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Soyons rassurés, ça va bien finir par baisser

Le premier trimestre de l’année est donc terminé. Globalement c’était pas mal. Les performances sont bonnes, les indices sont en hausse, l’Europe vient de terminer son meilleur trimestre depuis 2015, le Dow Jones est en hausse de 4400 points sur 12 mois, certains secteurs de la technologie n’arrêtent pas de monter et pourtant à l’aube de ce mois d’avril, tout le monde ne parle que de la « correction » à venir, de la prochaine baisse du marché et de comment l’appréhender et comment la gérer…

Je dois vous l’avouer, je suis effaré par l’entêtement de la communauté financière à vouloir prédire cette correction annoncée, cette « fin du monde » prévue. Vous l’aurez peut-être compris, je suis tendanciellement plus « bullish » que « bearish », c’est ma nature et je ne peux pas y faire grand-chose. Ceci dit, depuis près de 18 mois, j’entends toutes les théories possibles et imaginables sur le pourquoi du comment de la correction à venir. Je comprends bien qu’un marché qui monte depuis 8 ans peut faire penser à la majorité que l’on va FORCÉMENT finir par baisser et que logiquement, chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du prochain krach ou de la prochaine correction, mais à force de vouloir prédire la fin du monde, ne serions-nous pas (peut-être) en train de rater quelque chose ?

Nous avons tous une vision de l’investissement qui frise le « high freqency trading », dès que l’on vous propose d’être investit sur le « long terme », on voit immédiatement la terreur se dessiner dans vos yeux et la méthode du « courage, fuyons » semble être définitivement la plus populaire du moment dans les comités de gestion. En tous les cas, une chose est sûre, PERSONNE ne veut être « long le jour où ça baissera », quitte à rater les 20 derniers pour cent de la hausse.

Encore une fois, nous venons donc de terminer ce trimestre avec une hausse confortable. Les raisons ne sont peut-être pas les meilleures du monde, il vrai que thésauriser sur les compétences à venir de Donald Trump peut friser la schizophrénie, mais peu importe pourquoi et comment le marché monte, il monte et s’entêter à vouloir trouver le point le plus haut pour vendre ou, à défaut être short en permanence équivaut peut-être à vouloir absolument aller contre la tendance, ce qui est la première chose à NE PAS faire que l’on nous apprend dans les écoles de bourse.

Mais peu importe, de nos jours il est plus important d’afficher sa théorie du « pourquoi on va FORCÉMENT se péter la gueule un jour », plutôt que de présenter des performances qui tiennent la route avec des thématiques d’investissement qui sont défendables devant le client. C’est dommage, mais en même temps, c’est ce que l’ensemble des médias financiers nous vendent comme soupe puisque le premier qui aura raison sur la prochaine baisse sera enfin reconnu comme un demi-dieu de la finance et qu’à l’avenir il pourra raconter n’importe quoi, tout le monde trouvera ça super-cool.

Nous voici donc à l’aube d’un nouveau trimestre. Nous allons à nouveau être en mode « on attend quelque chose mais on ne sait pas quoi », on va de nouveau scruter les chiffres de l’emploi cette semaine, comme s’ils allaient nous donner la réponse à toutes nos questions, nous allons aussi décortiquer les minutes du dernier FOMC meeting, histoire de voir s

’ils n’ont pas mis en petit caractères les dates des prochaines hausses des taux à venir.

Bref, on va attendre, faire croire que l’on a des convictions, des convictions qui tiendront 10 minutes. On trouvera les chiffres HYPER-importants pendant 12 secondes et on passera à autre-chose, le prochain chiffre par exemple, ou le prochain discours de Trump, la prochaine connerie de Trump, la prochaine théorie économique de Yellen ou de Draghi. Puis on oubliera et on passera à la prochaine indication qui pourra éventuellement peut-être nous donner la direction à suivre (à la baisse de préférence) pour le reste du trimestre. Puis les semaines vont passer, les mois vont passer, et le premier juillet, je serai là. Là pour vous écrire que c’est ballot, parce que le marché est encore monté de 3 ou 4% et que l’on s’est escrimé pendant des semaines à trouver le moment où il allait baisser. On aura l’air idiot, on regrettera de n’avoir rien fait, mais on se consolera parce qu’en juillet, c’est sûr, la correction va finir par venir.

Source : Hedgeye.com

Alors moi je vais vous dire, je suis long, je reste long sur les actions. En Europe, aux USA, partout… Et je me dis que le jour ou ça baissera vraiment, je changerai mon fusil d’épaule, mais vouloir jouer les héros pour être le premier clown a prédire la chute alors que ça fait 18 mois que je me répète : « c’est sûr c’est demain », très peu pour moi.

4 réponses
  1. Beto
    Beto says:

    En attendant « le jour où », quand il arrivera, il ne faudra pas confondre le changement de fusil d’épaule et le retournement de veste, qui va être là principale activité de tous ceux qui disent que tout va bien dans le meilleur des mondes.

  2. emmanuel
    emmanuel says:

    Il faut acheter au son du canon et vendre au son du clairon…. Celui la beauf…
    Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel…. Celui la mais alors rebeauf…
    Mieux vaut avoir tort avec le marché que raison tout seul… Meeeee celui la d’accord…
    Il y a autant d’investisseurs qui se ruinent à cause de leur intelligence que de leur bêtise… Sans aucun doute…
    En bourse, tout ce qui est évident est évidemment faux… Dans l’absolue yes…
    Si Trump twit qu’il declare une guerre nucleaire a la Chine je ne suis pas certain que cela changera la tendance.
    Il faut dire qu’il a twite tellement de conneries celui la, qu’a present cela fera surtout rire…
    Alle bon week end…

  3. Marin Frédéric
    Marin Frédéric says:

    Hello,
    Oui c’est exactement ma réflexion, quand certains de vos collègues éconoclastes , coucou Philippe 😉 , conseillent depuis longtemps de se couvrir et effectivement du coup on a loupé la hausse de ce premier trimestre.
    Alors jusqu’à quand tenir la couverture ?
    Nul ne le sait finalement et donc les règles fondamentales paraissent immuables : trend is your friend 😉

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