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L’agriculture au service des groupes pétroliers, et vice versa?

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J’en parlais dans une note du mois d’avril (cf. Prim’Finance – Note avril), la Californie est touchée depuis maintenant 4 ans par une sécheresse historique qui menace toute l’activité économique de la région, et en particulier l’agriculture. Le phénomène s’est encore accentué depuis.

L’eau devient ainsi une denrée de plus en plus rare et des restrictions ont dû être mises en place par les autorités. Cela a donné des idées à des industriels qui croulent sous des tonnes d’eau dont ils ne savent pas quoi faire : les producteurs de pétrole et gaz de schiste. On a ainsi vu Chevron déverser 8 milliards de gallons (plus de 30 millions de m3) d’eau de forage retraitée sur des exploitations de pistaches et d’amandes. De son côté, la société California Resources, plus gros producteur de pétrole de l’état, prévoit de multiplier les ventes d’eau aux agriculteurs.

Pour réaliser la fracturation nécessaire à la récupération des hydrocarbures dans les bassins de schistes, les groupes pétroliers injectent en effet de grandes quantités d’eau, mélangées à du sable et… à des produits chimiques. Depuis plusieurs années, les compagnies stockent ces liquides dans des puits de stockage mais après quatre années de sécheresse extrême, ils réfléchissent à les vendre à des propriétés agricoles asséchées. Alors que cette industrie est de plus en plus décriée pour sa consommation d’eau, ce « recyclage » serait également pour eux un bon moyen de limiter les risques de contamination et les attaques des mouvements écologistes.

D’autant que la pression s’accroît sur l’industrie pétrolière. Le régulateur californien vient en effet d’accuser les groupes de forage d’avoir « par erreur » autorisé des compagnies à injecter leurs eaux usées proche de bassins aquifères, risquant ainsi la contamination.

Reste à savoir quelle est la qualité de cette eau… Des organisations écologiques craignent une catastrophe écologique, même si les groupes pétroliers assurent respecter les standards de pollution et livrer une eau « propre ». L’eau, généralement trop salée pour être potable, peut être traitée afin d’être rendue propre à l’utilisation agricole. Les projets pilote se multiplient, et l’industrie pétrolière à travers le pays suit les développements avec attention. Car si la technique se généralise, elle leur permettrait de faire d’une pierre deux coups : régler leur problème de stockage d’eaux usées et… réduire leurs coûts de production grâce au fruit de la vente de cette eau recyclée. Gageons que ceci ne se fera pas au détriment de la santé publique…

Par Benjamin Louvet, Directeur Général Délégué chez Prim’Finance

Note originale sur Prim’Finance

4 réponses
  1. passant
    passant says:

    Donc si je comprends bien, l’eau est salie pour exploiter des hydrocarbures qui par leur combustion vont participer au changement climatique, puis on nettoie l’eau (autant que possible et ça me surprendrai que ce soit propre) pour palier à une des conséquences probable du changement climatique précité !!

    J’espère que tout va pour le mieux dans la tête des personnes qui soutiennent que nous sommes une civilisation évoluée, ainsi que dans la tête de ceux qui soutiennent l’exploitation des gaz de schistes et autre agriculture industrielle.

    Perso je ne peux m’empêcher d’avoir quelques doutes, désolé.

  2. passant
    passant says:

    tiens, on peut re-commenter maintenant que les éleveurs et éleveuses de porcs en france se sentent bien seul, elles et eux aussi.
    D’un côté la sécheresse climatique, de l’autre la sécheresse économique. Ben oui quand on veut déréguler en matière d’environnement (aux US c’est grâce à bush que l’on exploite les gaz de schistes), ou en matière économique (les élevages français ont cru au  »libre échange » prôné et porté par la FNSEA), ben les plus petits se font écraser.

    C’est rigolo parce que quand on leur dit, ils nous traitent soit de djhiadiste vert, ou de communiste (alors que maintenant ils en appellent à la régulation des prix, en contraignant les grandes surfaces, mdr !!). C’est triste à dire mais des deux côtés ils n’ont que ce qu’ils méritent. Trouvez vous des petits paysans et achat direct (il y en a encore qui ont parfois du mal à survivre, donc encore du potentiel à fournir).

  3. Luca
    Luca says:

    Merci pour ton te9moignage, c’est vrai qu’il n’y a rien de plus siple que de dire un mot, mais rien de plus difficile que d’exprimer ce que l’on rensest a la personne que l’on aime, surtout quand c’est quelque chose qui est tabou.

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