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L’Europe, une hypothétique reprise, le programme de M.Fillon

Olivier Delamarche

Débat sur BFM BUSINESS avec Marc Touati sur une éventuelle reprise en Europe et le passage à la primaire de droite de M. Fillon.

 

Et sur le programme de M Fillon qui est en campagne et qui raconte donc bien ce qu’il veut et qui n’est pas encore élu…

6 réponses
  1. Zylo
    Zylo says:

    Bof…
    J’aime bien les gens qui me pointent du doigt en me disant que je dois subir une thérapie de choc pour devenir compétitif. Dans mon travail d’informaticien, devenir plus compétitif, ça veut dire bosser plus (mais pas forcément à productivité horaire constante…) où être payé moins. Bizarrement ça ne me fait pas rêver ? Et surtout, la compétitivité est relative…

    Moderniser l’économie, ça veut dire quoi ? Nous aligner sur les conditions de travail/sociales/environnementales de pays qui ont 50 ans de retards sur nous ? « Réforme, réforme », cela ressemble à des incantations dénuées de sens.

    Je trouve regrettable qu’aucun économiste ne pointe du doigt que politique (dans le sens organisation de la vie de la cité/des citoyens) va de pair avec économie (Sauf ici Olivier ! bravo pour le petit passage géopolitique.)
    Peu d’économistes se posent de questions sur la dépense d’énergie nécessaire pour seulement maintenir notre niveau de vie, ni sur les quantités d’énergie restantes.
    M. Touati est apparemment un fidèle croyant de la croissance perpétuelle… D’autant que la croissance à population égale ne peut venir que de gains de productivité (cf S. Jakobsen), bien difficiles à réaliser quand on ne produit plus rien.

    Mon programme : (votez pour moi, je ne me présente pas) :
    – Sortir de l’euro, de la grosse commission de Bruxelles, et des dogmes associés (notamment la libre circulation totale des capitaux : comment voulez-vous lutter contre « l’optimisation » fiscale avec ça….). Objectif : retrouver une capacité d’auto-détermination.
    – Faire défaut sur la dette existante selon des modalités qui restent à définir. Objectif : retrouver des marges de manœuvre.
    – Revenir à une banque nationale émettrice de monnaie. Financement des « grands travaux » éventuels avec les mécanismes proposés ici par J. Sapir. Objectif : arrêter le siphonnage de l’économie réelle par l’économie financière qui ne produit rien.
    – Revenir à un protectionnisme raisonnable : mettre des barrières douanières avec les pays qui n’ont pas les mêmes règles sociales / environnementales / niveau de vie. Quelle est la rationalité de faire du libre-échangisme avec des pays comme la chine qui ont une démarche nationaliste agressive (et à tendance totalitaire de plus en plus marquée) ??? A part prouver qu’on est foutrement c**s et qu’on mérite ce qui nous arrive ?
    – Tout revenu perçu en France doit être imposé en France. Prélèvement libératoire pour toute sortie de capitaux non traçables / non préalablement imposés.
    – Small Business Act : obligation pour les grandes entreprises de faire appel à x% de petite entreprises locales.
    – Tout produit vendu en France doit avoir été produit à 70% (à ajuster…) en France (et pas nécessairement par une société française). A ceux qui disent que mettre ce genre de règles n’est pas possible, je répondrai que c’est pourtant comme ça que la chine nous a bien b***és.
    Tout ceci doit permettre de rapatrier suffisamment de « valeur ajoutée » produite localement pour faire perdurer un peu notre modèle et se donner du temps pour passer au suivant :
    – Inventer une société sans croissance et sans énergie prolifique bon marché. Ce qui passe en premier lieu par des budgets de l’état en équilibre…
    – Inventer une société qui prend en compte la dimension écologique (la vraie, scientifique, argumentée, chiffrée, pas l’écologie sentimentale hors-sol proposée par les partis du même nom).

    J’avoue que M. Touati m’a mis de mauvaise humeur sur ce coup là…. mais pérorer sans fin sur les « réformes » et la « modernisation » sans jamais adresser ce qui me semble être les causes du marasme actuel, et en ne regardant que par le petit bout de la lorgnette, ça finit par être lassant. D’autant qu’il ne propose guère que les mêmes recettes dans le même cadre que ce qui est fait depuis 40 avec un succès incroyable, comme le fait très justement remarquer Olivier.
    On verra bien en mai 2017 : M. Touati risque de découvrir que pas plus que le brexit ou trump, l’élection d’un parti dit « populiste » (avec le mépris de classe de bon ton dans la voix) ne provoquera la fin du monde.

    Signé : un imbécile de sans dents pas compétitif qui a besoin d’un grand choc -bienveillant- dans sa g**** pour comprendre que pour son bien, il doit bosser plus et plus longtemps pour gagner beaucoup moins parce que c’est « moderne » et que ça doit permettre le retour de la croissance – enfin au moins pour quelques uns…..
    PS : félicitations à Olivier pour son sang-froid sur ce coup là, moi j’ai craqué.

