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Cela fait 36 ans que cela dure, croyez-vous que cela relève d’un accident de l’histoire ?

Ce texte aurait dû être ma chronique « grinçante et décalée » du 15 du mois… mais grincer ne saurait suffire en la circonstance, et c’est l’actualité qui a « décalé » bien plus dramatiquement que ce qu’envisageaient les spécialistes du terrorisme dans leurs pires scénarios.

Le texte qui va suivre n’est en aucun cas une synthèse des avis unanimes des Econoclastes et je suis intimement convaincu qu’il suscitera réactions et controverses au sein de ses membres.

Les prochains apports promettent d’être intéressants : patientez un peu et vous découvrirez une multiplicité d’angles auxquels je n’ai pas songé, j’en suis bien conscient.

 

« La France est en Guerre », voilà la phrase choc prononcée par le Président de la République et qui figurait à la « une » de la plupart des médias samedi matin…

Est-ce une sorte d’hallucination auditive… mais j’ai eu un peu l’impression qu’il y a de l’écho dans la communication gouvernementale cette année.

Après la tuerie de Charlie Hebdo et la prise d’otage de l’Hyper Kacher, la France ne s’était-elle pas déjà déclarée en « guerre contre le terrorisme » ?

C’était déjà un « 13 » (décidément)… mais le 13 janvier 2015. Souvenons des mots de François Hollande : « La France est en guerre contre le terrorisme, le jihadisme et l’islamisme radical« , mais « pas contre une religion« .

« Notre grande et belle France ne rompt jamais, ne cède jamais, ne plie jamais. Elle fait face, elle est debout« ,

Une affirmation bel et bien suivie d’effet -certes à retardement- avec le début de frappes au-delà de la frontière irakienne en toute fin d’été : il a en effet fallu attendre les premiers jours du mois de septembre.

Les premières bombes ont été larguées « sur des sites d’entrainement et de stockage d’armes » de Daesh en même temps que démarrait l’année scolaire.

Car il n’était pas question pour la France, depuis de la début de la déstabilisation du régime de Bachar El Assad par les Etats Unis et les monarchies du Golfe en 2011, de s’en prendre à Daesh ou Al Nosra sur le territoire « souverain » syrien.

Comme si Damas exerçait encore la moindre forme de souveraineté sur les 60% du territoire contrôlés par l’Etat Islamique.

Il n’était en réalité pas question d’entreprendre quoi que ce soit qui puisse être perçu comme une aide tacite et indirecte au régime de Damas… notamment en affaiblissant ses adversaires les mieux armés et les plus virulents.

Sans compter que cela rendrait également la tâche plus facile aux groupes armés chiites (principalement le Hezbollah) soutenus par Téhéran alors que la France restait jusqu’à très récemment l’une des dernière à prôner la « ligne dure » à l’encontre de l’Iran.

Or, Washington et le Pentagone négocient secrètement avec Téhéran depuis 2012 en vue de la réintégration de ce pays plurimillénaire (par opposition à des pays arabes de la région ayant moins de 70 ans d’existence) dans le concert des nations dites « fréquentables ».

Le Quai d’Orsay et l’Elysée ont continué de faire comme s’ils n’étaient pas au courant… pariant peut-être sur un échec des tractations sur le délicat volet du nucléaire iranien qu’Israël s’évertuait à faire échouer, en faisant jusqu’au bout pression sur le Congrès US.

Un Congrès devant lequel le Premier Ministre israélien est venu le 3 mars dernier -à l’invitation des parlementaires Républicains- prononcer un discours (son 3ème, un privilège unique qu’aucun autre chef d’état ou de gouvernement n’a jamais obtenu en 50 ans) de mise en garde contre l’accord sur le nucléaire négocié par B.Obama.

Comme l’avait souligné Robert Kagan à l’époque, «C’est comme si les membres démocrates du Congrès avaient appelé le président français Jacques Chirac à venir défier le président Bush sur la guerre en Irak (en 2003)… un cas de figure impensable».

