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Pourquoi le débat inflation déflation

Inflation déflation. Les économistes débattent en permanence sur la probabilité que les principaux pays entrent dans l’un ou dans l’autre. C’est une mauvaise question qui induit de mauvaises réponses.

Ces deux phénomènes pris séparément sont déjà extrêmement nocifs, mais lorsqu’ils fusionnent sous l’action de ce que les banques centrales appellent QE et que dans le langage courant nous appelons planche à billets, cela devient une arme de destruction massive, un véritable cauchemar.

Le monde occidental est déjà pour des raisons structurelles en déflation depuis plusieurs années. Ces raisons sont, le vieillissement de la population, l’absence de découverte majeure (type électricité, pas Iphone 18s coins carrés diagonale 27 pouces etc….), une productivité basée uniquement sur un moindre besoin d’hommes grâce à l’informatique et à la robotisation. Les pays occidentaux sont donc arrivés à maturité, avec un potentiel de croissance faible et des modifications dans le comportement des acteurs économiques. Maturité pour certains, dégénérescence pour d’autres due à l’infinie cré…. Con…compétence de leurs dirigeants.

C’est là que les banques centrales débarquent avec leur arme fatale le QE.

L’offre massive de monnaie, faute de demande dans l’économie réelle, va directement dans les marchés financiers sur les actions, les obligations, les matières premières et l’énergie provoquant ainsi de fortes hausses de prix.

Pour le Japon, qui pour les plus nuls en géographie est une ile, et qui est importateur net, la baisse de sa monnaie par rapport au dollar et à l’euro accentue encore la hausse de prix.

Pour les entreprises ces hausses de leurs couts entrants, matières premières, énergie, produits semi finis (beaucoup ne font qu’assembler et vendre) ne peuvent être compensées par des hausses de prix faute de « pricing power »*. Elles agissent donc sur les couts les plus faciles à réduire, la masse salariale et la recherche.

Ces mêmes entreprises n’ayant plus de croissance interne de leur chiffre d’affaires en volume, faute de clients (chômage, baisse des revenus) font de la croissance externe et procèdent, après acquisition, au même nettoyage par le vide.

De plus le maintien des taux  au niveau zéro grâce au QE, engendre des comportements viciés d’investissements qui s’avèrent souvent désastreux pour l’entreprise (rachat de leurs propres titres).

Tous ces comportements, conséquences de cette monnaie en surabondance sont profondément récessionistes et déflationnistes.

OLIVIER DELAMARCHE

17 réponses
  1. Phil
    Phil dit :

    Olivier,
    Tout ce que vous indiquez est frappé au coin du sens et je n’ajouterai que l’hécatombe et les destruction liée aux deux dernières guerres mondiales qui ont contribué par la reconstruction et la démographie de « rattrapage » à la croissance des 50 dernières années. Sachant tout cela, je suis vraiment surpris que nos économistes et politiques n’aient jamais eu de prospectives réalistes de la croissance entre leurs mains. Il est en effet évident qu’au delà de 3-4 voitures par foyer, un ordinateur/un téléphone/une tablette par personne s

  2. Phil
    Phil dit :

    sans parler de l’electroménager associé, les dépenses des ménages ne pouvaient que stagner en alimentant le marché du renouvellement, qu’on a d’ailleurs tenté d’accélérer au delà du raisonnable en entrainant au passage les problèmes environnementaux qui hypothèquent notre avenir. Une fois tout cela dit, le plus stupéfiant est de voir ces mêmes économistes/politiques con pétents poursuivre dans la veine. A quoi servent tout ces gens qui sont de si mauvais visionnaire ? Cette question se pose est je n’entends personne à part vous et des gens comme Paul Jorion, par exemple, sur le sujet. Pensez donc à créer un parti politique !

  3. michel
    michel dit :

    j’adore m. delamarche. il est très drôle. et il est d’une aide précieuse pour comprendre un peu la situation économique. bravo aux éconoclastes, votre oeuvre sera utile.

  4. michel
    michel dit :

    à propos de la proposition de phil (création d’un parti politique)…ne faites jamais ça. devenez une référence économique pour tous les mouvements sociaux, les penseurs que nous sommes tous, et peut-être un jour les politiciens!!!