  2. nicolaslabastille
    nicolaslabastille says:

    Zylo…
    Bel exposé !
    En deux mots lutte entre possèdent et prolos … Ont sait qui gagne a la fin. L’avenir de la société c’est des espèces d’humains naturel et d’autres augmenté des riches ultra riche et des crève la faim…
    Il ne faut pas sortir de polytechnique: observation de la chaine alimentaire.

    Ps: Vous avez bien compris, quand il parle (Touati) de « Moderniser l’économie » cela signifie se mettre au niveau de Ukrainiens sauf que se blaireau oubli les logiciels et l’automatisation qui va mangé 70% du boulot.

  3. André Meloche
    André Meloche says:

    Monsieur Zylo,

    Wow! Des informaticiens intelligents et drôles! Je ne croyais pas que ça existait! Vous êtes une perle rare. Plus sérieusement, cela fait des années que j’observe les économistes. J’aime bien Oliver Delamarche même si parfois, il pète les plombs! On le comprendrait à moins. Il doit avoir une patience d’ange pour ne pas carrément quitter le plateau à chaque semaine à force de se butter à des gens complètement lobotomisés.

    Dans votre exposé, vous décrivez le sens même de la souveraineté politique et économique. Produire localement afin de ne pas alimenter le lobby des compagnies pétrolières. On nous bassine constamment les oreilles à propos de l’économie de services ; doit-on comprendre qu’on cherche à nous maintenir dans un clientélisme passif? Quand 95% de la production de biens manufacturés vendus provient des importations, on peut se poser la question de l’indépendance économique et énergétique. Pensons en Joules! Vous l’avez clairement établi, quelle est la part qu’occupe l’énergie dans notre magnifique monde de la consommation?

    En revanche, on ne parle jamais de l’économie du savoir qui se partage et ne se vend pas. Je vends un bien « matériel » alors que je peux enseigner une connaissance sans jamais la perdre. C’est ce que j’ai essayé d’enseigner à des informaticiens et des programmeurs pendant des années. L’information, ça se vend, la connaissance, ça se partage! Hannah Arendt écrivait, dans La crise de la culture, à propos du système d’éducation américain : « On dresse un animal alors qu’on éduque un homme. »

    Pourquoi les globalistes craignent-ils tant le protectionnisme national? Mais tout simplement parce que quand les règles sociales auront été laminées au niveau d’un dénominateur commun, le niveau le plus bas de toute évidence, ce que Monsieur Labastille a bien relevé, on n’aura plus aucune raison de nous insurger ou de protester voire de changer de pays!

    Parler de réformes sans jamais les faire? C’est le lot des commentateurs comme Monsieur Touati. Il devrait changer de carrière et se lancer en politique.

    Si vous êtes « un imbécile de sans dents pas compétitif qui a besoin d’un grand choc -bienveillant- dans sa g**** pour comprendre que pour son bien, il doit bosser plus et plus longtemps pour gagner beaucoup moins parce que c’est « moderne » et que ça doit permettre le retour de la croissance – enfin au moins pour quelques uns…. », alors je suis Napoléon! Dommage que vous ne fassiez pas de politique. Pourtant, je vous comprends. Pourquoi vouloir côtoyer à longueur de journée des imbéciles qui n’écoutent que le doux chant des sirènes de l’électorat pour se rendormir dès le suffrage exprimé…

    Cordialement…

    André Meloche

    P.S. Notons que les changements de paradigmes sont généralement lents, sauf quand l’Histoire s’emballe ; après le Brexit, l’élection de Trump, celle de Norbert Hofer en Autriche, puis la victoire du non au référendum italien avec comme finale printanière, l’élection de… à la présidence de la France…

    P.P.S. En ce qui concerne la thérapie de choc, je dirais comme Monsieur Labastille, je pense qu’elle viendra avec l’automatisation massive. Mais là, ça sera une toute autre histoire en ce qui concerne le chômage de masse.

  4. Zylo
    Zylo says:

    Monsieur Meloche,

    Wow ! Un enseignant intéressant ! 😉 😉

    Peu de temps présentement pour structurer une réponse, aussi quelques points :
    – Concernant les globalistes : je pense qu’il ne faut pas chercher plus loin qu’une recherche de maximisation des profits d’un tout petit nombre à court terme (un gain étant défini comme ce que qqun est prêt à payer un produit versus des couts de production). Des droits de douane comme des réglementations environnementales augmentent les coûts de production et donc diminuent les gains court terme, d’où les éloges du libre-échangisme et de l’absence de régulation par certains. Quand en plus les coûts environnementaux et sociaux sont socialisés, on a là un bel aléa moral dont il serait dommage de se priver.