L’accord a finalement été entériné par le Congrès et le processus de levée de l’embargo est désormais bien engagé, même s’il peut être suspendu à tout moment au moindre « manquement » de la part de Téhéran.

Que ce soit par aveuglement ou par calcul (dicté par une obnubilation anti-Assad), la France a délibérément laissé prospérer Daesh en Syrie.

Certes, elles n’est pas la seule parmi les pays occidentaux, les Etats-Unis appliquant longtemps une stratégie de soutien plus qu’implicite, avant de finir par considérer ces « barbares moyenâgeux » (nouvelle terminologie adoptée par la diplomatie US) par trop infréquentables, à force de décapitations.

D’autant que la France participait bien -depuis le revirement américain- au bombardement d’objectifs contrôlés par l’Etat Islamique en Irak, tuant de très nombreux civils : des chiffres effrayants circulent concernant le ratio des « victimes collatérales » pour l’élimination (via des missiles balistiques, des bombes, des tirs de drones, etc.) d’un seul « terroriste ».

Et les « succès » revendiqués sont difficilement vérifiables .

Le silence des médias et du gouvernement sur cet aspect des « choses » -car la vie des civils innocents en Irak et en Syrie compte apparemment si peu- est assourdissant.

C’est bien connu, lorsqu’il est question d’une guerre (et de ses réelles motivations), la première victime, c’est la vérité.

Tout ce qui précède faisait de notre pays -à l’insu d’une majorité de citoyens français- un adversaire désigné et une cible militaire privilégiée de Daesh, et ce, depuis bien avant la proclamation de l’Etat Islamique fin juin 2014 (les attentats de janvier survenant 6 mois plus tard).

Mais le ciblage de la France par l’Islam radical ne date pas de 2014 : notre pays a subi ses premiers attentats fomentés par le GIA (Groupe Islamique Armé) en 1995 puis 1996 (8 attentats au total, de mémoire, dont celui de St Michel) et elle n’a jamais plus cessé depuis d’être menacée ou attaquée par les membres les plus radicalisés des mouvements d’obédience salafistes depuis 20 ans.

Pourquoi les médias se montrent-ils aussi « prudents » (c’est-à-dire quasi muets) sur le rôle de certaines pétromonarchies du Golfe -présentées comme nos alliées- dans le financement de mouvements salafistes radicaux, basculant presque systématiquement dans le terrorisme depuis 1979/1980 ?

L’exprimer au grand jour et sans fioriture comme l’a fait sur France-2 samedi matin l’ex-patron des investigations antiterroristes, le juge Trévidic, aurait en effet mis notre diplomatie en porte à faux.

Surtout depuis que la France accède à toutes les demandes de sanctions à l’encontre d’une Russie systématiquement diabolisée (pour cause de déstabilisation de l’Est de l’Ukraine) par ces mêmes médias qui taisent le rôle de l’Arabie Saoudite et du Qatar dans la déstabilisation radicale de la Syrie, précipitée dans une guerre civile qui provoque le déferlement de millions de réfugiés vers la Turquie et l’Europe.

Mais pourquoi les Etats-Unis ont-ils entraîné et armés ceux-là mêmes qu’ils qualifient aujourd’hui de « barbares » à l’idéologie mortifère ?

Parce que leur priorité était d’éradiquer le régime de Damas, le dernier soutien régional dont dispose encore Moscou, sans s’impliquer directement comme en Irak ou en Afghanistan, tout en faisant le pari que ces « rebelles » se montreraient reconnaissant envers les Etats-Unis une fois Bachar El Assad renversé.

Sa dictature est certes épouvantable, criminelle, ubuesque… mais nombre de dictatures sanguinaires en Afrique ou en Asie ont prospéré et prospèrent encore sans que les Etats-Unis ne s’en offusquent.

