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La théorie du complot des banques centrales – Investir.ch

US Debt Ceiling 2012 visualized

Source : Demonocracy.info / La dette américaine représentée en billets de 100$

Je l’avoue, je ne suis pas un fan de la théorie du complot, même si parfois, il faut reconnaître qu’il y a des choses troublantes qui se produisent…

Et là, depuis quelques jours, quelques semaines, on entend des choses qui semblent (si tout est vrai, juste, correct, volontaire et délibéré) proprement hallucinantes.

Mais commençons par le commencement. Depuis la crise de 2007-2008, les banques centrales s’acharnent à tout faire pour sauver :

1)      L’économie
2)      Les banques
3)      Les marchés financiers
4)      Les marchés financiers
5)      Et les marchés financiers.

Selon les données que l’on nous communique, en ce qui concerne l’économie, c’est une réussite totale, puisque l’on s’autorise à penser dans les milieux autorisés que la reprise est là et bien là, que le plein emploi, c’est pour demain et que la croissance et stratosphérique, pour autant qu’il ne neige pas trop pendant l’hiver.

Le point 2) Les Banques – là aussi le sujet semble réglé, puisqu’elles vont toutes bien (celles qui restent), on a recommencé depuis longtemps à se payer des bonus, même que parfois on se demande même si on a arrêté de le faire !!? Et visiblement le seul danger que les banques peuvent encore rencontrer, c’est le Département de la (in)Justice Américain qui peut encore leur coller des amendes qui frisent le mauvais trip sous LSD.

Mais ceci mis à part, les banques ont toutes obtenues une carte « sortie de prison » dans le Monopoly de la vraie vie et en plus, elles ont toutes reçues la garantie que l’Etat les sauvera au nom du contribuable et de son pognon et ceci, quoi qu’il arrive.

En ce qui concerne les points 3-4 et 5, là aussi les banques centrales font feu de tout bois pour empêcher les marchés actions de baisser et peu importe ce que cela pourra bien coûter. Et pour cela, chacun sa méthode. En Europe on préfère les effets de manches et les brassages d’air pour repousser au plus loin l’utilisation des espèces sonnantes et trébuchantes que de toute manière, on ne possède pas alors qu’aux USA on préfère la méthode « panzer division », grosse artillerie et injection massive de pognon dans l’économie via cette technique magique appelée le Quantitative Easing.

Qu’est-ce que le QE – rafraîchissement 

qe explained

 

Depuis que la FED s’est lancée dans la stratégie du QE, il faut dire que cela s’est plutôt bien passé. Le QE a été mis en place, il a redonné des couleurs à l’économie (si l’on en croît les chiffres), il a réduit le chômage (si l’on tient compte du fait que le chômeur en fin de droit n’existe pas de manière comptable) et il a donné une tendance haussière affirmée, confirmée et résistante à tout, ce truc est pratiquement mieux qu’une baguette magique !

La logique voudrait donc que lorsque le QE s’en ira, si l’économie ne tourne pas du feu de Dieu, ça pourrait éventuellement peut-être se compliquer.

Comme vous le savez depuis un moment, le QE (américain) va s’en aller, pendant que l’Européen va probablement commencer. Mais l’important psychologiquement, c’est que la version Bernanke cesse de fonctionner autour du mois d’octobre. Dans cette perspective, on pourrait largement envisager, en anticipation de la fin du QE, que le marché commence à baisser.

Ben oui, soyons logique. Si l’on tire un petit parallèle ; vous êtes en train de pousser une pierre ronde de 3 tonnes en haut d’une montagne (oui comme Sisyphe) et que tous les jours, pour la faire avancer, vous avez une centaine de copains qui viennent vous donner un coup de main pour la faire avancer. Sauf que vous savez que le premier octobre, vous serez seul à pousser parce que eux, ils en ont marre. Vous pensez que vous allez tenir longtemps avec votre pierre de trois tonnes ?

Eh bien en fait, le marché sans le QE, ça pourrait bien être ça, sauf que même la perspective que le soutien lui soit retiré, ne fait pas baisser les indices. Étrange.

Même cette croissance qui reste anémique n’impacte pas les marchés. Étrange. Cette reprise qui n’arrive pas n’entache en rien la force des indices boursiers. Vous avez dit étrange ? Non, parce que pour le moment tout le monde trouve ça normal. On se raccroche au fait que les taux sont bas et que tant que les taux sont bas, tout va. Pourtant, autour de vous, vous connaissez beaucoup de mondes qui sont engagés  jusqu’aux yeux dans les marchés boursiers et qui achètent encore ? Vous connaissez beaucoup de monde qui sont 90% engagés sur les actions ?
Non, moi non plus. Et pourtant ça monte. Et pas qu’un peu.

Mais alors ? Qu’est-ce qui se passe ?

Depuis quelques temps, un élément de réponse nous est apporté par les médias et pas par n’importe quel média, le FT (repris par zerohedge.com) nous livre une information qui fait tourner la tête. Selon une étude du Official Monetary and Financial Institutions Forum (OMFIF), les banques centrales investissent sur le marché des actions. Elles le font secrètement et évitent de le crier partout sur les toits, mais elles placeraient des montants qui rendraient les plus gros Hedge Funds du monde, verts de jalousie et sont parmi les premiers investisseurs mondiaux.
Si c’est le cas, ce n’est pas vraiment leur fonction, de loin pas. On peut même dire que ça serait carrément un conflit d’intérêt puisqu’elles conduisent également la politique monétaire et il est vrai que c’est plus facile d’investir quand on a des informations de premières bourre étant donné que c’est « nous-mêmes qui décide» et que l’on a plus qu’à faire ce qu’il faut pour aller dans la bonne direction.

