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Tout le monde s’en fiche

« Quand le sage montre la lune, le crétin regarde le doigt ». Encore une fois cet adage se vérifie, le doigt en question étant Madame YELLEN, le « cerveau » en chef de la FED. Tout le monde ne parle que d’elle depuis des mois ainsi que de ses frères jumeaux, Monsieur Draghi pour la BCE, Monsieur Kuroda au Japon et Monsieur Zhou XIAOCHUAN pour la Chine. Cette belle brochette d’incompétents notoires dominent le monde et disent à tous, les banquiers, gérants, stratégistes, économistes de la planète ce qu’il faut penser, faire et dire.

Vous pensiez que ces gens-là s’occupaient de l’économie mondiale… Que nenni !!!

Du chômage, de la croissance, de vos revenus, de votre pouvoir d’achat ?

Pas du tout !!! Ils s’en contre f… Ils voient beaucoup plus loin que ça, leur salaire dans la banque ou le grand fond d’investissement qu’ils intègreront après avoir mis l’économie mondiale par terre, juste renvoi d’ascenseur après des années passées à gonfler les primes perçues par leurs futurs employeurs1.

Hier, nous avons eu la réponse à la question qui occupe les têtes vides de la planète finance depuis maintenant deux ans : « La FED allait-elle monter ses taux directeurs de 0,25 % ? ».

Elle l’a enfin fait.

Pourquoi ?

Pour que Madame YELLEN ne passe pas pour une idiote.

L’économie américaine est-elle tellement en surchauffe qu’il faille la calmer ? Bien sûr que non, c’est une opération marketing uniquement pour montrer au marché que l’on peut faire confiance à la Banque centrale américaine. Madame Yellen, qui de son aveu même, n’a jamais fait une anticipation exacte, prévoit une accélération de la croissance américaine alors même que tous les chiffres publiés montrent qu’ils se dirigent vers une récession, ou plutôt qu’ils n’en sont jamais vraiment sortis.

Alors que se passe-t-il pendant ce temps dans le monde réel ?

Dans le monde réel, 94 millions d’américains en âge de travailler ne travaillent pas ; 50 millions d’américains vivent avec des coupons alimentaires ; les emplois créés depuis 2008 sont en grande majorité à temps partiel dans la classe d’âge au-dessus de 55 ans et à faible rémunération ; la production industrielle est en baisse (- 0,4 en octobre, – 0,6 en novembre ) ; le déficit budgétaire reste important ce qui veut dire que l’Etat américain s’endette de 4 ou 5 pour faire 1 de chiffre d’affaires et gonfle dès lors année après année le stock de dettes ; la consommation n’est soutenue que par :

  • les dépenses obligatoires engendrées par le programme OBAMA CARE comme si en France nous rentrions les cotisations sécu dans la consommation,
  • une explosion des prêts étudiants pas toujours attribués à des étudiants et dont le taux de défaut ne cesse de croitre,
  • des « subprimes » version automobile qui ne seront eux non plus jamais remboursés.

Cette croissance annoncée, répétée, marquetée n’est qu’illusion.

Dans le monde réel, les Japonais, qui en sont à leur douzième Qantitative Easing, dont la monnaie a baissé de 65 %, publient des chiffres économiques montrant qu’ils s’enfoncent jours après jours dans une dépression sans fin. Les derniers chiffres publiés montrent une chute de 10,2 % des importations et une chute de 3,3% des exportations. Cette politique économique qui a ruiné le Japon est aujourd’hui appliquée partout dans le monde par les incompétents cités plus haut !!

Dans le monde réel, tous les indicateurs de commerce mondial sont au rouge vif, Baltic Dry Index (477) au plus bas, Harpex (366) au plus bas, cours des matières premières au plus bas, activité chinoise qui continue de chuter.

Dans le monde réel, en France, la production industrielle chute, le chômage augmente à des niveaux jamais vus malgré tous les artifices comptables utilisés par nos dirigeants.

Dans le monde réel, la Grèce s’enfonce tous les jours un peu plus, au point que les grecques se prostituent pour manger. Vive l’Euro !

Dans le monde réel, l’Espagne, qui au dire de Monsieur Rajoy, connait une reprise de sa croissance, a en fait inclus la prostitution et la drogue dans son PIB, institué une prime à la casse pour relancer le marché automobile, alors que dans tous les pays dans lesquels cela a été pratiqué ce fut un échec. Ces mesures sont évidemment financées par du déficit budgétaire. Le chômage reste en outre à des niveaux insoutenables (plus d’un quart de la population).