Comme l’a rappelé le juge Trévidic, sans s’embarrasser de précautions de langage tant la réalité lui apparaît limpide, la diplomatie américaine « aime » les salafistes radicaux parce qu’ils sont pro-business et économiquement « libéraux ».

Les néoconservateurs américains qui dirigent la diplomatie US depuis les années Reagan -peu importe la coloration du congrès, tantôt Républicain, tantôt Démocrate- préfèrent de façon manifeste les dictatures religieuses (et de préférence ultra-fondamentalistes) aux dictatures laïques.

Les dictatures laïques sont bien sûr des dictatures parfois très dures, certes, mais qui garantissent l’unité d’un pays multiconfessionnel, et une sécurité relative pour chaque communautés religieuses, se mêlant assez peu des questions de mœurs.

Les dictatures religieuses sont d’expérience -sinon par essence- totalitaires… et elles déploient des efforts démesurés pour imposer un mode de vie qualifié de moyenâgeux par nos démocraties occidentales, mais également la Chine et la Russie (ce qui ne les empêche pas davantage que les Etats-Unis de commercer avec, ni de leur apporter au besoin un soutien militaire si cela peut contrecarrer l’influence occidentale).

La différence entre Washington et Bruxelles d’un côté, puis Moscou et Pékin de l’autre, c’est que les ex-dictatures communistes sont impitoyables avec les mouvements de rébellion d’essence religieuse (islam -sunnite ou chi’ite- ou même Bouddhisme).

Et l’arsenal répressif ne se limite pas à la persécution et à la prison : les sources de financement sont systématiquement détruites (pétrole, coton, ressources minières, opium, etc.).

Comment expliquer que la « guerre contre le terrorisme » menée par la France ne s’accompagne pas d’actions diplomatiques résolues pour que la Turquie réprime et empêche la contrebande de pétrole et de coton exportés par l’Etat Islamique ?

N’est-il pas absolument confondant d’observer que c’est dans la proche banlieue de Bruxelles, la capitale d’une « certaine idée de l’Europe », porteuse de valeurs de tolérance (ce qui inclut les religions) et de progrès social », qu’émerge ce qui s’impose désormais comme le principal foyer de radicalisation islamiste salafiste du vieux continent?

Les jeunes belges d’origine musulmane -ou qui se sont convertis à un islam radical, l’enquête le déterminera- qui sont venus se faire exploser à quelques centaines de mètres du Président de la République, alors en tribune au Stade de France, ne sont pas particulièrement persécutés en Belgique (et encore moins par la France) et il est peu probable qu’ils aient perdu un membre de leur famille dans des bombardements en Syrie… alors que c’est le mobile revendiqué lors de l’attaque de vendredi.

Même constat pour les frères Kouachi ou pour Amedy Koulibaly qui ont clamé avoir été motivés par un impératif « philosophique » ou le besoin de se venger d’Israël.

Les médias les ont présentés -peut être à juste titre- comme des esprits faibles, aux idées simplistes et confuses, en perte de repères, en quête d’un destin, endoctrinés et aveuglés par la haine de l’occident (et notamment une hostilité irréductible au concept de laïcité)… et suffisamment motivés pour passer à l’acte.

Quelle meilleure définition du « pion que l’on manipule » ?

Et une bonne partie du personnel politique qui s’est fait élire ou qui a assumé les plus hautes fonctions, feint de découvrir que nos banlieues (ainsi que celles de Bruxelles, Londres, mais aussi Marseille, Toulouse, etc.) regorgent de kamikazes en puissance et que la France a fait des choix diplomatiques regrettables !

Mais cela fait 36 ans que les mouvements salafistes-abondamment financés par les monarchies du golfe -aux sues et vues de tout le monde- effectuent ce travail de recrutement d’individus vulnérables, de prise en charge matérielle et psychologique, de formation au Djihad, que ce soit dans les prisons ou dans les quartiers défavorisés.