  5. michel
    michel dit :

    m. delamarche écrit:<>. je crois que ce genre de réflexion est porteur de changement. il faut prendre du recul et penser à l’extérieur des cadres traditionnels. les êtres humains sont à un point où ils n’ont plus à travailler énormément pour produire leurs biens nécessaires à une belle vie dans tous les sens du terme. une réorganisation sociale en profondeur est nécessaire car il n’y a aucune raison objective pour voir notre niveau de vie diminuer, comme le taux de mortalité infantile qui augmente en grèce. nous vivrons toujours au dessus de nos moyens tant que toute production de biens et services n’aura pour but que de  »faire de l’argent ». mais si on produit avec le but d’une meilleure vie, alors là, avec les connaissances et les technologies que nous possédons, on peut affirmer que nous vivons en dessous de nos moyens.

  6. michel
    michel dit :

    erreur sur le dernier message. il manque ce que m. delamarche a écrit:  »…une productivité basée uniquement sur un moindre d’hommes grâce à l’informatique et la robotisation. Les pays occidentaux sont donc arrivés à maturité, avec un potentiel de croissance faible…

  7. MCD
    MCD dit :

    Merci pour ce regroupement d’Esprit Libre et dis rupteur ! Longue marche à vous . J’ai une petite question stratégique : Les notions de Valeurs et de Prix sont donc de moins en moins aligné , car les averses de billets maintiennent des prix qui ne sont plus ou moins corrélé au couple risque/rendement accepte par le passé
    Ceci dit que faire de son cash ? le laissé dormir
    à la banque/ assurance en attendant que les États de les « saisissent » pour garantir la prochaine crise ou se payer
    des actifs tangibles et non reproductible qui n’ont pas de rendement tellement leur prix est élevé ( Œuvre d’Art, terre agricole, immobilier ***** )

  8. petitSuisse
    petitSuisse dit :

    Ce monde ne tourne décidément pas rond. Sauf pour eux en fait…

    PS : Félicitations à vous pour cette union. Voilà qui redonne de l’espoir. L’espoir de voir ce monde tourner dans le bon sens peut-être.

  9. Palisse
    Palisse dit :

    Mr Delamarche est un puissant guide grâce à ses analyses (comme d’autres dans ce mouvement des €conoclastes). Là où l’on nous a abreuvé d’analyses chartistes, nous affirmant que l’épaule-tête-épaule expliquait comment le monde tournait, il nous rappelle tout simplement la notion de clients, de consommateurs, de revenus, de chômage, qui font ou diminuent le chiffres d’affaires des boites, et qui dessinent leurs perspectives. Nos dirigeants politiques du monde entier (peut être y’a t-il des exceptions, mais je ne suis pas assez calé) n’ont pas réalisé que le monde ne peut infiniment croître, et le monde occidental saturé n’offre plus de relais de croissance importants. Déjà que notre croissance s’est faite aux dépends des habitants de certains pays, grâce à LEURS ressources naturelles (comment expliquer que Total, français, est devenu un mastodonte du pétrole alors que nous n’en avons pas?). Donc il faudrait « réduire la voilure » de notre train de vie, tout comme réduire le train de vie des états, mais cela ils ne peuvent même pas y penser, étant tellement déconnectés de la réalite… , il faut réaliser que le temps d’un peu plus de sobriété est venu pour nous. Et si nos dirigeant enlevaient les oeillères et arrêtaient l’électoralisme (lol)?

  10. Francis
    Francis dit :

    Il faut sortir de l’europe, c’est un piège. comme le dit si bien François Asselineau, lorsqu’on a une maison individuelle on y fait (à peu près) ce que l’on veut, dès lors que vous êtes en « copro » dans une petite résidence à « 6 » c’est encore gérable, mais dans une grande « copro » de 27 vous ne décidez plus de rien, c’est le « syndic » (les USA ??) qui dicte les règles. (voir site: UPR.fr les conférences)

  11. m68kppc
    m68kppc dit :

    Bonjour,

    Le phénomène que vous décrivait est déjà apparu dans le passé à propos de la dépression de 1847-1848. De mauvaises récoltes en 1846 ont fait augmenter le prix le pain, abaissant le pouvoir d’achat des ouvriers et de la population en général, réduisant les débouchés de l’industrie, augmentant le chômage, abaissant le pouvoir d’achat, etc… jusqu’à la dépression et la révolution de 1848.

