à grande échelle comme le fait la chine ? A construire des écoles coranique en arabie saoudite, où on apprend aux petites filles qu’elles sont inférieures aux hommes et qu’elle ne servent qu’à procréer ? L’acceptation de la solidarité obligée (= l’impôt) ne fonctionne que dans le cadre d’un projet partagé. Il suffit de voir les remous provoqués en Allemagne, où les allemands ressentent (à tort ou à raison) que les « invités Merkel » ont plus d’avantage qu’eux…
    – Supposons malgré tout, que vous payiez de bonne grâce vos impôts servant à assurer les bons services du bourreau saoudien, consistant à exécuter tous les homosexuels qui lui tombent sous le sabre. Voilà qu’un certain groupe de personnes va se dire « tiens, j’ai des ressources rares et intéressantes sous les pieds, nous pourrions mieux les monnayer si nous nous groupions pour défendre nos intérêts ». Damned, un embryon de nation qui refait surface ! Vite, exterminons-les, au nom de la paix… Dit autrement, vouloir détruire les nations, c’est bien, mais c’est jouer à un jeu auquel celui qui triche (=reconstitue des groupes basés sur des intérêts communs) gagne. Ce n’est pas une situation stable…
    – Une nation, par la dimension territoriale, de projet partagé, de solidarité autour de ce projet, est une structure de résilience. Supprimer une structure de résilience avec ce qui nous attend sur les plans environnementaux et économiques ne me semble pas une décision bien sage.
    – Je ne comprends pas la logique du lien entre nation et guerre que vous sous-entendez. Le vrai problème n’est pas la nation mais le projet qu’elle porte. L’absence de nation n’induit pas l’absence de projet néfaste d’une partie de personnes qui décident de se regrouper. Pour reprendre et démonter le catéchisme biberonné à l’école, ce n’est pas la nation allemande qui a posé problème, mais le projet nazi – transnational au demeurant ! Sauf à mettre en corolaire de l’absence de nations, l’absence de possibilité de mise en œuvre de projets. Mais est-ce souhaitable ?
    – les « jeunes générations » polyglottes, universellement employables, apatrides, ne représentent qu’une minorité largement fantasmée. J’ai souvenir de discussions au cours de mes voyages, où l’on me disait qu’on avait l’habitude de voir arriver des français forts en gueule et prétentieux, qui ne parlaient bien ni la langue du pays ni l’anglais, et qui rentraient la queue entre les jambes chez papa maman au bout de 6 mois.
    – La vie instantanée et de voyage qui vous semblent la norme n’est rendue possible que par une débauche d’énergie, dont la fin de la disponibilité se profile à court terme. De même pour l’urbanisation…
    – En 70 ans (grosso modo) de normalisation effrénée, la grosse commission n’a même pas réussi à faire en sorte que l’appellation café (c’est un exemple…) recouvre la même réalité en UK, Allemagne, France ou Italie. Cela me permet d’affirmer que l’échelle de temps nécessaire pour réaliser votre dystopie se chiffre en siècles, le temps d’uniformiser les rapports à la vie, la mort, le temps, la nourriture, les relations, l’internalité des évènements, la culpabilité, la représentation du monde, j’en passe et des meilleures.
    – Les pics de disponibilité des ressources commenceront à poser problème dans moins de 10 ans. Sans parler des problèmes de pollution qui commencent à faire surface un peu partout.
    – les sans-dents resteront calmes tant qu’ils auront à manger… Dès qu’il n’y aura plus 3 repas par jour – et par exemple en grèce on y arrive tout doucement – les choses vont devenir sportives et l’existence dune caste d’ultra privilégiés non imposables qui vivent sur la bête n’apportera aucun apaisement, bien au contraire.

    En résumé, la logique voudrait donc que l’on adresse les problèmes par ordre de priorité et d’urgence. Il faut donc :
    – Identifier les vraies menaces les plus immédiates. En l’occurrence, de graves problèmes économiques et écologiques. Je n’identifie pas de projet équivalent aux nazis (suprématie raciale / extermination / espace vital) en europe pour au moins une décennie.
    – Se mettre en ordre de marche pour les adresser. Ici, la grosse commission a démontré son incapacité à avancer sur autre chose que les intérêts des lobbys des multinationales qui la rincent. Il faut donc de toute urgence retrouver des marges de manœuvre, politiques et financières.
    – Ensuite inventer un nouveau modèle écologique et économique de développement – sachant que le continent européen a un gros problème de ressources en matières premières.
    – Après, il sera temps de discuter à l’infini sur un modèle de civilisation universel, qui n’aboutira qu’à un horizon de plusieurs siècles….

  8. 99%
    99% says:

    D’après vous, il y a-t-il un candidat (officiel ou potentiel) à l’élection présidentielle dont le programme se rapprocherait de ces propositions ?

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