Des « signes visibles » de rejet de nos valeurs et de nos mœurs se sont pourtant multipliés durant des décennies et ce, partout où la révolte gronde, partout où les autorités locales par manque de moyen ou par manque de clairvoyance les laissent prospérer.

Aux appels au Djihad, aux preuves manifestes de déclassement de la femme et de l’éradication de son existence sociale dans l’espace public, il ne leur a été opposé que nos principes de tolérance, de non stigmatisation de « particularisme culturels »… lesquels ne sont aux yeux des fondamentalistes qu’une preuve supplémentaire de notre décadence morale et politique.

Mais il y a pire que le « laisser faire » par angélisme ou par aveuglement, il y a le « laisser faire par calcul »… et certains pays qui se présentent comme nos alliés le pratiquent avec un cynisme que nos gouvernants, actuels ou pas si anciens feignent de découvrir.

Alors bien sûr, quand des centaines d’innocents ont été tués ou blessés par un ennemi extérieur qui instrumentalise ceux qui nous haïssent de l’intérieur, il serait bien commode de diaboliser cette fois-ci l’Arabie Saoudite et le Qatar pour en faire « les méchants de l’histoire » (cela viendra peut-être)… mais jusqu’à présent, la politique constante des pays occidentaux reste de les traiter comme des clients privilégiés pour notre industrie de l’armement et comme les bienveillants financiers de nos fins de mois difficiles (ce sont de gros acheteurs de bons du Trésor, d’OAT, de « BTP » italiens).

Qu’ils cessent de sortir leur chéquier et notre système financier basé sur la dette et la « fiat monnaie » basculerait dans le chaos.

Leur qualité de créanciers nous interdit de les traiter en ennemis.

Leur qualité de créanciers et d’incontournables fournisseurs de pétrole et de gaz les autorisent à nous traiter de toutes les façons qui leur chantent… et de nous infliger leur vision totalitaire d’un Islam radical, caricatural et mortifère, lequel d’une certaine manière sert de repoussoir et renforce symétriquement la demande de « sécurité » de la part des populations endeuillées par le terrorisme.

Sous le coup de l’émotion et d’un sentiment de révolte, elles approuvent sans vraiment y réfléchir des guerres absurdes qui feront se multiplier les morts inutiles puis consentent spontanément à renoncer à la plupart des libertés fondamentales dont voudraient justement les priver les « fondamentalistes ».

D’où cette double question: à qui profite ce système schizophrène, et s’il ne profitait qu’aux « barbares moyenâgeux » d’une Péninsule Arabique qui renferme certes beaucoup de barils de pétrole mais moins 20 millions de sunnites radicaux Wahhabites, croyez-vous vraiment qu’il aurait pu perdurer depuis 36 ans ?

 

Ph Béchade

9 réponses
  1. Ced
    Ced says:

    Bonsoir

    La réponse vient de Bernard Maris :

    « C’est vrai qu’on vit dans un monde d’une incroyable insécurité. L’insécurité est un moyen de maintenir les gens sous la botte. Et les gens peureux sont des gens faibles, hélas ! »

    Un rapport avec les criminels qui gouvernent le monde Mr Delamarche ?

  2. theo
    theo says:

    Bah! Tout comme pour les US et le onze septembre, ces attentats seront récupérés par la classe dominante française pour déclarer des interventions aux moyens-orient qui ruineront le pays. Logique puisque les américains sont complétement lessivés et vous, les p’tits français, avez encore un peu de fric. Il ont essayé de faire la même chose avec les attentats de Charlie et cela n’a pas prit; cette fois ci, par contre, c’est probablement la bonne. Préparez-vous donc à vous faire rincer pour acheter des armes qui iront collaterez des tas de civils au nom de l’amour, la démocratie et la liberté!!

  3. Djamel
    Djamel says:

    Mr Bechade, bravo. Tout est dit.