    Il est étonnant que nos économistes et politiques ne lisent pas l’Histoire.

  12. Manuman
    Manuman dit :

    Question d’un nul en économie…: Quite à faire du QE, plutôt que les données aux banques pour jouer avec, on pourrait directement financer des projets européens dans la production d’énergie renouvelable…., genre offerts au gouvernements dans la proportion des PIB-population ou quelque chose comme çà, et après les gouvernements pourraient revendre à des exploitants privés si ils veulent…. La çà serait de la planche à billet vite efficace avec quelques centaines de milliards non?

  13. ghisse
    ghisse dit :

    le point que je relève est celui de la grande découverte et là malheureusement Delamarche a mis le doigt dessus, le pire de cette économie est qu’elle ne vit que dans le profit immédiat :uniquement de l’amélioration du fil à couper le beurre , c’est un peu juste pour affronter l’avenir lequel est aussi en pleine déflation / récession : )
    le plus sombre, je le crains, étant qu’une véritable découverte risque d’être étouffée car elle n’arrangerait pas les affaires de ceux qui les tiennent . la lutte va être très forte entre l’avenir véritable autrement dit le futur et ce monde qui n’en finit plus de finir. les ressources dont nous disposons encore sont dilapidées pour faire de l’argent inutile et non pour assurer pleinement l’avenir.
    Bouddha et Tefal ont raison, détachons-nous de toutes ces tâches qui nous mènent quelque part vers le néant : ) le seuil supérieur risque de ne pas être franchi et le redoublement n’est pas de mise. risque de carton rouge pour l’équipe aux 7 milliards de joueurs …:) toujours garder le sourire règle N° 1 et les suivantes .

  14. eric
    eric dit :

    Bonjour Mr Delamarche
    J’ai toujours plaisir à vous lire et vous écouter (merci youtube) mais au delà de tous les faits et éléments que vous nous relatez inlassablement et qui me confortent dans la même opinion, je n’entends jamais de votre part des conseils concrets pour nous guider dans nos investissements. Par exemple, quelle serait pour vous une devise sûre dans laquelle nous pourrions placer nos économies ?
    Bonne continuation

  15. Christophe Lefebvre
    Christophe Lefebvre dit :

    Bonjour monsieur Delamarche

    Donc si j’ai bien compris : la majorité des grandes banques, afin de rester « en course » jouent sur des effets de leverage tout simplement gigantesques qui interdisent toutes mouvement des marchés à la baisse (risque systémique). Pour soutenir les dits marchés, et éviter tout dérapages incontrôlables, les banques centrales injectent massivement des liquidités sans aucun rapport avec les flux réels de l’économie productive. Enfin ces Quantitative easing provoque un renchérissement de toutes les matières premières titrisées (énergies et alimentation notamment). Qui, à leurs tours, provoquent, pour sauver les marges des entreprises, des vagues de licenciements. En d’autre termes : le traitement tue lentement le malade, l’arrêter le tuera également ?

    Christophe L
    Menuisier ébéniste

  16. fdigano
    fdigano dit :

    Mais les USA ont trouvé la solution miracle. Dans un premier temps, ils attaquent les pays faibles pour leur voler leurs ressources. Et puisque cela ne suffit pas, ils vont bientôt déclencher le grand carnage mondial ou au bas mot, la moitié de la population mondiale sera éliminée. Et alors, ils pourront tout reconstruire avec une nouvelle croissance retrouvée…
    Jamais au grand jamais ils ne remettront en cause leurs privilèges indécents, ça surement pas. La variable d’ajustement, c’est nous !

  17. lois-economiques
    lois-economiques dit :

    Les pays occidentaux sont donc arrivés à maturité, avec un potentiel de croissance faible
    Eh oui c’est exactement cela.
    Et dans ce cas injecter de la monnaie supplémentaire crée de l’inflation ou des inégalités mais aucunement de la richesse supplémentaire !
    Voir : http://lesbrindherbes.org/2014/03/09/comprendre-notre-economie-pourquoi-la-croissance-est-le-probleme-et-pas-la-solution/
    Il s’agit donc de bien dissocier CROISSANCE et RICHESSE deux notion différentes !

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