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Société Générale : Oui à un nouveau procès Kerviel

Tout employeur est responsable final pour les actes de ses employés (cf les amendes bancaires). Quittancer d’emblée le management de la SG de l’époque revient à biaiser une fois de plus tout nouveau procès.

Des personnalités françaises de  premier plan demandent le réexamen du dossier Kerviel. Nous publions via ce lien leur texte « Pour l’honneur de la justice, il faut rejuger Jérôme Kerviel »! Leur demande sonnera juste aux oreilles de bien d’observateurs du dossier voire du public.

Jérôme Kerviel. Un trader parmi tant d’autres. Un tout petit maillon de la chaîne du Casino qui paie depuis tant d’années pour les mains qui tiennent  la chaîne.

Le scandale Kerviel est arrivé au bon moment.

Janvier 2008. Quelques mois après l’éclatement du scandale des subprimes, la crise américano-américaine.

Rappelons qu’en janvier 2008, il fallait trouver les paquets de milliards pour boucher les trous laissés en Amérique par les banques européennes.

Il fallait que quelqu’un paie.

Les banques? Impossible. Elles étaient dévalisées.

Les têtes pensantes des banques? Vous n’y pensez pas. Ils ont plus de pouvoir que les gouvernants. Ils ont au contraire comme en Suisse reçu des promotions prestigieuses.

Mais alors? Qui peut payer des sommes affolantes? Les Etats pardi!

Les Etats n’ont pas d’argent? Pas grave. Les mêmes banques ruinées vont créer la masse monétaire nécessaire -sortie du chapeau- et la prêter aux pays. Le niveau des dettes publiques européennes va être pulvérisé.

Les banques qui avaient flambé votre argent une première fois chez l’Oncle Sam en jetant in fine des millions de personnes à la rue ont fait un triple coup, triplement gagnant!

  • Elles ont augmenté leur fortune grâce à la création monétaire attribuée aux pays.

  • Elles on fait chavirer les-dits pays dans la pauvreté grâce à des dettes publiques insupportables et ingérables.

  • Grâce à ces banques, c’est tout le Système Casino qui a pris définitivement le pouvoir politique reléguant les dirigeants au rôle de « marionnettes »au mieux impuissantes et au pire traîtres.

C’est dans ce contexte où il fallait faire avaler des couleuvres au bon petit peuple qui devait déjà s’accrocher pour comprendre en quoi il était concerné par les problèmes sur sol américain et en quoi il était responsable depuis le fin fond du Limousin des malfaisances de patrons de  banques flambant des revenus extraterrestres à Wall Street qu’éclate l’affaire Kerviel.

Il faut être très clair. A aucun moment, nous ne défendrons sur ce site la spéculation avec son monde de truquage. Nous défendons le fait que Kerviel est un pion dans un puissant système tentaculaire. En fait, plus qu’un pion, Kerviel est un sujet de divertissement des masses donné en pâture pour détourner la colère des contribuables bernés par le Système.

D’ailleurs, l’histoire a fait long feu. Plus personne n’y croit.

Faire porter le chapeau à un « petit » pendant que l’on pratique un sauvetage à milliards et dont les coupables du naufrage bénéficient d’immunité a desservi la France.

D’autres choses nous interpellent dans cette affaire.

Une grande banque fonctionne sur le modèle de l’armée avec des contrôles multiples à tous les niveaux. Pas besoin d’être spécialiste de banque pour savoir que Kerviel n’a pas pu agir seul et encore moins sur la durée. IMPOSSIBLE.

Rien que pour octroyer un bonus, cela nécessite le suivi des résultats opérationnels d’un collaborateur qui impactent d’ailleurs le bonus des chefs. C’est dire…

C’est comme le chiffre d’affaires d’un commercial. Le manager doit savoir à tout moment où en est son collaborateur. S’il ne le fait pas, c’est qu’il est coupable de manquement au niveau de sa gestion. Et en termes de gestion, il a un degré de responsabilité supérieur à son collaborateur.

Et la responsabilité augmente au fur et à mesure que le statut s’étoffe. C’est pour cela que l’on justifie les salaires mirobolants du patron. Il prend des risques pour lui et pour ses employés. Et ceci est un fait!

On nous dit que J Kerviel aurait caché ses positions à sa hiérarchie.

Eh bien, s’il a été capable de cacher des milliards dans le système informatique de la SG, cela signifie soit que les informaticiens ont prévu des cachettes dans la construction de leur système, ce qui serait pour le moins surprenant, soit qu’ils sont eux aussi incompétents…

Un autre domaine nous interpelle. Un trader de ce niveau ne bidouille pas seul dans son coin. Il est connecté à la bourse via une plateforme high-tech. CHAQUE JOUR, les positions des uns et des autres des intervenants sont évaluées.

Cela signifie que les positions  de la Société Générale sur les différentes plateformes sont relevées au moins quotidiennement. Comment la Société Générale n’en a pas été informée?

Sans être spécialiste du domaine, on peut voir ici plusieurs niveaux de responsabilité qui auraient dysfonctionné en même temps. Ça commence à faire beaucoup !

Quant à nous, nous posons sur ce site la question qui tue: Si Kerviel a pour 5 milliards de perte, c’est que quelqu’un quelque part sur la planète les lui a avancés . Qui aurait prêté à J Kerviel des milliards  en tant que personne isolée? Personne. En revanche, avec la signature de la SG…

Par conséquent, J Kerviel doit être rejugé mais pas en tant que personne isolée. Il faut que la Société Générale en tant que personne morale soit jugée pour évaluer les différents processus impliqués dans la procédure qui auraient dysfonctionné.

Un nouveau procès avec J Kerviel seul sur le banc des accusés est inutile. Le métier de trader est une fonction complexe. Pour que le nouveau procès soit fiable, les informaticiens, les managers de J Kerviel (ligne et fonctionnel), les comptables (comptabilité analytique), les responsables RH (salaires/bonus),  les pendants de Kerviel côté plateforme de trading (Euronext?), mais aussi la Banque de France qui tient le compte courant de la SG quotidiennement devraient être impliqués…

Il s’agit de répertorier TOUTE personne qui interagissait de manière directe ou indirecte  avec l’ancien poste de Kerviel.Et par-dessus tout retrouver le prêteur des 5 milliards et le garant de ces prêts.

Sans tous ces intervenants, quelle serait la fiabilité d’un nouveau procès?

Dernière question, la Justice française serait-elle prête à remonter tout en haut de la structure et étudier les pratiques peu avouables du monde de la finance du 21ème siècle?

L’avis éclairé de M Jean-François Gayraud, Commissaire divisionnaire, spécialiste des crimes supranationaux des banques peut s’avérer très utile pour faire triompher la vérité.

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