    J’ai du mal à croire que ce qui nous paraît évident, ne le soit pas à nos dirigeants.

    J’ai du mal à croire que la guerre en Afghanistan, Lybie, Irak. et enfin Syrie, qui n’ont fait que renforcer les terroristes, ne sont qu’une succession d’erreurs.

    1 erreurs, je veux bien. Mais autant d’erreur en si peu de temps, cela devient un programme.

    Nos dirigeants sont cyniques, menteurs, et tout ce qu’on voudra. Mais ils sont loin d’être stupides. Ils savent et connaissent exactement les conséquences de ce qu’ils font.

    Si vous et moi sommes conscient qu’on a fait que renforcer Daesh/al qaida depuis des années. Alors, croyez le bien que de Washington à Londres en passant par Paris, Rome Ryad etc… ils en sont bien conscients également.
    De Villepin parlait d’ouvrir la boite de Pendore en Irak en 2003: Il n’est pas plus bête, ni plus génial que les autres.

    Alors pourquoi ? (sans nous prendre pour des idiots avec l’histoire d’arme de destruction massive, de démocratie ou de population à libérer )
    Pour l’intérêt de qui ?

  4. nondenon
    nondenon says:

    Tout cela est fort bien dit. Merci à monsieur Béchade. Mais, après ce satisfecit, je ne vais pas pour autant me priver de vous dire qu’il manque une pièce à votre puzzle, et une pièce d’importance, ce qui à mes yeux dessert votre analyse. J’entends par là le rôle d’Israël – que vous ne citez d’ailleurs à aucun endroit dans votre papier – dans cette vaste opération de « jungalisation » du Moyen-Orient et du Levant. Ultimement, nous pourrions dire que la question qui, à tout coup, pourrait vous permettre d’éclairer vos propos plus en profondeur, cette question éternelle, universelle et implacable, est simplement celle-ci : « Mais à qui donc profite ce crime ? ». Et précisément, il se trouve que le seul pays qui immanquablement tirera toujours un profit durable de cette atomisation sauvage des états forts du moyen orient à laquelle nous assistons depuis 20 ans, cela est, et cela reste, le pays d’Israël.

  5. Dephy
    Dephy says:

    les néoconservateurs américains sont issus d’anciens Troskystes (Irving Kristol), ils soutiennent et sont un des puissants lobby pour Israël.
    Ils ont beaucoup influencé la politique américaine depuis Reagan, en passant par Bush et Clinton avec leur Think tank Project for the New American Century et Jewish Institute for National Security Affairs.

    Ils sont en bonne partie à l’origine des conflits qui ont frappé le Moyen-Orient, guerre en Afghanistan, guerre en Irak, guerre en Syrie…

  6. lugoboni
    lugoboni says:

    Je suis un fan de chacune de vos intervention et vous fait de la pub au travers de mon association Lyonnaise d information populaire  » comprenons l Europe pour des nations, des hommes, une France, libérés !

  7. Christophe Vieren
    Christophe Vieren says:

    Tout est dit. Leur démarche est délibérée
    Et il ne faut pas prendre nos dirigeants pour des c…. . Ils ont pléthore de moyens, intellectuels et financiers, pour s’entourer des conseils des plus grands spécialistes dont nombreux partagent ce qui est écrit et décrit ci-dessus.
    Ce n’est évidemment pas de la part de ces CLASSES dirigeantes une action concertée, c’est tout simplement une convergence d’intérêt de CLASSE, au sens que lui avait donné Marx même si la frontière a été, volontairement ou pas, flouté (ex : les salariés actionnaires).Combien de députés ont-ils connu un jour le chômage ? ONt védu avec les Smic ou le RSA ? A part l’ancien syndicaliste CFDT d’Arcelor Mittal (Edouard Martin je crois) a qui l’on a offert un poste de député européen pour le faire taire, combien ?

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