BFM du 2 septembre 2015 – Phase volatile

Philippe_bechade

Phase volatile : Philippe Béchade VS Serge Négrier

La volatilité des marchés montre l’inquiétude des investisseurs en ce début septembre. S’il n’est pas possible de dire si ce mois sera aussi mouvementé que le mois d’août pour les marchés, Serge Négrier considère en tout cas qu’il y a de belles opportunités d’investissement sur les marchés actions européens.

Toutefois, « à force de faire des Quantitative Easing, des baisses de taux, des dévaluations de monnaie, chaque contrée géographique contribue à affaiblir le voisin. » Cela pose problème et nous le voyons apparaître comme l’explique Serge Négrier avec les événements du mois d’août.

Philippe Béchade renchérit : « on a fait croire pendant des années qu’acheter des actions et des obligations c’est tout pareil. » Seulement, après plusieurs mois de bouleversements du paysage macroéconomique, les gens prennent conscience du problème qu’ils ont en face.

« Depuis jeudi dernier, le pétrole vient de connaître sa phase la plus volatile depuis 1972-1973. »

La volatilité des prix du pétrole s’explique, selon Philippe Béchade, pour partie par des rumeurs circulant sur les marchés : réunion de l’OPEP, etc. Le président des Econoclastes en « tire comme leçon qu’une telle volatilité est le reflet de la sur-liquidité qui crée des bulles […] c’est-à-dire tout le monde achète ou tout le monde vend. » Néanmoins, la plus grande partie de cette volatilité s’explique par les fameux algorithmes de trading.

Serge Négrier s’accorde sur ce point avec notre président. Les robots de trading imposent des variations brutales sur des valeurs d’entreprises qui, s’ils n’existaient pas, seraient très probablement en train de monter car non-exposées au repli du marché chinois et signant de « beaux contrats ». Il est donc très difficile pour les gérants « dans l’état des choses de prendre des positions agressives à l’achat ».

Les Etats-Unis ne sont pas bien encadrés. « Le Canada est entré en récession, avec deux trimestres de contraction [de la croissance] et une chute abyssale des investissements dans le secteur minier et pétrolier. » Au Sud, le Mexique a fait +2% de croissance au lieu des +3% annoncés et le Brésil, quant à lui, a des chiffres dans le rouge. Il va donc être probablement difficile pour la première puissance de réaliser beaucoup d’échanges commerciaux sur son continent.

Enfin, pour tous ceux qui s’attendent à ce que l’Inde prenne le relais, « il va falloir que tout le monde remouline ses modèles », parce que la croissance mondiale est en baisse et l’Inde ne réalise pas ses prévisions de croissance. En faisant +7% au premier trimestre alors que +8 à +8,5% de croissance étaient prévu, et en baissant à +7% de prévision pour le deuxième trimestre, le président des Econoclastes s’inquiète.

Concernant le célèbre alignement des planètes : « il ne sert plus vraiment à grand chose » pour Serge Négrier, si tant est qu’il n’ait jamais servi. En revanche « c’est la guerre des devises qui fait la différence ».

« Il y a un taux de défaut de près de 20% [surs les prêts étudiants aux Etats-Unis]. »

Aux Etats-Unis, nous éclaire Philippe Béchade, la situation est vraiment loin d’être rose et surtout pour les banques. Les prêts étudiants ont un taux de défaut d’environ 20%, les crédits automobiles sont distribués à tout le monde (nouveau subprime ?) « et si vous rajoutez le shale oil, la peut-être que ça commence à faire peur ». Que se passe-t-il alors si nous ajoutons à cela la chute des marchés financiers ?

« Le plus gros danger, c’est l’illiquidité fondamentale du marché obligataire américain. »

L’analyse de ce marché est le suivant pour le président des Econoclastes : « la Chine est vendeuse et massivement ».

Rédigé par Raphaël Becanne

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