    – Il n’y a malheureusement pas que les multinationales du pétrole en jeu dans l’équation (même si le pétrole pas cher permet de faire venir des babioles du bout du monde). Les leviers d’action contre les multinationales sont faibles (encore plus lorsqu’elles ont le soutien d’états puissants : USA / Chine / Russie / …, ou à tout le moins d’oligarques ayant des leviers sur le pouvoir du pays considéré). L’idée de limiter la liberté totale du capital et d’imposer un revenu sur le territoire où il a été produit vise à limiter la possibilité aux multinationales d’échapper aux règles du jeu sans conséquences.

    – Concernant l’énergie et l’économie de services : voir les conférences de Jancovici, celle là par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=gW8BBC8idho ou son site web manicore.
    Il y expose un certain nombre de faits extrêmement désagréables quant à la durabilité de notre modèle, totalement basé sur la consommation d’énergie (la corrélation PIB / consommation d’énergie est saisissante, G. Giraud de l’AFD le montre aussi de son côté)
    Je ne partage pas son avis sur la crise de 2008 et le marasme qui a suivi : je pense plutôt qu’on est au bout du modèle néo-libéral, et que la baisse de la consommation d’énergie est un indicateur avancé du problème qui allait survenir [si on regarde les répartitions de richesse depuis 40 ans, on voit un écrasement des revenus des 9 déciles inférieurs, ce qui invalide les théories du ruissellement de tatcher / reagan bases du néolibéralisme ; or dans des pays développés où 60-70% du PIB vient de la consommation (cf P. Sabatier), il n’y a pas besoin d’être exagérément malin pour voir qu’il va rapidement y avoir un effet dépresseur sur le PIB. Ce qui est vrai aussi pour toute politique d’austérité brutale. Problème : les revenus de l’état sont à grosse maille proportionnels au PIB….]
    Mais sur le fond je pense qu’il a raison : une économie de service ne peut exister que parce qu’une énergie abondante et bon marché existe, sans cela nous serions tous en train de cultiver des pommes de terre et pas derrière un écran. Dit autrement, une économie de services ne nous sauvera pas d’une baisse drastique de l’énergie disponible, bien au contraire.

    – Sur l’économie du savoir : cela pose un problème dans le calcul du PIB : tout don (savoir, temps, ou même matériel/troc) n’apparait pas dans le PIB : il faut donc trouver un modèle qui permette de prendre en compte cela. On a déjà le même genre de problèmes avec la numérisation de la musique et des livres par exemple, et on voit que les modèles doivent être lourdement adaptés.

    – Sur l’automatisation : en effet, dans un premier temps, on peut attendre une montée du chômage. Mais la fin de l’ère de l’énergie pas chère (prérequis indispensable à l’automatisation) devrait s’achever dans 5 ans, maximum 10. On peut tenter de limiter la casse durant cette période en diminuant le temps de travail pour en répartir les fruits sur plus de personnes, mais cela ne peut être envisagé qu’avec des barrières douanières avec des pays qui ne partagent pas la démarche. (cf les 35h en France versus les lois Hartz 4 en Allemagne, sans barrières douanières. 15 ans plus tard, on mesure la casse….). A horizon 15 ans, je pense que de toutes façons il y aura moins de ressources à transformer et moins d’énergie pour assurer la transformation, donc le problème se posera différemment. – et là encore, un modèle à inventer.

    Donc des temps à venir qui promettent d’être pour le moins intéressants…. Je me réjouis en effet du potentiel disruptif des élections récentes et à venir : cela consacre l’explosion des verrous qui nous maintenaient dans un statu quo sans issue. En revanche il va falloir rester vigilants et focalisés sur les vrais problèmes à adresser, car le meilleur comme le pire peuvent surgir de l’effondrement du statu quo (Un certain Turchin – je n’ai pas eu le temps de creuser à fond – a modélisé et validé sur des données historiques la survenue de violences sociales, sur la base de 3 facteurs : une augmentation de la population dans l’élite; une diminution du niveau de vie des masses; et des niveaux énormes d’endettement de l’État. Ses projections faites en 2012 disent que l’éclatement aux US devrait survenir en 2020. Dans cette vision, un trump ou une le pen sont soit des signes avant-coureurs des troubles à venir, pour les pessimistes, soit une dernière chance de sursaut pour prendre une autre trajectoire, pour les plus optimistes. Mais ils ne sont aucunement la cause des troubles à venir. Les causes les dépassent, et probablement les enjeux de leur mission aussi….)

    Cordialement.

  5. LORIA
    LORIA says:

    Bonjour a tous.

    ° TRUMPIST’1FO;
    le Président des u.s.a « TRUMP », annonce qu’il va SUPPRIMER la f.e.d est les u.s.a, vont REFRAPPER monnaie

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