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Docteur Follatrump contre Kim Lovelace font déjà exploser… le VIX.

Ah la volatilité… une sorte de lagon aux eaux apaisées où il devenu si agréable de se déplacer en « standing padddle » et de garder les pieds au sec.
Depuis quelques semaines, de gros intermédiaires vendaient « de la volatilité » avec la même insouciance que des esquimaux et des « chouchous » aux touristes alanguis sous les cocotiers.

Vendre de la « volat » ne rapportait pas grand chose (entre 12 et 9 depuis mi-avril) mais il n’y avait qu’à se rattraper sur le volume: 2 boules de volatilité pour le prix d’une.

Avec systématiquement le même résultat: la volatilité fondait comme une crème glacée au soleil, et hop, il n’y avait plus qu’à entasser les billets et à doubler la mise sur l’échéance suivante en espérant que les gogos seraient toujours plus nombreux pour couvrir leurs portefeuilles alors que le bulletin météo concocté par les banques centrales annonçait une « tempête de ciel bleu » .

Quelle merveilleuse évolution par rapport aux années troublées par la crise grecque où celle des « subprime » où il fallait avoir les compétences d’un surfer de niveau professionnel, une planche à 3 dérives et faire preuve d’un sang froid à toute épreuve.

Surfer les grandes vagues de volatilité atteignant en quelques heures des hauteurs de 25 à 30%, ce n’était pas un sport de gringalet et à la moindre erreur de trajectoire, on se faisait aplatir et proprement désarticuler.

Apitoyées par les « taules » que se prenaient les spéculateurs maladroits et/ou imprudents, les banques centrales ont progressivement pris le contrôle de tous les leviers (taux, métaux précieux, financement des entreprises via des achats d’émissions corporate) et notamment de la « volatilité ».

Peu connus du grand public, les dérivés de volatilité sont devenus depuis 2012 les instrument qui connaissent le taux de collecte de capitaux le plus rapide avec le Bitcoin (il s’agit en l’espèce de l’inflation de positions ouvertes sur le « VIX » associé au « S&P »)… les crypto-monnaies étant les seuls « comparables » avec lequel ils partagent une aptitude à réaliser des décalages phénoménaux dans les 2 sens (à coup de +20, +30, +40% en une seule séance).

Spéculer sur la volatilité est devenu une véritable industrie pour les intermédiaires systémique et hyper-systémiques (banques, fonds souverains, hedge funds, fonds d’investissement de type Blackrock, Citadel, etc.)

Mais +40% de volatilité en une seule séance, c’était un cas de figure extrême et cela marquait souvent la fin d’une série de « pics de tension » allant crescendo alors que le S&P500 venait de consolider lourdement durant plusieurs semaines.

Il va falloir réviser les modèles statistiques car la séance du 10 août a fait voler en éclat les cadres théoriques liant en grande partie l’évolution du VIX avec la vélocité des indices boursiers, à la hausse comme à la baisse.
Le « VIX », le baromètre du Stress, a explosé le 10 août de +45% en une seule séance, au-delà des 16,2 et affiche +70% en 72H (9,55 à la mi-séance le 8 août).

Aucun rapport évidemment avec le repli du « S&P » (à peine -1,5%) auquel il est associé: une dégradation de 5% aurait été juste normale, un bond de +10% avait sanctionné une contrariété relative au climat géopolitique le 9 août… mais personne n’imaginait le scénario survenu le lendemain, sans élément réellement novateur dans la commedia dell’arte américano-nord coréenne : Docteur Follatrump contre Kim Lovelace.

Une explosion de +45% entre 11,1 et 16,15 ne peut que traduire des rachats massifs d’opérateurs s’étant improvisés vendeurs de volatilité, comme si le seuil des « 10 » ne constituait plus un plancher historique -exceptionnellement bas- mais désormais un plafond pour de longs mois (les banques centrales étant sensées oeuvrer pour que le « VIX » continue de refléter éternellement un ciel sans nuages).

Vendre de la « volat' » constituait un pari peut-être aussi risqué que celui des réassureurs de crédit (les « monoliners », les Ambac Financial, les AIG) avant la crise des « subprime », qui encaissaient une prime ridicule (ils vendaient des CDS sur des produits structurés constituant des mille-feuilles de dettes pourries, les fameux MBS et CDO) pour couvrir des pertes potentielles astronomiques.

Mais peut être ceux qui ont racheté leurs positions « short » à tout prix ont-ils été sauvés par leur 6ème sens car peu après la clôture, Donald Trump annonçait qu’il réclame un arsenal nucléaire encore plus puissant pour les Etats Unis (comme si 7.500 ogives ne suffisaient pas à anéantir n’importe quel ennemi… et surtout éradiquer toute vie sur la planète).

En attendant, de nombreux vendeurs de « risque » se sont fait « éradiquer » le 10 août mais il sera cependant difficile de savoir ce qu’il en a coûté aux institutionnels qui se sont fait piéger et qui vont devoir se « recaver » : l’omerta devrait jouer à plein entre la FED et ses principaux actionnaires.
Des injections d’urgence sous forme d’OMO sont à surveiller au cours des prochains jours aux Etats Unis : si elles surviennent, c’est que le cœur du réacteur financier menace d’exploser.

Même si l’incendies est partiellement éteint d’ici la réunion des banquiers centraux de Jackson Hole les 26/27 août, le résultat sera une tension durable des « primes » de couverture : vendre de la « volat » sous les 10 était une pure folie.

Une hausse structurelle de la volatilité devrait conduire les « longs » à réduire les « leviers » (89,5% des positions sont détenues en « leverage », c’est-à-dire, à crédit, c’est un record historique absolu) avec à la clé un effet domino… ou plutôt, château de cartes.

Philippe Béchade

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