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Les BEARS ont gagné des batailles, mais jamais la guerre

Je crois qu’il n’y a pas besoin de vous faire un dessin, on s’est fait démonter la semaine passée. Le S&P500 est au plus bas depuis 18 mois et même lorsque la Russie a menacé d’envahir l’Ukraine et les deux fois où l’on a cru que la Chine ralentissait, on n’avait pas eu si mal.

La baisse de la semaine la passée et en tout particulier celle de vendredi peut largement être attribuée au pétrole qui se fait laminer jour après jour et qui se fait un malin plaisir d’aller toujours plus bas. Pire, à chaque fois qu’il rebondit, tout le monde se jette sur lui pour lui remettre la tête sous l’eau.

En fin de semaine, le fait que le baril soit passé sous les 30$ a définitivement fait paniquer tout ce joli petit monde de la finance. À ceci, vous rajoutez le fait que la Chine est au plus mal et vous avez un cocktail explosif qui fait que tous les « Bears » qui ont été frustrés ces dernières années, reviennent avec des objectifs complètement débiles, mais qui, dans cet environnement, arrivent faire croire que leur auteur a VRAIMENT réfléchi et pas seulement lancé une fléchette sur un graphique punaisé sur son mur..

Les médias financiers se régalent avec des prédicateurs de fin du monde et personne ne se rappelle que, depuis plus de 7 ans, ces mêmes prédicateurs sont à peu aussi juste à propos du marché que je suis doué pour trouver les 5 chiffres et les 2 étoiles de l’Euromillions.

Mais ne soyons pas surpris, c’est un grand classique, quand tout va mal, on aime s’auto-flageller en se demandant ce que l’on va faire quand l’économie capitaliste aura disparu et que l’on vivra tous dans le monde de Mad Max. Tout le monde y va de sa diversification financière et tout le monde veut son stock de lingots d’or pour pouvoir « survivre » quand tout aura disparu. Pourtant, je dois dire que, si c’est le cas, je me réjouis de voir les files d’attente devant les grand magasins et les types qui grattent leurs lingots avec leur canif pour pouvoir payer leur courses, parce payer deux litres de lait et une livre de pain avec une plaquette de 100 gramme d’or c’est toujours compliqué pour rendre la monnaie. Surtout qu’il n’y aura plus de banques…

Les bears ont gagné des batailles mais jamais la guerre - oilBref, nous sommes dans une ambiance de fin du monde et tout ça parce que le pétrole est trop bon marché et que la nouvelle mode est de se dire que si le pétrole est si faible, c’est que l’économie va très mal – je rappelle au passage qu’il y a trente jours, la FED a monté les taux pour nous signaler que l’économie allait très bien, JUSTEMENT – mais c’est vrai, c’était il y a trente jours.

Ce qui est également hilarant, au niveau du pétrole, c’est qu’il n’y a pas si longtemps, on tremblait de le voir passer au-dessus des 100$, puisque les experts en économie nous expliquaient avec plein de mots savant, que si le pétrole était trop cher, c’était mal pour l’économie.

 

Eh bien aujourd’hui, on est content de savoir que le pétrole trop bon marché, c’est pas bon pour l’économie non plus.

En gros, le bon niveau du pétrole pour l’économie, c’est entre 60 et 80$ le baril, c’est là que personne ne couine, mis à part les automobilistes, mais eux, ils couinent tout le temps, c’est normal (et quand je dis eux, j’en fait partie – et c’est pas facile, je ne vous dis pas, genevois ET automobiliste, ça fait deux raisons de se plaindre sans arrêt).

Aujourd’hui, la fin du monde boursier est donc proche parce que le baril est trop bon marché et tout le monde est en train de faire des prédictions de plus en plus basses sur le prix de l’or noir. Pour mémoire, signalons tout de même, pour être honnête, que c’est les mêmes qui nous disaient que « c’est sûr le baril va à 300$ parce que le pétrole va disparaître », qui viennent nous dire aujourd’hui que le baril vaudra bientôt 20$, puis 10$, voir 5$ puisque maintenant que tout le monde va rouler en Tesla, il n’y aura plus jamais besoin de pétrole.

