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Et pendant ce temps, la fuite des capitaux s’accélère en Chine …

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Alors que la planète a les yeux rivés sur l’Europe depuis le début de l’année (attentats en France, QE attendu et annoncé par la BCE, élections en Grèce), nous sommes inquiets de la récente tournure des évènements en Chine : les autorités de la seconde économie mondiale semblent de plus en plus démunies pour juguler le ralentissement structurel entamé il y a désormais trois ans. Retour sur les trois points qui nous font croire à la survenue d’un choc de grande ampleur pour la seconde économie mondiale à partir du second semestre 2015.

1.    NON, la consommation des ménages chinois ne prend pas le relais !

La trajectoire récente de l’économie chinoise illustre bien un phénomène mal intégré par les investisseurs occidentaux : l’incapacité des autorités à transférer le moteur de la croissance des exportations et de l’investissement vers la consommation intérieure chinoise, en dépit des annonces réitérées du gouvernement allant dans ce sens depuis plusieurs années.

Consommation des ménages et ventes au détail en Chine

Le ralentissement continu de la production industrielle mais aussi de la production d’électricité, proches de leurs plus bas de la crise de 2008-2009, traduit bien la faiblesse actuelle de l’économie chinoise, qui semble toucher tous les secteurs : automobile, équipements ménagers, production d’acier, ciment, textile, électricité, aluminium, charbon, et se traduit par un ralentissement concomitant des importations en volume.

Production d'électricité et production industrielle en Chine

2.    Un « junky » ne fait pas de vieux os…

Rappelons d’abord que les Etats-Unis ont connu leur plus grande récession depuis 80 ans en 2008-2009, en raison d’un endettement total ayant explosé de 839% en 25 ans… soit un rythme 2.7 fois plus rapide que le PIB. La Chine a fait mieux : depuis 2000, la dette totale de l’Empire du Milieu est passée de 1 billion (1 000 milliards) de dollars à plus de 27 billions (27 000 milliards de dollars), soit un rythme d’appréciation 3.4 fois plus rapide que celui du PIB. De tels chiffres n’ont jamais été atteints dans l’Histoire économique.
Une telle orgie de dettes a naturellement alimenté la plus grande bulle d’investissement de l’Histoire et entraîné une allocation de l’épargne incroyablement inefficace. La fin d’un tel processus (porté à son extrême par l’Espagne dans les années 2000-2007) est toujours le même : une grande part des investissements réalisés finissent par révéler une rentabilité insuffisante, provoquant un accident de croissance brutal et de grande ampleur.

Stock de crédits distribués au secteur privé non financier en Chine
Lorsque l’on sait que le taux de vacance dans les zones urbaines atteint 27%, les surcapacités de production entre 30% et 40% dans de nombreux secteurs industriels, et que d’innombrables centres commerciaux, bureaux, routes, voies ferrées, ponts ou immeubles restent littéralement vides sur le territoire, nous estimons que le « moment » de la rupture se rapproche à grands pas.

Comme souvent, les surprises ne se produisent pas où on les attend : nous croyons que l’année 2015 pourrait être celle d’une correction de la part de la désormais seconde économie mondiale

3.    Le temps se gâte : la sortie des capitaux s’accélère…

En parallèle, la Chine doit désormais entamer une cure de désintoxication aux entrées de capitaux. En effet, alors qu’elle a été habituée durant les 15 dernières années à bénéficier d’un environnement où elle cumulait des excédents courants et des entrées de capitaux, conduisant le pays à accumuler des réserves de change pour éviter l’envol de sa monnaie… elle doit désormais se passer du second volet. Les derniers chiffres le confirment : en lien avec une incertitude de plus en plus forte de la part des acteurs locaux quant à la capacité du gouvernement à éviter un accident de croissance à court et moyen terme, les capitaux fuient le pays, comme le montre la hausse de la balance commerciale chinoise (liée à la faiblesse des importations) concomitante à la baisse des réserves de change détenues par la Banque Centrale de Chine. En effet, la très faible correction du Yuan traduit une véritable fuite des capitaux de grande ampleur durant la même période.

Mouvements de capitaux en Chine

Comme souvent, les surprises ne se produisent pas où on les attend : nous croyons que l’année 2015 pourrait être celle d’une correction de la part de la désormais seconde économie mondiale (voire première en parité de pouvoir d’achat). Lorsque l’on connait le « contrat moral » entre la population et le Parti (pas de remise en question de la légitimité de ce dernier tant qu’il assure suffisamment de croissance pour que chaque chinois puisse espérer changer de classe sociale, valeur estimée autour de +7% par an), on peut s’inquiéter des conséquences qu’un décrochage brutal de l’économie chinoise provoquerait à la fois en termes de stabilité sociale interne, mais aussi d’impact sur les autres pays d’Asie (la région est une des plus intégrées commercialement au monde) et par extension au reste du monde (à travers le poids de la Chine dans la consommation de matières premières et dans l’approvisionnement des pays occidentaux).

Pierre Sabatier, PrimeView

8 réponses
  1. fred1903
    fred1903 says:

    vous etes sur des 2 chiffres ?

    depuis 2000, la dette totale de l’Empire du Milieu est passée de 1 milliard de dollars à plus de 27 milliards, soit un rythme d’appréciation 3.4 fois plus rapide que celui du PIB. De tels chiffres n’ont jamais été atteints dans l’Histoire économique.

  2. Casanova
    Casanova says:

    Bonjour Pierre,
    Bel article, aurais-tu également un comparatif production de ciment/PNB?
    Au regard de la « volatilité » des mouvements de capitaux, la devise me semble fantastiquement bien « tenue », surtout depuis 2013.
    Je partage ta conclusion, avec cependant un peu moins d’inquiétude.
    On ne sait pas vraiment très bien si 7% est un point seuil nécessaire au maintien du pacte social et de plus, on est difficilement en mesure d’apprécier le poids du parti (10M de « privilégies » tout de même ) sur l’armée.
    Le vrai risque serait une évolution de la politique de « transparence » de Xi Jinping à la Gorbatchev mais cela ne me semble pas encore à l’ordre du jour.
    Amicalement
    JFC

  3. descaves
    descaves says:

    de 1 à 27 milliards, certes le rythme est important mais les sommes me paraissent dérisoires à coté de la dette us de 18.000 milliards.

  4. Koba
    Koba says:

     » depuis 2000, la dette totale de l’Empire du Milieu est passée de 1 milliard de dollars à plus de 27 milliards,  »

    Vous n’êtes pas un économiste, mais un rigolo.

  5. emmanuel
    emmanuel says:

    Quand la majorite attend un miracle une petite minorote ouvre les yeux.
    Merci Pierre.
    C’est la fin d’un monde.
    Et l’on doit trouver un nouveau model pour la croissance.

  6. Dek
    Dek says:

    il y a un problème dans les chiffres, la dette publique chinoise représente plus de 40% du pib en 2014, on est très loin de 27 milliards…

  7. Les Econoclastes
    Les Econoclastes says:

    Effectivement, une coquille s’est glissée dans les chiffres. La dette totale chinoise atteint plus de 27 000 milliards de dollars, et non 27 milliards de dollars.
    Le texte a été corrigé. Toutes nos excuses pour cette erreur, qui n’aurait pas dû nous échapper lors de la relecture de l’article.

  8. laurent
    laurent says:

    Ce qui est surtout symptomatique, c’est que ce n’est pas l’économie chinoise qui va mal, mais ses clients.

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