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Décryptage de l’actualité de la semaine

Décryptage par Nicolas Chéron de l’actualité de la semaine.

Grèce : beaucoup de bruits pour peu de réelles inquiétudes ?

La semaine a commencé calmement, comme toutes les semaines, par des déclarations d’officiels européens selon lesquels la situation Grecque devenait alarmante et des déclarations du gouvernement grec selon lequel, encore une fois, la situation devenait insoutenable engendrant un possible défaut de paiement à échéance courte (le 5 juin précisément).

Fin de semaine, c’est sous un tout autre jour que ce dossier a été traité par les médias. Voici la photo du jour, montrant Syriza et Juncker se faire des blagues. A vous de juger si cette photo démontre des officiels stressés par la situation ou confiants quant à la signature d’un accord proche.

Leaders européens

Des indices aux mains des banquiers centraux

C’est cette fois Benoit Coeuré, membre de la BCE, qui a réveillé les marchés mardi (ou du moins c’est mardi qu’ont été diffusés ses dires de lundi soir ne profitant qu’à une poignée de hedge funds et d’investisseurs privés) en évoquant une accélération du programme de quantitative easing de la BCE en mai et juin afin de pallier au manque de liquidité sur le marché obligataire pendant les vacances d’été. Ont aussi été évoqués les violents mouvements du marché obligataire mais ce facteur n’a pas été retenu comme raison principale de ce changement de rhétorique.

Cette annonce a entrainé un décalage violent d’une part à la baisse sur la paire EURUSD qui flirtait avec les 1.15 et commençait justement à inquiéter, d’autre part à la hausse sur les indices boursiers et le Bund qui saluèrent le soutien de la banque centrale.

La parole fut ensuite de nouveau donnée aux banques centrales avec les minutes du FOMC (mercredi soir à 20h) et de la BCE (jeudi à 13H30). Aucune information supplémentaire ne nous a été donnée sur le timing d’une possible hausse de taux aux USA, mais les membres du comité malgré leurs doutes sur la force de la reprise économique américaine restent confiants sur le fait que les faiblesses du premier trimestre n’étaient que temporaires (grèves et froid). Quant à Mario Draghi, il s’est montré particulièrement confiant et déclara : « les perspectives économiques en zone Euro sont meilleures qu’elles ne l’ont été ces 7 dernières années ».

Good news is good news and Bad news is good news.

La séance de jeudi était chargée de statistiques économiques. En Europe c’est l’histoire du verre d’eau à moitié plein. Le PMI manufacturier français est ressorti supérieur aux attentes mais reste inférieur à 50 (indiquant une contraction du secteur) pour le 13ème mois consécutif. Quant aux PMI des services inférieurs, ils ne le furent pas de beaucoup et il est à noter que les chiffres du mois précédent ont été révisés à la hausse. Pour ce qui est des chiffres US, toutes les statistiques sont ressorties inférieures aux attentes ce qui a plaidé pour un ajournement de la date à laquelle la FED relèvera ses taux, ce qui a permis aux indices d’inscrire de nouveaux records historiques. Néanmoins, vous pouvez constater sur le graphique ci-dessous que les probabilités selon lesquelles la FED augmentera prochainement ses taux ne font qu’augmenter.
taux

Les actions chinoises déraillent

Tout a commencé par Hanergy Thin Flim, qui a décroché de 47% en une séance faisant ainsi perde une quinzaine de milliards à son propriétaire, un des hommes les plus riches de Chine. Le lendemain, ce fut le tour de Goldin Group dont la capitalisation boursière passa de 30 à 11.3 Milliards de Dollars en 48h. Si vous ne le savez pas encore, c’est actuellement la ruée vers la bourse en Chine avec un record de 4 Millions de comptes boursiers ouverts en une seule semaine.

 


Les investisseurs friands de sensations fortes investissent dans tout et n’importe quoi, engendrant des mouvements boursiers historiques d’une violence rare. Alors que 10% d’entre eux seraient analphabètes et ne comprendraient pas sur quoi ils investissent, on est en mesure de se demander si la hausse des indices chinois ne va pas finir en bulle comme en 2000 sur le Nasdaq.

La monnaie unique en danger

Comme spécifié dans ma dernière analyse sur la paire euro-dollar, la tendance de fond baissière pourrait reprendre ses droits non pas à cause de la Grèce mais encore une fois du dollar fort. Après un double échec à reprendre sa moyenne mobile à 20 jours à 1.118, l’euro retourne à pleine vitesse vers son pivot clé à 1.105 suite à la publication de chiffres d’inflation supérieurs aux attentes aux USA. En cas de rupture de ce seuil, les cours pourraient rapidement se diriger vers les 1.08, voire à termes, en direction des plus bas annuels à 1.05.

 

EURDOL

Tout comme le Yen

Inversément à la paire euro-dollar, la paire dollar-yen retrouve la proximité de ses plus hauts annuels. Cette paire, corrélée au baromètre du risque le SP500, portée par un dollar fort et une complaisance des marchés baissière pour le Yen, pourrait sortir de sa zone de consolidation horizontale en direction des 125 voire 128 JPY dans les semaines à venir. Ces perspectives seraient uniquement invalidés en cas de cassure du support situé à 119 JPY.

USDJPY

Week end prolongé

Les marchés seront fermés aux USA lundi, ce sera un jour férié pour l’Angleterre, l’Allemagne et la France raison pour laquelle peu de mouvements sont attendus. En d’autres termes, il pourrait être préférable de ne pas allumer l’ordinateur lundi et de se retrouver mardi matin pour commenter les marchés.

Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets

Article original

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