Pour faire simple, personne ne sait où va le baril et surtout pourquoi il y va, mais tout le monde à sa théorie et en ce moment, vaut mieux avoir un objectif super-bas sinon t’es pas très à la mode.

En attendant, entre l’Iran qui réexporte et les stocks qui s’empilent, ce n’est pas simple d’avoir un autre objectif que très bas. Et très bas, sur le pétrole, ça n’arrange donc pas le marché des actions qui lui a adopté le pétrole comme baromètre de la bonne santé économique mondiale et chinoise en particulier. Le calcul est donc très simple en ce moment :

« Si le pétrole baisse, faut tout vendre. Si le pétrole remonte, c’est une bonne nouvelle donc faut tout racheter, jusqu’à que le pétrole soit TROP cher et risque de mettre en péril la bonne santé économique et la croissance mondiale ».

Mais d’ici-là, on a le temps de voir venir et entre deux, il y aura sûrement une banque centrale ou deux qui va faire parler d’elle, histoire de faire diversion et que les traders parlent d’autre chose que du pétrole.

En attendant, hier, dimanche, les bourses du Moyen-Orient se sont prisent une claque d’adulte, certains marchés locaux perdaient jusqu’à 6%. Toujours à cause de la même thématique, puisque l’on se rend compte SOUDAINEMENT qu’un baril trop bas pourrait impacter les revenus des entreprises locales et que du coup, ça deviendrait moins facile d’acheter une Bugatti Veyron recouverte d’or fin et de diamants.

En même temps, ils avaient qu’à pas ouvrir leurs bourses le dimanche. À noter au passage que l’indice Tadawul All-Shares est en baisse de 20% depuis le début de l’année.

Vous l’aurez compris, l’ambiance du moment est extrêmement tendue. Il y a cependant quelques bonnes nouvelles :

1) En général quand on commence à s’intéresser aux bourses du Moyen-Orient qui baissent, c’est qu’on se sait plus comment trouver des arguments négatifs.
2) Le Bull/Bear sentiment n’a jamais été aussi bas, à savoir que jamais il n’y a eu aussi peu de « Bulls » déclarés dans le marché. Ce qui signifie qu’il n’y a que des Bears et quand TOUT LE MONDE est à ce point convaincu que tout va se péter la figure, comme c’est évident, ce n’est évidemment pas ce qui va se produire.

Les BEARS ont gagné des batailles, mais jamais la guerre - bull index

3) Je suis également tombé sur un article qui hurlait à la mort parce que l’indice Baltic Dry Index était au plus bas de tous les temps et que c’était un « SUPER MAUVAIS SIGNE », oui, sauf que l’indice Baltic Dry Index, tout le monde s’en fout le reste du temps et on le ressort uniquement quand il se passe des trucs comme en ce moment, alors la fiabilité de la chose me fait doucement rigoler.
4) Il y a un type qui a fait une analyse sur le fait que le marché a corrigé deux fois de 10% en moins de 6 mois et que les trois dernières fois qu’il a fait ça, c’était en 1929, en 2000 et en 2008 – c’est donc un fort indice de krach boursier – l’analyse conclue donc la choses suivante : soit il y a une probabilité de rebond, estimée à 50%, soit nous sommes dans une phase de correction longue et douloureuse, estimée à 30% de probabilité, soit le marché va se péter la gueule magistralement et ce dernier scénario est probable de 5 à 10%…

En résumé, il y a une chance sur deux que le marché monte et une chance sur deux que le marché baisse… Comme d’habitude quoi..

Les BEARS ont gagné des batailles, mais jamais la guerre - hedgeyeTout ça pour vous dire que le marché ne va pas bien et que ces moments sont propices pour entendre à peu près toutes les conneries possibles et imaginables, puisque quand on a peur, on écoute à peu près n’importe quoi et soudainement, ce qui paraissait totalement idiot en temps normal, devient presque plausible dans les moments de panique.

