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Au bout du rouleau …

Les arguments qui nous ont fait monter jusque là depuis l’élection de Donald Trump, ne font plus recette. Le marché a besoin de « plus » pour pouvoir éventuellement, le cas échéant, monter plus haut.

Ce n’est pas que ça baisse vraiment, mais on sent que ce que l’on utilisait comme justification pour « acheter le marché » ne fonctionne plus. Les intervenants ont « besoin de plus » pour se laisser convaincre de parier une piécette sur une action quelconque. Individuellement, il y a toujours deux-trois histoires qui fonctionnent très bien, mais globalement, plus personne ne semble croire à la pérennité de la hausse actuelle. On en veut plus.

Ces dernières années, il ne faut pas se leurrer, c’est surtout grâce aux manipulations des banques centrales pour soutenir l’économie et le marché (et encore, c’est plutôt pour soutenir LE MARCHÉ et l’économie ensuite) que nous sommes montés si haut. Maintenant, à l’aube de cette nouvelle année, les intervenants veulent d’abord « être sûrs » avant d’ouvrir le porte-monnaie. Cela passe peut-être pas une saison des publications qui démontre par A+B que quelque chose va mieux à Wall Street, que l’économie montre en effet des signes de croissance et qu’effectivement, la FED a raison d’être là, dehors, en train de monter les taux pour mettre un frein à cette inflation galopante qui est presque plus angoissante que la récession selon le point de vue où l’on se place.

Hier, la moitié des Présidents de la FED étaient de sortie et ils sont tous venus distiller la bonne parole et leur avis, mais globalement, on a l’impression qu’autant il y a trois mois on pouvait avoir des journée axées uniquement sur la déclaration d’un type que l’on ne savait même pas de quelle FED locale il était le Président, autant aujourd’hui il serait venu devant la presse déguisé en danseuse du Moulin Rouge avec des plumes qui sortaient de partout, ça n’aurait strictement rien changé. Tout le monde s’en fout et tout le monde attend autre chose pour prendre une « vraie décision ».

Hier soir tard, il y avait Yellen qui parlait, mais visiblement, mis à part deux-trois banalités, son « discours » d’hier ne devrait pas changer la face du monde au degré auquel le discours de l’irrationnelle exubérance de Greenspan l’avait fait en son temps.

 

Alors en attendant, on se demande tous, statistiques à deux balles à l’appui, si lorsque Trump aura finalement prêté serment, on ne va pas se casser la figure – ce qui plairait aux « permabears » qui hurlent «au loup » depuis 18 mois. Mais rien n’est moins sûr, alors dans le doute, on attend et on suivra le mouvement de foule le moment venu, et on trouvera les justifications après, comme on en a si bien l’habitude. En attendant on ne fait tout simplement rien. Ou pas grand-chose. Les indices américains terminaient en légère baisse et la nouvelle la plus notable, c’est que le Nasdaq a interrompu sa cavalcade haussière et pour la première fois depuis 7 séances, il terminait dans le rouge et ne battait pas de record.

Hier le marché européen était un peu plus excitant que le marché américain, c’est peut-être d’ailleurs plus de ce côté que se passe les choses en ce moment. Il faut dire que la veille, l’Europe n’avait pas pu savourer le discours de Trump durant les heures d’ouverture. Ses commentaires sur la dictature des prix des médicaments menée par les groupes pharmaceutiques n’avaient pas pu être appréciés à leur juste valeur. On a donc logiquement rattrapé le retard ce jeudi matin.

BBBiotech, Novartis et Glaxxo, pour ne citer que ceux-là, ont donc vécu une sale journée. Sans vouloir vous faire un dessin, c’est clairement et la pharma seule qui tirait les indices européens dans une de ses pires journées depuis la cassure haussière réalisée en décembre.

Sans oublier que maintenant que Volkswagen a réglé son contentieux, les Américains n’ont pas perdu de temps pour se trouver un nouveau bouc émissaire qui est susceptible de payer des amendes stratosphériques parce qu’ils n’ont pas dit assez fort que le diesel ça pollue un peu plus que prévu, et cette fois il s’agit de Fiat-Chrysler. Fiat-Chrysler qui avait pourtant été une des premières sociétés à répondre aux Tweets de Trump en annonçant des investissements aux USA.

Mais ça n’a pas suffit au Département de la Justice Américain (DOJ), qui applique la bonne vieille stratégie du « Greed is good », mis en place par Gordon Gekko en son temps. Les autorités américaines ont découvert qu’en s’attaquant à une industrie étrangère, on peut aller frapper à plusieurs portes pour demander du pognon et qu’en plus, les industries en question avaient tellement peur des sanctions américaines éventuelles qu’elles se dégonflaient systématiquement et ouvrait le porte-monnaie sans broncher en espérant qu’on les oublie et que le DOJ passe à une autre victime à laquelle elle peut sucer le sang. Il n’y a qu’à voir les banques, suisses en particulier, maintenant c’est les voitures – Renault et le groupe PSA peuvent d’ailleurs s’estimer heureux de ne pas vendre de Clio’s diesel au States, sinon ils seraient les prochains sur la liste. Une fois que le Département de la Justice en aura fini avec les constructeurs automobiles, ils passeront aux pharmas, c’est presque une certitude.

