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Des taux à zéro : c’est comme si « mainstreet » se retrouvait exilé sur l’orbite de Pluton.

Ce jeudi 28 août, les T-Bonds US à « 10 ans » ont fini au firmament, à 2,34% (après avoir égalé le record annuel établi à 2,32% début août, contre 3,05% début janvier).

La veille, en Espagne, les taux longs ibériques avaient franchi la barre des 2,10% à la baisse, soit une division par plus de 2 depuis le 1er janvier (2,4%) et les BTP italiens se détendaient également à 2,36% , à parité avec les T-Bonds US le mercredi 27 (et c’était -pour mémoire- le rendement affiché par les OAT françaises en début d’année, contre 2% environ pour les Bunds).

Les investisseurs continuent  de faire le pari que même avec une croissance égale ou supérieure à 4% et un taux de chômage flirtant avec les 6%, la FED fera tout son possible pour retarder au maximum le resserrement de sa politique monétaire (au moins jusqu’à mi-2015)… et si la BCE met par bonheur un « QE » en œuvre dans l’intervalle (après avoir pris tout son temps), alors une remontée des taux directeurs ne devrait avoir que peu d’impact sur les taux longs US (le « 10 ans » US étant la principale référence pour les actions).

Rien de neuf concernant ce raisonnement : Wall Street le connait par cœur et se le récite avec délectation depuis 7 mois.

Cette foi dans le « scénario idéal » gouverne les marchés de taux depuis début janvier… depuis que les investisseurs se sont convaincus que la fin du « tapering » en octobre coïnciderait avec le début des injections massives de la BCE sous forme de LTRO (une sorte de roulement des crédits alloués aux banques début 2012).

Le « QE », ce sera pour début 2015, le temps d’achever de convaincre la Bundesbank de laisser Mario Draghi imprimer autant d’argent que les marchés le souhaitent.

La médiocrité de la conjoncture et la menace de déflation en Europe renforce cette anticipation: il faut que l’économie réelle se porte suffisamment mal pour justifier aux yeux de l’opinion (et couvrir les objections de ceux qui martèlent depuis 3 ans que ça ne marche pas) une radicalisation de l’activité de faux monnayage qui aboutira à ce que cet argent continue de se déverser en cataracte dans les poches des 0,01% qui gravitent dans l’orbite immédiate des banque centrales.

Un peu comme si l’intégralité de la chaleur et l’énergie du soleil (sous forme de véritables tempêtes de plus-values obligataires) était littéralement aspirée par la minuscule planète Mercure… tandis que le reste du système solaire (qui représente 99,9% du volume restant) aurait été exilé sur l’orbite de Pluton, où la température de l’épargne (son rendement) avoisine désormais le zéro absolu .

 

Ph Béchade

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