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L’or sous les 1.200$ l’once : vers une vague de concentration du secteur minier ?

Métaux précieux : l’or plutôt que les minières ?

 

Alors que les cours des compagnies minières avaient connu un bon début d’année, le secteur a connu une nouvelle déconvenue depuis cet été. Les principaux indices sectoriels aurifères sont à présent à leur plus bas de 10 ans, et ce malgré les mesures prises par les producteurs (voir notre note de conjoncture du mois de septembre).

 

Pour autant, l’industrie n’est peut-être pas encore au bout de ses peines. Avec le prix de l’or qui baisse, ce ne sont pas seulement les résultats des compagnies minières qui sont touchées, mais également leurs réserves ! En effet, la valorisation des compagnies aurifères se fait en fonction des réserves d’or dont elles disposent dans leurs mines, celles-ci étant évaluées en fonction d’hypothèses de cours sur le prix de l’once. De façon simple, on peut récupérer davantage d’onces quand le prix de l’or est à 1300$ l’once, que lorsqu’il est à 1100$, toutes choses – salaires, charges administratives, dépenses énergétiques… – égales par ailleurs.

 

Les compagnies vont donc sans doute devoir revoir le nombre d’onces dont elles disposent en réserves, en plus de la valorisation de celles-ci. Cela risque fort de les obliger à des dépréciations d’actifs. Si les hypothèses de calcul des réserves sont très variables d’une compagnie à l’autre, et si l’on peut justifier un passage temporaire des prix de l’or en dessous du prix d’évaluation de ses réserves et que les prix restent aussi longtemps en dessous des cours retenus, les groupes aurifères n’ont d’autre choix que de réduire leurs réserves pour tenir compte de la nouvelle réalité du marché.

 

On a ainsi vu dès l’an passé, un certain nombre de compagnies revoir leurs réserves au regard de la baisse de 2013. C’était par exemple le cas de Barrick qui a abaissé le prix d’estimation de ses réserves de 1500 $ l’once à 1100 $ l’once. Mais beaucoup de sociétés vont à nouveau devoir reconsidérer leurs réserves. Si l’on en croit l’étude menée par le broker TD securities, beaucoup sont encore en effet au-dessus des prix actuels (notamment Newmont, Goldcorp et Newgold avec une anticipation de prix moyen de 1.300$, Primeco, Timmins, AuReco  de 1.250$).

Ces compagnies continuent de gagner de l’argent et de générer un free cash flow positif, même si, sur la base d’un cours de 1100$ l’once, celui-ci n’est plus de 10% comme en 2014, mais plutôt de 5%.

Certains, plus raisonnables, comme Barrick Gold, Lake et Semafo (1.100$) Yamana (900$), ont encore un peu de temps devant eux. Mais pour les autres, qui ont encore un prix d’évaluation des réserves de 1.200 à 1.400$ l’once, la fin de l’année risque d’être l’occasion de réestimer les réserves. Avec potentiellement des dépréciations importantes à la clé.

Une nouvelle période difficile pour le secteur des minières aurifères pourrait donc intervenir et pousser à une concentration du secteur, alors même que la correction du métal jaune semble toucher à sa fin.

 

Benjamin Louvet      -Prim Finance-

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