Dans le monde réel, l’Italie est depuis plusieurs années en récession et n’en sort pas.

Dans le monde réel, l’Allemagne, qui était considérée comme le moteur de l’Europe, montre de graves signes de ralentissement.

Dans le monde réel, le Brésil, entré dans une forte récession, doublé d’une crise politique, ne trouve rien de mieux, après avoir dépensé beaucoup d’argent pour l’organisation de la coupe du monde de Foot, d’en dépenser encore plus pour les jeux olympiques.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive car malheureusement beaucoup trop longue.

Russie, Argentine, Venezuela, Moyen Orient, Afrique… Veuillez accepter mes excuses !!

Pour finir, je vous livre mes perspectives pour l’économie réelle pour les temps à venir.

Poursuite de la dégradation dans toutes les zones géographiques assortie de tensions sociales graves et de tensions géopolitiques qui aboutira à une dépression mondiale et un « reset » financier. Plus tard, il faudra trouver un nouveau modèle économique, monétaire et financier, et surtout changer les guignols en place. « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés » Albert Einstein

D’ici là, bonnes fêtes de Noël !!

Oups, je n’ai pas respecté le principe de Laïcité !!

1PIMCO, le plus grand fond obligataire du monde vient d’engager Mr Bernanke, Mr Trichet, Mr Gordon Brown et il y a fort à parier qu’il restera une petite place pour Mme Yellen.

Olivier DELAMARCHE

6 réponses
  1. Julien
    Julien dit :

    Quel optimisme… 😉
    L’IEA prévoit une augmentation de la demande d’énergie mondiale de +2.1% par an jusqu’en 2040, des voies de croissance existent mais peut-être pas pour tout le monde.

  2. emmanuel
    emmanuel dit :

    Et Toshiba, sur la meme pente que Sharp, vient de publier cette fois des resultats franchement pas bon.
    Et cette dois faute de pouvoir continuer a bidouiller leurs comptes, ils vont virer 6000 personnes.
    « PIMCO, le plus grand fond obligataire du monde vient d’engager Mr Bernanke, Mr Trichet, Mr Gordon Brown et il y a fort à parier qu’il restera une petite place pour Mme Yellen. »

    Vous savez ce que cela m’inspire:
    « Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !Les aristocrates (les politiques) à la lanterne,
    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !Les aristocrates (les banquiers centraux) on les pendra !

    Cela pourait bien se terminer comme cela.
    Faire reset sur tous les patrimoines, en commencant par celui de la classe moyenne, ne sera pas sans consequence…

    Les derniers recrutements de Pimco ne m’isnpire qu’une seule chose: envie de vomir.

  3. Creditpolis
    Creditpolis dit :

    Quel optimisme en effet ! C’est certain que ce n’est pas en laissant les choses aller comme ça que le monde va évoluer positivement. Il va falloir repenser l’économie dans sa globalité et, surtout, oser changer. Mais faudra-t-il que tout s’écroule pour qu’on s’en rende compte ?

  4. Morane Duranton
    Morane Duranton dit :

    Bonjour : « tout le monde s’en fiche »…il n’est pas juste envers nous de titrer ainsi votre article puisque nous vous lisons…mais citoyen lambda, comment voulez vous que nous réagissions, sauf à être outré ? de surcroit, dès qu’un intellectuel qui pourrait nous sortir de ce guêpier émet quelques pistes, il est immédiatement descendu en flamme !…alors ?????…qu’est ce qu’on fait ????…abstentionniste pour la première fois, dépossédés de tous moyens de nous exprimer, ficelés par le système…qu’est ce qu’on fait ??? je verrai bien une belle révolution, mais je m’entends dire que la violence n’a jamais rien résolu ? alors ??? mais, qu’est ce qu’on fait ?????…….

  5. dervan
    dervan dit :

    Je crois que Tocqueville avait déjà nettement annoncé la couleur: dans une démocratie les gens n’ ont certes jamais assez mais suffisamment pour préférer l’ ordre à la révolution…
    Quant à Olivier Delamarche, même si je souscris à ses analyses, il reste un fondamentaliste de l’ économie et peut être que si la finance se porte si bien dans un monde où tout va mal , c’ est qu’ elle incarne l’ état d’ esprit des individus : chacun dans sa bulle jusqu’ à bien sûr qu’ elle crève…Mais là est une autre histoire…

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