Il est clair que les banques centrales n’agissent pas toujours en leur nom, mais elles utilisent des filiales. C’est le cas en Chine où la Banque Centrale utilise « l’Administration d’Etat des devises étrangères de la Chine » qui est devenue la plus grosse structure publique au monde à détenir des actions. En Suisse la BNS peut même le faire ouvertement puisqu’elle a droit à 15% de son bilan en actions. Le Danemark détient 500 millions de dollars en actions. En résumé, l’Official Monetary and Financial Institutions Forum a repéré 400 investisseurs publics sur 162 pays qui sont actionnaires à hauteur de  29.000 milliards. À titre de comparaison, la dette américaine est de 17’000 milliards et des poussières. Autant vous dire qu’avec des montants pareils, le marché des actions ne peut aller que  plus haut.

Les banques centrales contribueraient-elles à former une méga-bulle ??? Ceci semblerait totalement fou !

On peut donc appeler ça comme on veut, mais il n’y a pas besoin d’avoir fait Yale ou Harvard pour comprendre que cette stratégie n’est qu’une vaste fumisterie qui a pour but de créer un environnement tout rose type « Wall Street au pays des merveilles » afin que finalement une vraie reprise s’amorce et permette aux Banques Centrales de se relaxer et qu’elles puissent enfin laisser faire la nature. Peut-être qu’en voyant ainsi les marchés s’envoler encore et encore sans jamais baisser, les ménages vont enfin se lâcher et consommer comme des bons moutons qu’ils sont censés être et qu’ainsi la reprise économique pourra démarrer « pour de vrai ». Mais si par malheur, la VRAIE reprise n’arrive pas, je n’ose même pas imaginer.

J’avoue que même si ce genre de nouvelles est relayée par des journaux comme le FT (lien à l’article ici), j’ai peine à croire que cela puisse être réel, mais à force d’entendre bruits et rumeurs, on va finir par se dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu et que l’on est vraiment en train de créer un monstre économique, un espèce de Frankenstein de la finance et bien malin qui pourrait dire comment cela va se terminer, mais j’ai peur.

Thomas Veillet

Investir.ch

Sources :
Article du FT 
Article de Zerohedge
Article de Goldbroker.com
Site de l’Official Monetary And Financial Institutions Forum
CNBC Interview sur le sujet « est-ce que les banques centrales nourrissent une bulle sur les marchés actions »

4 réponses
  1. Marco
    Marco dit :

    Il faut bien avouer que c’est bien étrange, delà à penser un complot il n’y a qu’un pas que je partage 😉
    On dira que les banques prêchent leur bonne paroisse pour entretenir le système…
    Si on va dans ce sens, c’est le plus grand délit d’initié mondial puisque les banques mènent la politique monétaire en amont.

  2. Ced
    Ced dit :

    Bonjour Mr Veillet, Je suis surpris de votre surprise. Votre chronique matinale démontre clairement que rien ne va plus dans le monde de la finance et des marchés. C’est l’incompréhension qui règne. L’irréel à pris le pas sur le réel. C’est vous qui le dites. Et Delamarche, Sapir, Béchade, Berruyer… Mais parler de complot, vous expose immédiatement à la vindicte bien pensante qui dit « on maitrise, tout va bien, l’avenir est radieux, faites nous confiance ». Gare à vous ! Un adepte de la théorie du complot est considéré comme fou. Merveilleuse manière de clouer le bec aux « érudits », Galilée en sait quelque chose. Le discrédit fallacieux. M’enfin, je ne vous apprend rien, l’histoire est faite de complots. Et le plus grand de tous est de nous faire croire qu’il n’y a pas de complot et que tout est du au hasard. Balivernes ! Nous vivons dans un monde de dupes. Tout est manipulé, les affaires ne manquent pas pour s’en rendre compte. Ma théorie « complotiste » est la suivante : Les conflits en cour à travers le globe sont « fabriqués » (les exemples foisonnent) pour masquer le prochain krach financier qui sera probablement énorme. Le fameux « reset » ? Qui permattra de passer au « tout » numérique pour encore mieux manipuler !? Tout est lié à l’économie, nous vivons de bulles en bulles. L’histoire c’est dettes, guerres et crises. A nous de naviguer. Cordialement. Ced. ps: vivement demain que je vous lise et c’est pas sympa de ne pas répondre aux mails. lol.

  3. Attila
    Attila dit :

    Très bonne analyse, que je partage, cependant j’irai encore plus loin dans le complotisme en disant que ce phénoménal effondrement économique qui nous attend est voulu par ceux qui ne veulent pas perdre leur pouvoir de diriger le monde et de créer leur nouvel ordre mondial.

  4. Brandao
    Brandao dit :

    C’est curieux comme les gens ont peur du qu’en-dira-t-on ! Un complot est un complot, n’ayez pas peur du mot… et les complots sont légion dans la politique et l’économie contemporaines.

    Les banquiers sont des banksters, les pires étant les banquiers centraux.

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