BFM du 29 juin 2015 – Une même monnaie ?

Delamarche_BFM_Grece

Une même monnaie ? Olivier Delamarche VS Rachid Medjaoui

« Il y a des constats à faire [sur la crise grecque] qui sont plus profonds, mais on va continuer pour les marchés à jouer avec les dates. » En effet, une fois c’est le 30 juin qui est la date décisive, maintenant c’est le 20 juillet. On ne fait que retarder l’échéance. « A chaque fois on nous dit : « c’est la réunion de la dernière chance, c’est ici que tout va se décider » puis à chaque fois on espère qu’on va nous donner encore une minute monsieur le bourreau. »

« Moi je trouve que Tsipras a fait un très joli coup dans cette négociation qui nous a montré tout le week-end d’ailleurs que la démocratie en Europe c’était un lointain souvenir »

« Il faut quand même qu’on explique aux gens que c’est avec leur argent qu’on joue » parce que les déclarations visant à tenter de passer un été tranquille ont un prix, « 30 milliards d’euros », celui des sorties de capitaux de la Grèce.

« On va encore leur presser sur le citron encore longtemps ? »

Pour Olivier Delamarche, « aujourd’hui actons le fait que le seul moyen pour que les grecs s’en sortent, c’est de sortir de l’euro. » Son homologue en revanche considère que « même s’ils sortent, cela ne va pas les exonérer de faire des réformes structurelles » et que donc « [les grecs] sont mieux dedans que dehors. » De plus, toujours pour M. Medjaoui, la Grèce ne dispose pas d’un système d’offre pour « profiter de la dévaluation » de la monnaie qui remplacerait l’euro.

« Je crois que le problème c’est que beaucoup d’économistes sont restés à la première année de fac d’économie »

Olivier Delamarche considère que « c’est les grecs qui ont les cartes en main » à l’heure actuelle et que les politiques européens ne sont plus à même de gérer la situation. « Pourquoi ? Parce que [les grecs] ont déplacé la dette dans les autorités publiques européennes et vous avez une considérable proportion du PIB qui est sortie de Grèce donc qui est en euro. Donc s’ils reviennent à la drachme ils reprennent 50% de pouvoir d’achat de plus dans la minute. »

« Vous ne pouvez pas faire marcher un pays qui n’a pas les mêmes caractéristiques fondamentales que certains autres pays de la Zone Euro au même pas. […] Il y a aujourd’hui beaucoup d’économistes qui ont compris que la Grèce n’aurait jamais dû rentrer dans l’euro. Quand on a un truc qui ne fonctionne pas, pourquoi à tout prix essayer de le faire marcher ? »

« Est-ce que l’Europe doit avoir une même monnaie ? On confond en ce moment Zone Euro et Europe. »

Olivier Delamarche est clair : « Moi je suis ravi qu’il y ait l’Europe, je suis ravis qu’il y ait un marché commun. Est-ce qu’on doit avoir pour ça une monnaie unique ? »

« A chaque fois que les peuples ont voté contre [l’euro] les dirigeants sont allés à l’encontre de ce qu’avait voté le peuple. »

Rédigé par Raphaël Becanne

9 réponses
  1. Fuchikoma
    Fuchikoma says:

    Le scud envoyé par O. Delamarche juste avant la page de pub: « Je crois que le problème c’est que beaucoup d’économistes sont restés à la première année de fac d’économie ».
    La courbe en J, il peut se la ranger R. Medjaoui.

  2. Thibault
    Thibault says:

    Les opposant d’Olivier sont souvent de bas calibre, mais là ça frôle littéralement la bêtise crasse… Bravo pour votre implication et votre persévérance, mais j’ai quand même des doutes sur le réveil possible des auditeurs de BFM WC comme l’appelle Pierre Jovanovic.

  3. baboul55
    baboul55 says:

    Ce qu’a fait Tsipras en proposant un référendum est un superbe coup de poker! C’est comme s’il avait montré une énorme gousse d’ail à des vampires, ils en sont terrorisés! Et puis, il faut quand même qu’a un moment quelqu’un ose faire quelque chose pour sortir de ce « revolving géant » qu’est devenu cette dette qui fait tant suffoquer certains pays européens, cette même dette qui crée une ponction telle qu’elle bloque toute l’activité … Avec cette décision Tsipras a déclenché l’ire de la nomenclatura européiste (qui lui tire dessus à boulets rouges depuis hier dimanche) : Rien que ça c’est plutôt bon signe pour la suite.

  4. Logan
    Logan says:

    Olivier VS les européistes convaincus
    Si seulement les grecs pouvaient voter non dimanche

  5. jpj
    jpj says:

    Les grecs vont dire NON a l’austérité et non NON a l’euro et a l’Europe, pour que les négociations reprennent. Si ils nous laissaient respirer un peu on pourrait peut-être se relever doucement sans casser cette belle idée qu’est l’europe, mais elle est tellement abominablement mal dirigée; par des non-elus, par des allemands dictateurs. On y est pas revenu aux annees 30 medjaoui? Tu veux y vivre en Grece?
    Olivier (que j’adore) devrait, je pense, faire un peu attention quand il parle du retour à la drachme; ceux qui retirent leur argent, en ce moment, c’est le peuple qui s’est fait surprendre et non les riches avertis et pour ce qui est de la culbute, c’est pour les gens qui en ONT.
    On a plus une tune, ni pour l’essence, ni pour les enfants et si on retourne en arrière – ce que je préconise, mais ça aurait du être fait des le début – mon emprunt en euro je vais le rembourser comment avec un pouvoir d’achat en drachme? A la rue!

  6. greg
    greg says:

    Si les grecs votent non dimanche et que d’une facon ou d’une autre ils sortent de l’euro, le show va commencer: sell off des dettes souveraines, doublement du QE europeen (dette italienne = 2 T Euro), 1 euro = 1 dollar ou moins …. et dans 3 mois les premieres faillites bancaires en europe « du coeur » et le grand deballage sur les petits jeux comptables du « mark to model ».

  7. Manu33
    Manu33 says:

    Ces journalistes qui n’en sont pas et qui font la propagande de l’euro c’est absolument abject. La presse, les politiques et les banquiers sont mains dans la mains pour berner le peuple. Tout cela est ridicule mais en plus c’est un déni de démocratie.

  8. Olivier
    Olivier says:

    Enorme intervention !
    Sinon pour vous éviter les représailles sur l’argument de l’euro source de nos souci économiques, amenez-les Lordon ou Giraud ; ou même Varoufakis ! ^^

  9. ouimais
    ouimais says:

    oui l’euro est mal fait, mais faut-il créer un système de régence européen (adieu la gouvernance de chaque pays) avec nos dirigeants actuels ? avec de nouveaux dirigeants ?
    dans ces deux hypotèses, QUID de la montée du populisme face à un tel système ? (prise de pouvoir totalitaire = bienvenue dans 1984)

    Ou faut-il sortir du système de monnaie unique avec nos dirigeants actuels ? et récupérer notre gouvernance nationale, en tout cas monétaire ? encore une fois la question de cette gestion par nos énarques se pose, ils l’avaient eux mêmes confiés à l’Allemagne dans le doute de leurs propres moyens intellectuels.

    la réponse a cette question mérite plus qu’un débat, elle mérite un referendum, donc Bravo la Grece. Toutefois reviens le problème de l’éducation des votants, problème de base du système democratique

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