BFM du 24 juin 2015 – Grenouille grecque

Philippe_bechade

Grenouille grecque : Philippe Béchade VS Thomas Vlieghe

« Compte tenu de l’alignement des planètes, gnagnagna, obtenir une croissance de 0,6% au premier trimestre et qui sera probablement du même ordre […] au deuxième trimestre », le bon chiffre du PMI était « le minimum qu’on pouvait attendre ».

« On a déjà pricé, surpricé, overpricé au delà de tout ce qu’on a pu connaître depuis l’an 2000 l’amélioration conjoncturelle que l’on constate aujourd’hui »

« Quant à la Grèce, c’est absolument sans espoir. Ce que Tsipras accepte quelque part c’est 30 ans de tutelle absolue des créanciers, emprunt perpétuel. »

« Les grecs veulent rester dans l’euro. Est-ce que si on leur avait expliquait en 2010 que rester dans l’euro signifiait un doublement du taux de pauvreté, un triplement du chômage, une baisse moyenne de 30% des salaires, une baisse moyenne de 45% des retraites, on leur avait présenté ce package et on leur aurait dit : « Voulez-vous rester dans l’euro ? », vous pouvez imaginer quelle aurait été la réponse. »

« Là les grecs sont comme la grenouille qu’on met dans la casserole sur la bouilloire, ils sont en train de mourir, ils n’ont même plus la force de sauter hors de la casserole. »

« Regardez le Japon : 325% d’endettement. C’est un exemple le Japon, c’est un modèle d’audace économique. La Grèce à 180% d’endettement : c’est pas bon ! Les riches ne payent pas d’impôts en Grèce : c’est pas joli ! Aux Etats-Unis les riches en payent beaucoup moins que les classes moyennes : ça c’est bien ! »

« Comment voulez-vous qu’un pays où le pouvoir d’achat chute de 40% en 4 ans […] se sorte de l’ornière ? »

« Jamais les résultats progresseront à la vitesse des marchés au premier trimestre » néanmoins l’amélioration des résultats suite au fameux alignement des planètes devrait être réelle. De plus, le fait que les taux d’intérêts aient monté mais que les marchés actions continuent leur course folle n’est autre que la conséquence de l’assouplissement quantitatif et de l’injection de liquidités massive : « c’est juste un marché qui est sous pression et sous opium monétaire. »

« Il faut arrêter de nous sortir des arguments comme quoi on paye l’amélioration des résultats, on paye l’amélioration de la conjoncture, etc. »

La FED devrait relever ses taux en deux temps : septembre puis décembre. « 25 points de base, 50 points base, ça ne change pas grand chose aujourd’hui au niveau des taux longs » ce qui fait que les marchés n’ont pas eu une crise d’allergie lors de ces annonces.

Le marché le plus inquiétant aujourd’hui est le marché chinois avec en une semaine -18.5% puis +10%.

« Ca se sont les réactions typiques d’un marché qui est prêt à craquer à la moindre alerte. »

« Le deuxième danger ça reste tout de même le parlement grec. »

Rédigé par Raphaël Becanne

4 réponses
  1. DELAMARCHE
    DELAMARCHE says:

    Tu tiens un champion du monde Philippe !!
    Je ne sais même pas si je peux rivaliser avec Marc.
    Je propose un petit dîner, un mercredi, à la rentrée.
    Ou lançons le concours 2015 du Bulot d’or de l’économie !!

  2. Zylo
    Zylo says:

    L’expression de mépris sur le visage de l’interlocuteur à certains moment fait mal…
    Je vais être provocateur : si on accepte que l’on est dans un monde où l’on marche sur la tête, c’est en effet lui qui a raison, et les marchés actions vont monter jusqu’au ciel puisque la BCE/FED et consort feront le nécessaire.

    J’aurais une remarque générale de méthodologie (c’est facile de demander plus quand on est un observateur derrière un clavier).
    En tant qu’observateur non professionnel de la vie économique, je trouve qu’il devient très difficile de s’y retrouver. Un coup on voit un édito qui dit que l’Italie est sortie d’affaire et est un modèle (« article » du figaro), un coup c’est l’inverse, un coup on dit que les marges vont baisser (interview d’O. Delamarche de lundi), on dit ici qu’elles vont monter or on est 3 jours plus tard ! Et à chaque fois sans support concret pour étayer la position.
    Sur quels chiffres/faits tout cela est-il basé ? Même s’ils peuvent être arrangés…
    Dit autrement, comment trouver pour le non-professionnel des informations fiables (ou dont on sait comment elles ont été obtenues, au minimum) qui viendraient en support des interventions que l’on peut voir ici ou ailleurs ? Car on en est réduit à croire ou pas les différents interlocuteurs.
    Cela serait le travail des journalistes économiques, mais apparemment ils préfèrent organiser des confrontations entre des positions (voire des croyances au stade où on en est de la « science » économique.) Chacun reprenant la bribe d’information microscopique qui l’arrange pour étayer ce qu’il veut démontrer.
    Avec Guillaume en Captain Obvious : « Philippe, les marges qui montent, c’est bon pour les bénéfices ? ». L’inverse eût été étonnant… La vraie question aurait été de savoir pourquoi le retournement de tendance, celui-ci est-il durable, parle-t’on seulement du même indicateur, sur quel périmètre et quelle échelle temporelle,…
    Dit encore autrement, où trouver des statistiques à peu près sérieuses, et mises au minimum dans un perspective temporelle (pour éviter de confondre clapots et marées justement) ? Est-ce que des éconoclastes disposent de ces informations, sont-elles partageables ? Idéalement avec des découpages par décile, ou au moins la médiane lorsque cela a du sens, car avec les concentrations et les énormes monstres qui se constituent il est possible que la notion de moyenne soit largement insuffisante pour comprendre ce qui se passe (ce qui expliquerait certaines des divergences d’analyse).

    Désolé pour ce commentaire trop long et merci pour l’effort de vulgarisation et de prise de conscience sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond. Au vu de cette interview il y a encore du travail…

  3. H.Gallo
    H.Gallo says:

    Après ce face à face, la langue de bois prend un sens nouveau. On a atteint des sommets stratosphériques.

    Je ne savais pas qu’on pouvais multiplier la mauvaise foi par l’ignorance, mais voici la démonstration faite.

  4. Les Econoclastes
    Les Econoclastes says:

    Bonjour Zylo,

    Effectivement il peut être difficile de s’y retrouver quand on peut lire tout et son contraire.

    Pour essayer de répondre à la question des sources une partie d’entre elles peuvent être obtenues via les calendriers économiques (une petite recherche et des dizaines apparaîtront, tous similaires quasiment). Ces calendriers utilisent pour tout ou partie les chiffres des organismes officiels des pays ou des grands organismes de trading par exemple.

    Sinon, on peut retrouver ces chiffres directement sur les sites des organismes officiels (BLS pour l’emploi aux Etats-Unis par exemple, l’INSEE, etc.).

    La fiabilité des chiffres est une autre question néanmoins, et là, seul le recoupement des différents chiffres des différentes sources peut permettre de supposer s’ils sont ou non trafiqués.

    Les Econoclastes

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