En attendant, ce matin le baril est à 29.07$ et l’or qui, comme TOUT LE MONDE le sait est LA VALEUR REFUGE du moment, ne fait STRICTEMENT RIEN à 1092$. Ce qui veut dire que TOUT LE MONDE EST CONVAINCU qu’on va se casser la figure, mais personne ne veut s’acheter de la « valeur refuge ». Étrange, non ?

Ce matin en Asie, alors que tout est propice à envoyer le marché Chinois au tapis, le voilà qui remonte. La bourse de Shanghai est en hausse de 1%, pendant que Hong Kong perd 1% et que Tokyo flirte dangereusement avec les limites du Bear Market. Le Nikkei abandonne encore 1.2% à l’heure où je vous parle.

Dans les nouvelles du jour, on apprend qu’Ebola est de retour en Sierra Leone et qu’il y a une épidémie de grippe aviaire qui a démarré en Indiana. WellS Fargo a une exposition de 17 milliards aux Junk Bonds liées à l’énergie, c’est la nouvelle maladie qui pourrait faire mal à certaines banques. Dans le « Roundtable » du Barron’s, la plupart des intervenants voient des prix bas sur les actions, mais pas de rebond rapide pour 2016. Les stratégistes qui voyaient le marché ne rien faire cette année, sont en train de réviser leurs objectifs à la baisse. Courageux, mais pas téméraires.

Le mot le plus utilisé dans la presse financière ce matin est : « Bear Market ».

En résumé, peu de nouvelles neuves, mais plein d’inquiétudes sur ce que nous vivons actuellement. On ne parle plus des taux, de la croissance, de l’emploi ou des GDP’s, l’ambiance est pourrie par le pétrole qui domine l’actualité.

Les BEARS ont gagné des batailles, mais jamais la guerre - draghi carCette semaine la saison des publications trimestrielles va battre son plein et on verra si les chiffres fondamentaux des entreprises peuvent remettre un peu de baume sur le cœur des investisseurs qui sont obnubilés par le pétrole et la Chine en ce moment.

Côté chiffres économiques, nous n’aurons rien, il n’y pas un chiffre. Par contre demain matin, très tôt, il y aura le GDP chinois. Attention les vélos, ça pourrait être « sport »… Il y aura aussi les chiffres d’Unilever et de Gazprom dans la journée.

Pour le moment, les futures sont en hausse de 0.3% pour ce que ça peut bien vouloir dire. L’Euro/$ est à 1.0897, le Yen vaut 117.22 et s’accroche à ses supports, la Livre Sterling est au plus mal à 1.4276, le Bitcoin vaut 377$ et s’est fait littéralement massacrer depuis la semaine passée.

Et pendant ce temps, l’Euro/Suisse est à 1.0953 et le $/Suisse vaut 1.0050. Le 10 ans US vous offre un rendement de 2.03%.

Voilà, inutile de dire que l’ambiance est morose et la dépression nous guette, il faut cependant se raccrocher au fait que c’est comme ça à peu près tous les 6 mois depuis 3-4 ans et que quand on y réfléchit, il y a eu tout de même des bons moment et comme disait l’autre ; « après la pluie, le beau temps » – sauf si le réchauffement climatique s’y met…

 

 

3 réponses
  1. fred103
    fred103 says:

    J’espere que vous achetez tous les jours depuis le 2 janvier .. Alors on suit qui ? Les éconoclastes qui nous invitent a ne posseder aucunes actions ? ou vous et attendre la hausse puisque tout va bien ?

    Je commence a m’y perdre.

  2. DashTheDigitalCash
    DashTheDigitalCash says:

    Bonjour,

    Vous parlez d’or pour payer du pain et des choses courantes dans la vie de tous les jours.
    Mais il existe les crypto-monnaie, véritable valeurs refuge, aussi solide que l’or.
    Bitcoin, Dash, Ethereum pour ne citer que les plus connues et installées permettent de transférer de la valeur via Internet bien plus rapidement que n’importe quel autre système de paiement.
    Je ne parlerais même pas de la sécurité, qui dépasse tout ce qui peut se faire dans ce domaine.
    Le tout de manière décentralisée, donc inarrêtable 😉

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