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Faites vos jeux, rien ne va plus

Nous voilà donc à l’aube d’une nouvelle semaine. Une semaine de vacances pour une bonne partie des genevois, puisque visiblement, ils sont tous à la montagne. Mais autrement, en ce qui concerne les marchés, ce n’est de loin pas les vacances. Au contraire, ça ressemble de plus en plus à un parc d’attraction rempli de grands-huit qui auraient échappés à tout contrôle. Pour ceux qui auraient raté la semaine passée, nous sommes encore passés à deux doigts de la correctionnelle, lorsque le S&P a tenu (ENCORE UNE FOIS) son « support technique » des 1812.

Jamais dans l’histoire des marchés – c’est mon impression, mais j’exagère souvent – le marché n’a été aussi obnubilé par un support technique qui n’est, après tout, uniquement un trait plus ou moins horizontal tiré sur un graphique qui représente les derniers agissements d’un indice boursier maltraité par des millions d’investisseurs et de traders, ce qui est tout de même assez loin de ce que l’on appelle « une science exacte ». Mais bon, il faut dire qu’en ce moment, nous sommes assez désespérés et nous avons tellement besoin de réconfort, qu’un support technique semble largement faire l’affaire.

La semaine s’est donc terminée en fanfare, non seulement parce que le « support » avait tenu, mais aussi parce que le pétrole avait une fois de plus fumé la moquette. Le baril s’est donc fait un nouveau rebond de psychopathe – pas loin de 13% – la plus forte journée de hausse depuis l’invention du diesel probablement – et tout le monde pariait sur le fait et ceci pour la 314ème fois et des poussières, que les pays exportateurs de pétrole allaient TOUT PROCHAINEMENT se mettre d’accord pour réduire la production d’or noir. Un accord de ce genre paraissant tout de même à peu près aussi simple à obtenir qu’un avis objectif de la part d’un politicien.

Faites vos jeux, rien ne va plus - hedgeyeBref, peu importe, la spéculation d’une réduction de production nous a largement suffit pour remonter la pente en utilisant notre bonne vieille théorie qui dit que quand le baril va, tout va. C’est aussi simple que cela et ne cherchez pas plus loin, vous allez perdre du temps. Actuellement les intervenants ont une vision extrêmement à très très, mais alors très très court terme et ce genre de rumeur suffit amplement à créer une avalanche de « short covering » et peut pousser un marché à la hausse de manière fort violente. La preuve en est.

La question de savoir combien de temps cela peut-il durer est autre chose.

C’est d’ailleurs la question qui nous occupe ce matin. C’est peut-être l’occasion de faire le bilan de ce que nous savons :

a) Nous savons que le pétrole est complètement débile et que la moindre rumeur peut le faire monter de 10% ou le faire baisser de 10%. Le challenge pour le baril aujourd’hui, est de réussir à faire des mouvements de 20% dans la journée, ça, ça serait marrant.
b) La FED ne semble plus certaine de grand-chose. Les différents témoignages de Madame Yellen la semaine passée nous ont démontré une chose, c’est qu’elle n’en savait pas plus que nous et qu’elle naviguait à vue, depuis que son système de vol aux instruments est tombé en panne. Depuis la semaine passée, la crédibilité des banques centrales semble avoir du plomb dans l’aile – c’est un avis personnel.
c) La Chine continue de planter les freins. Les chiffres du Trade Balance publiés ce matin sont ENCORE une fois immondes. Shanghai est en baisse de 2%, mais comme ils étaient en congé la semaine passée pour cause d’arrivée du singe dans leur nouvelle année, ils compensent un peu la balade dans le grand-huit que le reste des marchés se sont offerts. Mais le problème de la Chine reste entier pour les investisseurs.
d) Le problème des banques qui étaient au bord de la faillite en cours de semaine passée semble réglé depuis que Deutsche Bank a annoncé un rachat massif de sa dette (plus de 5 milliards). Mais mon petit doigt me dit que l’on va en reparler.
e) On a pas mal reparlé de la Grèce. Et ça non plus, ce n’est pas fini.

Pour le reste, ce matin on retiendra que le PIB du quatrième trimestre au Japon est négatif de 1.4% et que le Nikkei explose de 6.7% pour le moment, parce que les « experts » estiment que les valorisations sont devenues attractives depuis la tôle de vendredi passé. Autrement HSBC a décidé de laisser son quartier général à Londres et les britanniques poussent un soupir de soulagement. Le Barron’s se demande si la montée dans les sondages de Sanders et de Trump n’y est pas pour quelque chose dans la baisse des marchés – pourtant cela ne devrait pas être un problème ; aux USA, avoir un Président idiot, ça ne serait pas une première, Et puis le journal met également en avant le nouveau médicament contre le cancer pour lequel Bristol Myers vient d’obtenir l’approbation.

Actuellement, les futures sont en hausse de 1% et cela parle en faveur de la continuité d’un rallye, bien que les USA soient fermés ce lundi pour cause de President Day, ce qui laisse supposer que c’est l’Asie qui manipule les futures, même si le pétrole revient un peu ce matin, il est à 33.19$ en baisse de 0.5%.

L’or est toujours une valeur refuge et se traite à 1219$. L’Euro/$ est à 1.1220, la Livre est à 1.4524, le Yen vaut 113.96, le Bitcoin est à 408$, l’Euro/Suisse est à 1.10, le $/suisse est 0.98. Pour ce qui est du rendement du 10 ans américain, il est de 1.75%.

Pas de chiffres économiques aujourd’hui, mais nous aurons le plaisir d’écouter Super-Mario qui va nous livrer ses impressions sur la situation actuelle.

Je vous recommande encore deux articles à lire ce matin :

  1. Outlook Actions, un vent de changement 
  2. Les implications des méthodes de calcul du bonus 

Ainsi se termine cette « brève chronique matinale » – eh oui, moi aussi, je suis genevois et moi aussi je suis sur les skis toute la semaine. Semaine que je vous souhaite d’ailleurs excellente.

2 réponses
  1. EMMANUEL
    EMMANUEL says:

    Contraction du PIB au Japon au T4 + 7% Nikei.
    Nouvelle contraction de l’activite en Chine, le Casino se maintain.
    Hum chaos + chaos = chaos…
    On a effectivement detecte des ondes gravitationelles mais en provenance du CASINO.
    A+ ET QUE LA FARCE SOIT AVEC VOUS…

  2. emmanuel
    emmanuel says:

    Mais oui tout est possible, tout est envisageable, avec le magicien d’oze Draghi.
    La BCE va reprendre dans son bilan des creances pourries du bilan des banques Italiennes.
    De fait entre la BOJ, la BCE, et la BOE, la prochaine sera une crise des banques centrales.
    Pourquoi ne pas alors vraiment supprimer la dette en la transferant dans le bilan des Banques centrales et en declarant que celle ci n’existe plus…
    Ah Ah Ah…
    Et ils vont faire cela contre liquidite.
    Et que vont faire les Banques Italiennes de centaines de milliards de liquidite:
    1 jouer au casino
    2 preter de nouveau a des debiteurs insolvables
    3 placer le tout a taux negatifs a la BCE.
    Alors a vous de choisir…
    Non a vrai dire on nous demande pas notre avis.
    C’est une affaire de specialistes…
    https://www.youtube.com/watch?v=ELC1vzm0NXE

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