BFM du 15 avril 2015 – Double langage

Philippe_bechade

Double langage : Philippe Béchade VS Serge Négrier

La deuxième partie en vidéo n’est pas disponible, nous vous invitons donc à écouter la chronique du président des Econoclastes. La première partie en vidéo est néanmoins disponible à la fin de l’article.

Un double langage permanent

Personne n’ose prendre de position contre le marché, le comportement des investisseurs s’apparente à celui de moutons et pourtant, les gens s’attendent à des corrections dans plusieurs secteurs. Une raison à cela, selon Serge Négrier, c’est que « le système s’auto-entretient » grâce à des fusions-acquisitions nombreuses.

« Le FMI tient presque un double langage. »

« Les marchés sont drivés par les liquidités et en Chine on n’a même pas encore commencé à injecter les liquidités qu’Hong Kong s’envole. » Pourtant les chiffres annoncés par la Chine « sont faux » pour notre Econoclaste, mis à part peut-être celui de la consommation « qui est au plus bas depuis 9 ans. »

« Manifestement en Chine on a un ralentissement, donc on va avoir de l’injection monétaire, donc on va avoir une super ration de drogue pour euphoriser tout ça. Et vous avez vu qu’en Chine on n’a même pas besoin d’avoir l’argent pour que les marchés s’envolent. »

« La Chine est en hyper-spéculation. […] C’est presque plus sain d’aller mettre son argent en Inde qu’en Chine. »

Serge Négrier chez les Econoclastes ?

Serge Négrier rejoint les propos de Philippe Béchade et s’inscrira peut-être bientôt aux Econoclastes à en croire son discours : « Le vrai problème […] c’est qu’on n’a pas encore commencer un véritable assouplissement monétaire en Chine que la hausse est déjà faramineuse depuis le mois de novembre. »

« On spolie de l’épargne, on supprime de l’épargne et de l’autre côté on amasse des dettes au niveau des plus hautes instances, alors que si demain on constate, et ça peut être le cas aux Etats-Unis, que la croissance fait « psshhhiiiittt » on n’a plus d’autre possibilité que de refaire un QE4. » Serge Négrier

« En Europe on n’aura pas d’autre possibilité peut être dans quelques temps si on voit que la croissance fait « pssshhitt » que de dire « bah on n’a plus de moyens » puisqu’on a déjà des taux d’intérêt négatifs et qu’on a mis déjà 60 milliards par mois. »

Les QE sont inefficaces

« Monsieur Mario Draghi est désormais le maître du monde, c’est lui qui fixe la valeur des actifs. »

« Il n’y a pas de marché lorsqu’il y a un acheteur et qu’il décide de la valeur de toute chose. »

Aux Etats-Unis, le double langage marche aussi. Les experts de Goldman Sachs avaient annoncé un regain de pouvoir d’achat de 7% suite à la baisse du pétrole et pourtant il y a eu une contraction massive de la consommation (cf. La BCE a soudé l’aiguille du baromètre économique sur « grand beau »… mais le temps devient très blizzard ! pour plus de détails). « 7% de pouvoir d’achat restitué : 1% consommé. »

Au Japon, l’alignement des planètes était présent et pourtant, malgré le QE japonais, le prix des matières premières plus faible, etc. la consommation n’est jamais repartie, pas plus que l’inflation.

« Les QE ça ne marchent pas ! »

Les fusions-acquisitions sont inévitables dans cet environnement

Pour Serge Négrier, un tri va s’opérer en terme de placements avec l’arrivée des publications des entreprises. « Il y aura des gagnants et des perdants. » Pourtant, le vrai tri s’effectuera probablement plus au niveau des fusions-acquisitions à venir comme l’annonce le président des Econoclastes.

« On est arrivé au bout de ce qu’on pouvait faire en terme d’économie dans les entreprises. »

Les entreprises ayant tout fait à l’heure actuelle pour réduire leurs coûts, jusqu’à « racler l’os », elles n’ont plus qu’à se racheter les unes les autres. « En trois mois et quinze jours, […] on est déjà arrivé à plus de la moitié du total de l’année 2007 » en terme d’argent dépensé pour des fusions-acquisitions.

« Les résultats des entreprises : en Europe ils seront forcément meilleurs mécaniquement, un effet de base qui sera positif bien sûr plus l’effet change. Et là, il faudra qu’on regarde exactement quel est cet effet change. Parce que si on nous annonce 8% de croissance des bénéfices on est en dessous de ce qu’on aurait pu faire mécaniquement. […] il n’est même pas certain que la baisse de l’euro ait dopé les résultats des entreprises. En ce qui concerne les entreprises qui ont du free cashflow elles ne l’investissent pas. […] Et aux Etats-Unis c’est pareil. »

« On devrait atteindre cette année 1000 milliards de rachats de ses propres titres. Autrement dit on est bien dans une logique complète pour les initiés de monde sans croissance. »

Le rachat des autres et de ses propres actions a donc pour but de donner plus à ses actionnaires, dans un monde où la taille du gâteau ne grossit plus pour citer Pierre Sabatier. Cependant, toutes ces opérations ne génèrent rien en terme de croissance et de création d’emplois.

Rédigé par Raphaël Becanne

1 réponse
  1. H.Gallo
    H.Gallo says:

    Ca devient régulier le fait que les deuxième partie des émissions ne sont pas correctement encodées?

    BFM Business a des informaticiens de qualité inexistante. Deux fois la même erreur alors que la première n’a même pas été corrigée, on croit rêver. De plus il est facile de ré-encoder ces émissions même si certaines données ont été corrompues.

    Délirant.

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