Toujours est-il que l’on reproche à Fiat d’avoir utilisé la technologie pour cacher les valeurs réelles de ses émissions diesel, un peu comme VW en gros. Fiat hurle à la dénonciation calomnieuse, mais en même temps si vous roulez 100m derrière une Tipo diesel, pendant 5 minutes, vous comprendrez rapidement le pourquoi du comment de la décision du DOJ. Le titre perdait 15% sur la nouvelle.

On notera aussi la forte hausse de Richemont qui a annoncé une hausse de 6% de ses ventes durant les trois derniers mois. Dans la foulée, le titre prenait 8.6% emmenant tout le secteur avec lui.

L’or est à 1193$, le pétrole vaut 53.07$, rien à dire de ce côté-là.

Ce matin l’Asie est en hausse, le Japon avance de 0.6%, le Hang Seng de 0.45% et la Chine progresse de 0.12%.

Dans les nouvelles du jour, on retiendra que le marché attend les chiffres du trimestre qui vont commencer à sortir « pour de vrai » ce vendredi, avec les premières banques qui vont essuyer les plâtres. Rien que ce matin, nous aurons Bank of America, JP Morgan et Wells Fargo, mais aussi BlackRock, même si ce n’est pas une banque, ce n’est pas très loin.

Hier soir après la clôture, Pandora, qui fait dans la radio internet a fait un « profit warning » à la hausse et annoncé qu’ils allaient virer du monde. Que des nouvelles qui font plaisir aux investisseurs, le titre prenait 7% after close.

THE_FACTS_cartoon_01.12.2017

7 « top shots » de Morgan Stanley, dont James Gorman, le CEO, ont vendu des actions de leurs banque, profitant du Trump Rally pour cela. Le débat de la primaire de la gauche a été visiblement passionnant, presque aussi passionnant que quand vous êtes invités à une soirée diapos chez des amis, sans compter que l’ensemble des candidats s’en sont pris au bilan de François Hollande et que plupart des candidats sont des anciens Ministres de François Hollande, c’est un peu comme si Messi venait dire à la télé que les salaires très élevés dans le foot sont un scandale et qu’il pense que les jeunes joueurs devrait dorénavant être plafonnés à 5’000 euros par mois.

Les anciennes gloires des Hedge Funds sont en difficulté. Depuis quelques jours on apprend un peu partout que Soros a perdu 1 milliard durant le Trump Rally, lui qui hurlait à la correction l’automne passé en a pris plein les dents pendant la hausse. Fallait pas être short et puis c’est tout ! Mais il n’y a pas que lui, puisque le Hedge Fund d’Icahn s’est pris 20% dans les gencives après une année 2015 à -18%, la bonne nouvelle pour Icahn, c’est que comme il est dorénavant très près du gouvernement Trump, il va pouvoir se refaire.

Le Barron’s fait la liste de ce que Tesla va devoir accomplir en 2017 pour « faire plaisir » à tout le monde et ça ne sera pas simple. Le journal aime Amazon contre Macy’s et ils sont bullish sur Bank of America, il faut acheter Citigroup sur faiblesse et ils pensent que ceux qui investiront dans Sony ou dans Nintendo, peuvent s’attendre à des gains de 50%.

Autrement, PIMCO est d’accord avec moi, la Livre n’a pas fini de se casser la figure et même si actuellement elle s’accroche à la falaise par les ongles pour ne pas tomber, ça ne devrait pas durer.

Côté chiffres économiques, nous aurons le CPI en Espagne, le PPI et les Retail Sales aux USA, ainsi que le Michigan Confidence et plein de sbires de la FED qui parleront.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.09%, l’Euro/Dollar vaut 1.0615, le Yen est à 115.05 et la Livre vaut 1.2166. Pendant ce temps, le Dollar/Suisse s’échange à 1.0103 et l’Euro/Suisse se traite péniblement à 1.0724. Le Bitcoin a stoppé son plongeon et vaut 789$ quant au rendement du 10 ans US est de 2.37%.

2 réponses
  1. emmanuel
    emmanuel says:

    Changer de métier votre story devient vraiment fatiguante.
    Tiens si vous ecriviez sur ce qu’il serait possible de faire plutot que CA pour construire un autre modele.

  2. Emmanuel
    Emmanuel says:

    1,6% de croissance pour les usa en 2016.
    Le chiffre que je prevoyais il y a un an.
    Alors pour 2017 moins de 1%.
    MOINS DE 1%…

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